mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2403365 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme KOLF |
| Avocat requérant | SERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juin 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 20 juin 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.
Il soutient que l'arrêté litigieux porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2024, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la selarl Serfaty Venutti Camacho Cordier, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Kolf, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 juin 2024 à 14 heures :
- le rapport de Mme Kolf, magistrate désignée,
- et les observations de Me Sempere, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, soutient en outre que le principe du contradictoire a été méconnu dès lors que M. A n'a jamais été auditionné préalablement à l'édiction de la décision portant obligation de quitter le territoire français, que la décision portant obligation de quitter le territoire est insuffisamment motivée, qu'elle est entachée d'erreurs d'appréciation dès lors qu'il était titulaire d'un titre de séjour valable jusqu'en 2023 et qu'il justifie de circonstances particulières pour se maintenir sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour, qu'elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et sollicite également qu'il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de mettre fin à son signalement dans le fichier Schengen et qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant congolais né le 27 juillet 1983, a fait l'objet d'un arrêté en date du 20 juin 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée de cinq ans. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire vise les dispositions applicables, et notamment celles de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle fait également état d'éléments de fait propres à la situation du requérant, indiquant notamment qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français depuis le 11 mars 2022, date de notification de cessation de reconnaissance de son statut de réfugié et qu'il ne justifie d'aucune circonstance particulière pour s'être maintenu irrégulièrement sur le territoire français. Ainsi, nonobstant la circonstance que ces motifs seraient erronés, la décision litigieuse, énonce de manière suffisamment précise les considérations de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Dès lors, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français non prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.
4. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du procès-verbal établi par un gardien de la paix le 17 juin 2024, que M. A n'a pas voulu se présenter au greffe de la maison d'arrêt de Grasse afin de formuler ses observations sur une éventuelle mesure d'éloignement à son encontre. Dans ces conditions, et alors en tout état de cause que M. A ne fait état d'aucun élément pertinent qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration et qui aurait été susceptible d'influer sur le principe de la mesure en litige ou de ses modalités, ce dernier n'est pas fondé à se prévaloir d'une méconnaissance du droit d'être entendu.
5. En troisième lieu, M. A, à qui la qualité de réfugié a été retirée à compter du 8 mars 2022 et qui ne conteste pas ne pas avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour afin de régulariser sa situation depuis que son titre de séjour est arrivé à expiration, n'établit pas, par les pièces qu'il verse au dossier, la réalité et l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec ses enfants, ni contribuer à leur entretien et à leur éducation. Il n'établit pas davantage en quoi il aurait été empêché de solliciter un titre de séjour afin de régulariser sa situation. Dans ces conditions, il n'est, en tout état de cause, pas fondé à soutenir qu'il bénéficierait d'une circonstance particulière justifiant qu'il ait séjourné en France sans solliciter la délivrance d'un titre de séjour. Le moyen tiré d'une erreur d'appréciation doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
7. M. A, dont les pièces versées au dossier ne permettent pas d'établir qu'il résiderait en France de manière habituelle depuis l'âge de 6 ans, ne justifie pas, par le peu de pièces qu'il verse au dossier, de la réalité et l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec ses enfants, ni contribuer à leur entretien et à leur éducation. En outre, il n'allègue ni n'établit entretenir une relation avec la mère de ces derniers, dont il se borne à produire une attestation d'hébergement. Il établit en revanche avoir régulièrement travaillé, quoique de façon parfois épisodique, depuis l'année 2011 et jusqu'à l'année 2022, dans le cadre d'intérims d'aide sur des chantiers ou de contrats d'insertion. Il est toutefois constant que M. A a été régulièrement condamné à plusieurs peines d'emprisonnement depuis l'année 2009, dont trois peines d'emprisonnement, d'un an et trois mois en février 2021, neuf mois en juillet 2021, six mois en mars 2023 et un an en juin 2023 pour des faits de tentatives de vol, vols avec destruction ou dégradation ou encore récidives de vol et de menace de délit contre les personnes avec ordre de remplir une condition et récidive de violence ayant entraîné une incapacité de travail n'excédant pas huit jours. Dans ces circonstances, eu égard à la gravité des faits ayant donné lieu à ces condamnations, et à leur caractère récent et répété, et malgré la fixation en France d'une partie des intérêts personnels de M. A, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux regard des buts en vue desquels cette mesure a été prise ni qu'elle procéderait d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle. Par suite, les moyens ainsi invoqués doivent être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ains que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.
La magistrate désignée,
signé
S. KolfLa greffière,
signé
V. Labeau
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026