mardi 13 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2404454 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat Mme BELGUECHE |
| Avocat requérant | SERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 août 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 12 août 2024, M. B A, représenté par Me Dridi, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les décisions du 6 août 2024 du préfet des Alpes-Maritimes portant détermination de l'Etat membre responsable de sa demande d'asile et maintien en rétention ;
3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au réexamen de sa situation et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve de l'admission définitive du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
M. A soutient que :
La décision de transfert aux autorités allemandes :
- est entachée d'irrégularité en l'absence d'entretien individuel prévue par l'article 5 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 ;
- méconnaît son droit à l'information prévu par l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 ;
- méconnaît les garanties prévues aux articles 4 et 5 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 ;
- méconnaît l'article 29 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013.
La décision de maintien en rétention n'est pas proportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2024, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que l'arrêté contesté n'est pas un arrêté de transfert.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Belguèche, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 août 2024 à 14H00 :
- le rapport de Mme Belguèche, magistrate désignée, qui informe les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal est susceptible de soulever d'office le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions d'annulation présentées à l'encontre d'une décision du préfet des Alpes-Maritimes du 6 août 2024 portant détermination de l'état responsable de sa demande d'asile, une telle décision étant inexistante ;
- et les observations de Me Dridi pour M. A qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien, a été placé en rétention le 3 août 2024, sur la base de l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français sans délai, notifiée le 21 novembre 2023. Suite au rapport de consultation Eurodac le 6 août 2024 indiquant une demande d'asile en Allemagne déposée le 23 janvier 2023, le préfet des Alpes-Maritimes a sollicité le 6 août 2024, auprès des autorités allemandes, la reprise en charge de l'intéressé et l'a maintenu en rétention afin de prévenir le risque qu'il ne se soustraie à la décision de transfert dont il est susceptible de faire l'objet. Le 6 août 2024, le préfet des Alpes-Maritimes a pris un arrêté intitulé " détermination de l'Etat-membre responsable de la demande d'asile et maintien en rétention ". Par la présente requête M. A demande l'annulation des décisions du préfet des Alpes-Maritimes du 6 août 2024 portant détermination de l'état responsable de sa demande d'asile et maintien en rétention ".
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 6 août 2024 du préfet des Alpes-Maritimes portant maintien en rétention administrative :
4. Aux termes de l'article L. 751-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quatre jours, l'étranger faisant l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge pour prévenir un risque non négligeable de fuite tel que défini à l'article L. 751-10, dans la mesure où le placement en rétention est proportionné et si les dispositions de l'article L. 751-2 ne peuvent être effectivement appliquées. / L'étranger faisant l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge ne peut être placé et maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à la détermination de l'État responsable de l'examen de sa demande d'asile L'étranger faisant l'objet d'une décision de transfert peut également être placé en rétention en application du présent article, même s'il n'était pas retenu lorsque la décision de transfert lui a été notifiée ". Aux termes de l'article L. 754-3 du même code : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ () ". Aux termes de l'article L. 754-4 de ce même code : " L'étranger peut, selon la procédure prévue à l'article L. 921-2, demander l'annulation de la décision de maintien en rétention prévue à l'article L. 754-3 afin de contester les motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement ". Aux termes de l'article L. 741-10 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision de placement en rétention peut la contester devant le juge des libertés et de la détention, dans un délai de quatre jours à compter de sa notification ".
5. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le juge des libertés et de la détention est, en principe, seul compétent pour se prononcer sur les décisions relatives au placement en rétention d'un étranger. Si, par exception, le juge administratif est compétent pour connaître des décisions prises en application des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il s'agit de la seule hypothèse dans laquelle le maintien en rétention est décidé suite à une demande d'asile présentée en rétention lorsque le préfet estime que cette demande a été formulée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement et dans l'attente de son examen par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides. En l'espèce, il ressort des termes mêmes de l'arrêté en litige que le préfet des Alpes-Maritimes a maintenu M. A en rétention administrative sur le fondement des dispositions de l'article L. 751-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En application des dispositions et du principe énoncés au point 4 de ce jugement, les juridictions administratives ne sont toutefois pas compétentes pour connaître de la demande d'annulation de l'arrêté portant maintien en rétention administrative, qui ne relève pas des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les conclusions présentées en ce sens par M. A doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision de transfert :
6. Il ressort des pièces du dossier et des termes de la décision en litige que M. A a été placé en rétention le 3 août 2024, sur la base de l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français sans délai, notifiée le 21 novembre 2023. Suite au rapport de consultation Eurodac le 6 août 2024 indiquant une demande d'asile en Allemagne le 23 janvier 2023, le préfet des Alpes-Maritimes a sollicité, auprès des autorités allemandes, le 6 août 2024, la reprise en charge de l'intéressé et l'a maintenu en rétention pour prévenir le risque non négligeable qu'il se soustraie à la décision de transfert dont il est susceptible de faire l'objet.
7. Par l'arrêté contesté du 6 août 2024 intitulé " arrêté portant détermination de l'Etat-membre responsable de la demande d'asile et maintien en rétention ", le préfet des Alpes-Maritimes a, d'une part, abrogé son arrêté du 21 novembre 2023 obligeant M. A à quitter le territoire et l'a, d'autre part, maintenu en rétention dans l'attente de la réponse des autorités allemandes sur la demande de reprise en charge de l'intéressé. Le préfet a ainsi fait application des dispositions des deux premiers alinéas de l'article L. 751-9 en vertu desquels l'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quatre jours, l'étranger faisant l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge pour prévenir un risque non négligeable de fuite, avant même l'édiction d'une décision de transfert, susceptible d'intervenir ensuite en cas d'accord de l'Etat requis selon le quatrième alinéa de ce même article. Si la rédaction de l'arrêté en litige a pu laisser penser à M. A qu'il faisait déjà l'objet d'un arrêté de transfert aux autorités allemandes, cependant cet arrêté se borne à décider du maintien en rétention administrative de l'intéressé dans l'attente de la détermination de l'Etat-membre responsable de l'examen de sa demande d'asile et d'un accord de reprise en charge de l'intéressé par les autorités allemandes saisies. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation d'un arrêté préfectoral du 6 août 2024 portant détermination de l'Etat membre responsable de la demande d'asile de M. A sont par suite dirigées contre une décision inexistante et doivent, par suite, être rejetées comme irrecevables.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête doivent être rejetées. Doivent être rejetées par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nice.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 13 août 2024.
La magistrate désignée,
signé
S. BELGUECHE La greffière,
signé
V. LABEAU
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026