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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2403861

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2403861

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2403861
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de Mme C B, représentée par ses co-habilitées familiales, contestant le refus du président du conseil départemental des Alpes-Maritimes de lui attribuer une carte mobilité inclusion mention "stationnement". La requête a été jugée manifestement irrecevable pour trois motifs non régularisés malgré une demande du tribunal : l'absence de production de la décision attaquée (article R. 412-1 du code de justice administrative), le défaut de recours administratif préalable obligatoire (article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles), et l'absence de justification de la qualité à agir des signataires. En application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, l'ordonnance rejette la requête sans examen au fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 juillet 2024, Mme D E et Mme A B, co-habilitées familiales de Mme C B, doivent être regardées comme demandant au tribunal d'annuler la décision par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a rejeté la demande d'attribution de carte mobilité inclusion (CMI) mention " stationnement " de Mme C B.

Par un courrier du 23 juillet 2024, dont elle a accusé réception le 25 juillet 2024, le tribunal a informé Mme B que :

- elle n'a pas produit la décision attaquée ;

- elle n'avait pas formé de recours administratif préalable obligatoire auprès du conseil départemental des Alpes-Maritimes, conformément à l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles ;

- le ou les signataires de la requête ne justifiaient pas de leur qualité à agir en son nom.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " " Les présidents de () formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. D'autre part, en premier lieu, aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / () ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () ".

3. En dépit de la demande de régularisation notifiée le 23 juillet 2024, dont elle a accusé réception le 25 juillet 2024, Mme B n'a toutefois pas, dans le délai d'un mois qui lui était imparti, procédé à la régularisation de sa requête en l'assortissant de la décision attaquée requise par les dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative. Dans ces conditions, la requête de Mme B est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée par application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le recours préalable obligatoire formé contre une décision relative à la carte "mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est formé, par tout moyen lui conférant date certaine, devant le président du conseil départemental. () / Ce recours préalable comprend une lettre de saisine et une copie de la décision contestée ou, lorsqu'elle est implicite, une copie de l'accusé réception de la demande ayant fait naître cette décision. La lettre de saisine peut exposer les motifs de la contestation et les éléments insuffisamment ou incorrectement pris en compte. () / Ce recours préalable est examiné selon les mêmes modalités que la demande initiale. Le silence gardé pendant plus de deux mois par l'auteur de la décision, à partir de la date à laquelle le recours préalable obligatoire a été présenté auprès du président du conseil départemental, vaut décision de rejet de la demande ".

5. En dépit de la demande notifiée le 23 juillet 2024, relative à la formation d'un recours administratif préalable obligatoire, dont elle a accusé réception le 25 juillet 2024, Mme B n'a pas, à l'expiration du délai d'un mois qui lui était imparti, adressé au tribunal de la décision du président du conseil départemental des Alpes-Maritimes rejetant son recours administratif préalable obligatoire, ou la preuve de l'envoi d'un tel recours, resté sans réponse. Dans ces conditions, la requête de Mme B est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée par application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

6. En troisième et dernier lieu, en dépit de la demande notifiée le 23 juillet 2024, par laquelle le tribunal a demandé à Mme E et à Mme A B, signataires de la requête, de justifier de leur qualité à agir dans un délai d'un mois au nom de Mme C B, aucune réponse n'est parvenue au tribunal à la date de la présente ordonnance. Il y a lieu de considérer que les signataires de la requête ne justifient pas de leur qualité à agir en justice au nom de Mme C B. Dans ces conditions, la requête de Mme B est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée par application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B.

Fait à Nice, le 23 octobre 2024.

La présidente de la 1ère chambre,

signé

V. Chevalier-Aubert

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre femmes et hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière,

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