vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2403805 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat M d'IZARN de VILLEFORT |
| Avocat requérant | MBA NZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 juillet et 12 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Mba Nze puis par Me Khadraoui-Zgaren, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée au regard notamment de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, ce qui révèle l'absence d'examen circonstancié de sa situation particulière ;
- il entre dans le champ d'application de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il remplit les conditions fixées aux articles L. 423-23 et L. 423-7 du même code ;
- cette décision méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- cette décision méconnaît les articles 3-1 et 8-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale pour les mêmes motifs, notamment la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- la décision refusant de lui accorder un délai de départ est insuffisamment motivée ;
- la décision refusant de lui accorder un délai de départ est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à sa situation familiale ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans est insuffisamment motivée ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit au regard du III de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation et méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ; actuellement sous contrôle judiciaire, il ne peut retourner en Tunisie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. d'Izarn de Villefort, président, en application des dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. d'Izarn de Villefort ;
- et les observations de Me Khadraoui-Zgaren pour M. B, qui conclut aux mêmes fins que ses précédentes écritures par les mêmes moyens.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 8 juillet 2024, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet des Alpes-Maritimes a obligé M. B, ressortissant tunisien, à quitter sans délai le territoire français à destination de son pays d'origine et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
4. M. B, qui ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur rédaction antérieure à leur modification résultant de l'article 37 de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024, soutient néanmoins qu'il ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement dès lors qu'il aurait dû bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, sur le fondement de l'article L. 423-7 du même code qui dispose : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B est père d'une enfant de nationalité française, née le 12 septembre 2022. Un jugement rendu le 25 juillet 2024 par le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Nice, saisi par la mère de cette enfant sollicitant le prononcé d'une ordonnance de protection, relève que le procès-verbal de la plainte déposée par celle-ci le 7 juillet 2024 mentionne qu'elle a indiqué vivre en couple avec le requérant et les enfants nés d'un premier lit, depuis au moins son arrivée en France trois ans auparavant. M. B a lui-même reconnu exercer une activité professionnelle clandestine lui procurant un revenu moyen de 1200 euros par mois. Il produit notamment des attestations établies par des salariés de deux pharmacies selon lesquelles il se rend régulièrement pour chercher des médicaments destinés aux enfants ainsi que de la nourriture et des couches destinés aux enfants en bas âge. Par suite, il doit être regardé comme contribuant effectivement, dans la mesure de ses moyens, par sa présence auprès de l'enfant et la prise en charge de dépenses, à l'éducation et à l'entretien de sa fille de nationalité française. Dès lors, en l'obligeant à quitter le territoire français alors que M. B peut bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet des Alpes-Maritimes a entaché l'arrêté du 8 juillet 2024 d'illégalité.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 8 juillet 2024.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. M. B a été admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Khadraoui-Zgaren renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Khadraoui-Zgaren de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B.
DECIDE
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 8 juillet 2024 est annulé.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Khadraoui-Zgaren renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Khadraoui-Zgaren, avocate de M. B, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet des Alpes-Maritimes et à Me Khadraoui-Zgaren.
Copie en sera faite au ministre de l'intérieur, au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Nice et au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nice.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
P. d'IZARN de VILLEFORT
La greffière,
signé
V. LABEAU
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026