LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2402769

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2402769

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2402769
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationMagistrat Mme GUILBERT
Avocat requérantDRIDI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 mai 2024 et le 20 juin 2024, M. A C demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 25 mai 2024 par lequel le préfet du Var a refusé son admission au séjour au titre de l'asile et l'a maintenu en rétention administrative ;

3°) d'enjoindre au préfet du Var d'enregistrer sa demande de protection internationale et de lui délivrer l'attestation de demande d'asile prévue à l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1990.

Il soutient que :

- la décision en litige est entachée d'un défaut d'examen ;

- en se fondant sur la seule circonstance que la demande ait été introduite en rétention, le préfet a commis une erreur de droit ;

- en retenant que sa demande présentait un caractère dilatoire, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation ;

- en transmettant son procès-verbal d'audition aux autorités afghanes, le préfet a accru le risque pesant sur lui ;

- les conditions d'examen de sa demande le privent d'un recours suspensif ;

- il justifie de garanties de représentation, dès lors qu'il dispose d'une adresse, d'une identité connue et n'a jamais fait l'objet d'un placement auparavant ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Guilbert, première conseillère, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Guilbert, magistrate désignée,

- et les observations de Me Dridi, représentant M. C, assisté de M. B, interprète en langue dari,

- le préfet du Var n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant afghan, déclare être entré en France le 27 janvier 2017. Il s'est vu reconnaître le bénéfice de la protection subsidiaire le 14 mai 2019 par la cour nationale du droit d'asile. Une carte de séjour temporaire valable du 29 janvier 2020 au 28 janvier 2024 lui a été délivrée. L'office de protection des réfugiés et apatrides lui a retiré le statut de protection subsidiaire le 28 juin 2023. Le 21 février 2024, le préfet du Var a refusé de renouveler son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire. Le tribunal administratif de Toulon a confirmé la légalité de cet arrêté le 23 mai 2024. M. C a été placé en rétention le 21 mai 2024. Le 25 mai 2024, il a déposé une nouvelle demande d'asile. L'office a rejeté sa demande le 31 mai 2024. Par un arrêté du 25 mai 2024, dont M. C demande l'annulation, le préfet du Var a rejeté sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile et l'a maintenu en rétention.

Sur les conclusions au titre de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. () ". Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative ne peut ordonner le maintien en rétention administrative d'un ressortissant étranger ayant présenté une demande d'asile durant cette rétention que si elle estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement préalablement prise à son encontre. Le seul fait qu'un demandeur d'asile, au moment de l'introduction de sa demande, fasse l'objet d'une décision d'éloignement et qu'il soit placé en rétention, ne permet pas de présumer que celui-ci a introduit cette demande dans le seul but de retarder ou de compromettre l'exécution de la décision d'éloignement et qu'il est objectivement nécessaire et proportionné de maintenir la mesure de rétention.

5. En premier lieu, il ressort des termes de la décision en litige que pour refuser l'admission au séjour au titre de l'asile de M. C, le préfet du Var a retenu que l'intéressé a obtenu le 14 mai 2019, le bénéfice de la protection subsidiaire, que toutefois, cette protection lui a été retirée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 28 juin 2023, qu'il n'a présenté aucune demande de réexamen jusqu'à son placement en rétention, près d'un an plus tard, qu'il n'a alors fait état d'aucun élément nouveau justifiant le réexamen de sa demande. Dès lors, il n'a pas entaché sa décision d'un défaut d'examen.

6. Ce faisant, et contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet n'a pas restreint son examen à la seule circonstance que M. C ait déposé sa demande dans le cadre de la rétention de sorte que l'arrêté en litige n'est pas entaché d'erreur de droit.

7. En deuxième lieu, si M. C fait état en des termes généraux des menaces qui pèseraient sur lui en cas de retour dans son pays, il n'apporte pas d'élément convaincant justifiant qu'en près d'un an depuis le retrait de son statut de protection subsidiaire, il n'ait introduit aucune demande de réexamen, ni ne fait état d'aucun élément nouveau et circonstancié quant à la menace qu'il représente pour la sécurité et l'ordre public d'une part, et aux menaces alléguées en cas de retour en Afghanistan, d'autre part. A cet égard, sa demande d'asile, transmise à l'office français de protection des réfugiés et apatrides, a d'ailleurs fait l'objet d'un rejet pour irrecevabilité en date du 31 mai 2024. Dès lors, le préfet du Var n'a pas commis d'erreur d'appréciation en retenant que sa demande présentait un caractère dilatoire.

8. Par ailleurs, si M. C soutient que la transmission de son procès-verbal d'audition aux autorités afghanes accroitrait la menace pesant sur lui, il ressort des termes de cette audition qu'il a quitté son pays en raison de sa dangerosité, non caractérisée, et qu'il n'a pas effectué de demande d'asile dans un pays européen, que s'il déclare que sa famille aurait quitté le pays à cause des talibans, aucun des termes de sa déclaration ne permet de le désigner personnellement comme réfugié ou opposant au régime.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatif au droit à un recours effectif : " Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la présente Convention ont été violés, a droit à l'octroi d'un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l'exercice de leurs fonctions officielles ". La décision maintenant le requérant en rétention administrative n'a pas pour objet le renvoi de l'étranger dans son pays d'origine. Dès lors, le requérant ne peut utilement soutenir qu'il se trouverait privé d'un recours suspensif par l'édiction de cette décision de maintien en rétention. En tout état de cause, l'étranger dont la demande d'asile fait l'objet d'un traitement selon la procédure accélérée prévue au 3° de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose du droit de contester la décision de rejet qui lui est opposée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), juridiction devant laquelle, au demeurant, il peut faire valoir utilement l'ensemble de ses arguments dans le cadre d'une procédure écrite et se faire représenter à l'audience par un conseil ou par toute autre personne. Dans ces conditions, le droit à un recours effectif, tel que garanti par l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, n'implique pas nécessairement que l'étranger puisse se maintenir sur le territoire français jusqu'à l'issue de son recours devant la cour nationale du droit d'asile. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée, en le privant d'un recours suspensif auprès de la cour nationale du droit d'asile, serait contraire aux stipulations combinées des articles 3 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

10. En quatrième et dernier lieu, en application de l'article L. 612-3 8° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le risque de fuite peut être regardé comme établi lorsque : " L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ". Si M. C soutient justifier de garanties de représentation, il ne démontre pas disposer d'un document de voyage en cours de validité ni d'une adresse stable et effective en France. Dés lors, il doit être regardé comme présentant un risque de fuite, son placement en rétention étant par suite justifié.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C, ainsi que, par suite, ses conclusions aux fins d'injonction et au titre des frais liés à l'instance, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis au benefice de l'aide juridicitionnelle provisoire.

Article 2: Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Dridi et au préfet du Var.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice.

Lu en audience publique le 20 juin 2024.

La magistrate désignée,

signé

L. GuilbertLa greffière,

signé

H. Diaw

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne

ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun,

contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation, la Greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions