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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2404039

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2404039

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2404039
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationMagistrat Mme Chevalier
Avocat requérantFRUTON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 juillet 2024, M. E B, retenu au centre de rétention administrative de Nice, demande au tribunal :

1°) d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes la communication de son entier dossier ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de trois ans en exécution de la décision l'obligeant à quitter le territoire du 5 janvier 2023 ;

3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de mettre fin à son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation administrative ;

- il est dépourvu de base légale dès lors que l'obligation de quitter le territoire du 5 janvier 2023 sur laquelle elle est fondée a déjà été exécutée ;

- il a introduit une demande d'asile auprès des autorités espagnoles ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il présente un caractère disproportionné et que des circonstances humanitaires font obstacles à son édiction.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 juillet 2024, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la Selarl Serfaty Venutti Camacho Cordier, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Chevalier, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 922-1 de ce même code.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 juillet 2024 à 15 heures :

- le rapport de Mme Chevalier, magistrate désignée,

- et les observations de Me Fruton, représentant M. B, assisté de Mme F D, interprète en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B ressortissant algérien né le 8 juin 1995, a fait l'objet d'un arrêté du 20 juillet 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de trois ans en exécution d'une obligation de quitter le territoire édictée le 5 janvier 2023. M. A C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la communication par le préfet des Alpes-Maritimes de l'entier dossier de M. B :

2. Aux termes de l'article L. 614-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné à cette fin le concours d'un interprète et la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise ".

3. Le préfet des Alpes-Maritimes ayant produit, le 23 juillet 2024, préalablement à la tenue de l'audience, les pièces relatives à la situation administrative de M. B, l'affaire est en état d'être jugée et le principe du contradictoire a été respecté. Il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner avant-dire droit la communication de l'entier dossier du requérant détenu par l'administration.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a, par un arrêté du 5 janvier 2023, fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français laquelle était assortie d'une interdiction de retour sur le territoire de trois ans. Pour prendre la décision attaquée, le préfet des Alpes-Maritimes s'set fondé sur le motif selon lequel M. B n'a pas exécuté la mesure d'éloignement. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant s'est rendu en Espagne où il s'est vu délivrer le 20 novembre 2023 un récépissé de dépôt de demande de protection internationale. Par suite, le préfet des Alpes-Maritimes ne peut être regardé comme ayant procédé à un examen complet et particulier de la situation de M. B.

5. L'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire implique nécessairement la suppression du signalement de M. B aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de faire procéder à cette suppression sans délai.

Sur les frais liés au litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : l'arrêté du 20 juillet 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a prononcé à l'encontre de M.B une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de trois ans en exécution de la décision l'obligeant à quitter le territoire du 5 janvier 2023 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de prendre sans délai toute mesure propre à mettre fin au signalement de M. B dans le système d'information Schengen.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes et au procureur de la république près le tribunal judiciaire de Nice.

Lu en audience publique le 23 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

signé

C. ChevalierLe greffier,

signé

A. Bahmed

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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