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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2403232

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2403232

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2403232
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantDRIDI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice a rejeté la requête de M. A, ressortissant marocain, qui contestait l’arrêté du préfet des Alpes-Maritimes fixant son pays de destination en exécution d’une interdiction du territoire prononcée le 26 février 2024. Le requérant invoquait un défaut de motivation et l’absence de possibilité de présenter ses observations. Le tribunal a écarté ces moyens, jugeant la décision suffisamment motivée et relevant que M. A avait été entendu et avait déclaré souhaiter regagner son pays d’origine. La solution s’appuie sur le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 juin 2024, M. B A, initialement représenté par Me Dridi et désormais représenté par Me Della Sudda, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 15 juin 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a fixé, en exécution d'une interdiction du territoire du 26 février 2024, son pays de destination ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision en litige est insuffisamment motivée;

- il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Guilbert,

- les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain, a été condamné le 26 février 2024, par le tribunal correctionnel de Grasse à une peine d'interdiction du territoire d'une durée de trois ans. Par un arrêté du 15 juin 2024, dont il demande l'annulation, le préfet des Alpes-Maritimes a prescrit sa reconduite à destination de son pays d'origine.

Sur les conclusions au titre de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A ait sollicité son admission à l'aide juridictionnelle. Dans ces conditions, il ne saurait, dans le cadre de la présente instance collégiale, se prévaloir d'aucune urgence à se voir attribuer le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. En premier lieu, la décision en litige reprend les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, notamment la condamnation de l'intéressé à une peine d'interdiction du territoire de trois ans ainsi que la teneur des observations qu'il a formulé. Le moyen tiré du défaut de motivation manque dès lors en fait et doit être écarté.

5. En second lieu, ainsi qu'il est dit au point qui précède, M. A a été invité à présenter ses observations le 14 juin 2024 à 11h00. La décision en litige lui a été notifiée le 15 juin 2024 à 11h15. S'il soutient qu'il n'a pu valablement présenter ses observations avant l'édiction de l'acte attaqué, il a pourtant déclaré lors de son audition qu'il n'avait déposé aucune demande d'asile en Europe et souhaitait regagner son pays d'origine. Au surplus, il ne fait état, dans le cadre de la présente instance d'aucun moyen susceptible d'influer sur le sens de la décision, dont il aurait été privé de faire état. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que M. A n'aurait pas été mis en mesure de présenter ses observations doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A doivent être rejetées, y compris celles au titre des frais liés à l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Soli, président,

Mme Gazeau, première conseillère,

Mme Guilbert, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

La rapporteure,

signé

L. Guilbert

Le président,

signé

P. SoliLa greffière,

signé

C. Ravera

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière

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