vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2404029 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat M d'IZARN de VILLEFORT |
| Avocat requérant | RAMOINO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 juillet et 2 août 2024, M. B A, représenté par Me Ramoino, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 juin 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Il soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;
- sa régularisation est en cours ;
- il ne représente pas une menace pour l'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. d'Izarn de Villefort, président, en application des dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. d'Izarn de Villefort ;
- et les observations de Me Ramoino pour M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens. Elle soutient en outre que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et qu'il méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 28 juin 2024, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet des Alpes-Maritimes a obligé M. A, ressortissant congolais, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : ()2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France une première fois le 12 septembre 2020 et a présenté une demande d'asile enregistrée le 19 octobre suivant, qui a été rejetée par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 4 janvier 2023, confirmée par un arrêt de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 11 juillet 2023. Ayant quitté le territoire français, il y est entré à nouveau régulièrement mais sans être muni des documents et du visa exigés par l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande de réexamen enregistrée le 7 décembre 2023 a été rejetée pour irrecevabilité le 20 décembre 2023, par une décision devenue définitive. M. A ne démontre pas que la régularisation de son séjour serait en cours. Par suite, il se trouvait dans les situations prévues au 2° et au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans lesquelles le préfet peut obliger un étranger à quitter le territoire français.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. (). ".
5. L'arrêté attaqué vise, notamment, les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il mentionne que le requérant a déclaré être entré en France régulièrement sans justifier des documents et du visa exigés par l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il relève notamment que l'intéressé est célibataire sans enfant et est dépourvu d'attaches familiales en France alors que sa famille réside au Congo. Il constate également que le séjour irrégulier de l'intéressé et l'absence d'obstacle à ce qu'il quitte le territoire français justifient qu'il soit obligé de quitter le territoire. Ainsi, cet arrêté comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé pour notifier à M. A une obligation de quitter le territoire français. Dès lors, alors même que l'arrêté ne donne pas le détail de l'ensemble des éléments de fait qui caractérisent la situation particulière de l'intéressé, sa motivation, en tant qu'elle concerne l'obligation de quitter le territoire français, est régulière au regard des exigences spécifiques résultant de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette motivation ne révèle en outre aucun défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle.
6. En troisième lieu, M. A, né le 29 novembre 1992, présent en France depuis le 12 septembre 2020, à l'exception d'un court séjour en Suisse en 2023, a été débouté définitivement du droit d'asile. Il ne conteste pas être célibataire. Il ne justifie d'aucun élément en rapport avec une insertion quelle qu'elle soit. Il ne démontre, ni même n'allègue, qu'il est dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour, le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de l'obligation de quitter le territoire contestée. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En quatrième lieu, compte tenu des éléments mentionnés au point précédent, quand bien même le requérant ne représenterait pas une menace pour l'ordre public, le préfet n'a entaché sa décision d'aucune erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé en l'obligeant à quitter le territoire français.
Sur la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
8. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ".
9. Si M. A doit être regardé comme contestant la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, il se borne sur ce point à soutenir qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public. Il ressort cependant de la motivation de l'arrêté attaqué que le préfet s'est fondé sur ce point, non pas sur les dispositions du 1° de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais sur celles du 3°. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
Sur la décision fixant le pays de destination :
10. M. A a été débouté du droit d'asile après une première demande et une demande de réexamen. Il ne fait état d'aucun élément et n'expose d'ailleurs pas dans quelle mesure il serait personnellement exposé à des risques sérieux de persécutions ou de traitements inhumains et dégradants en cas d'éloignement vers le Congo. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ne peut donc être accueilli.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 28 juin 2024.
DECIDE
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera faite au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
P. d'IZARN de VILLEFORT
La greffière,
signé
V. LABEAU
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026