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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2404650

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2404650

lundi 2 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2404650
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a constaté un non-lieu à statuer sur la demande de la Ligue des droits de l'homme visant à suspendre l'arrêté du maire de Mandelieu-la-Napoule du 8 juillet 2024. Cet arrêté interdisait l'accès aux plages et la baignade à certaines tenues, notamment pour des motifs d'hygiène, de sécurité et de risque de troubles à l'ordre public. La juridiction a relevé que l'arrêté, en vigueur du 8 juillet au 31 août 2024, avait cessé de produire ses effets à la date de l'ordonnance, rendant la demande de suspension sans objet. Les conclusions accessoires de la requérante ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 août 2024, la Ligue des droits de l'homme, représentée par Me Ogier, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L.521-2 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 8 juillet 2024 par lequel le maire de Mandelieu-la-Napoule a interdit l'accès aux plages et la baignade à toute personne dont la tenue contrevient à l'ordre public jusqu'au 31 août 2024 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Mandelieu-la-Napoule une somme de 3 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-l'arrêté attaqué, qui a pour objet réel d'interdire le port de tenues manifestant de manière ostensible une appartenance religieuse sur les plages publiques de Mandelieu-la-Napoule, porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester ses convictions religieuses, à la liberté d'aller et venir et à la liberté de se vêtir dans l'espace public ;

-cette mesure n'est justifiée par aucun risque avéré d'atteinte à l'ordre public et ne présente ainsi aucun caractère adapté, nécessaire et proportionné au regard des circonstances de temps et de lieu ; l'arrêté en litige est motivé par les mêmes considérations que celles exposées dans le précédent arrêté du 7 juin 2023 du maire de Mandelieu-la-Napoule dont l'exécution a été suspendue par l'ordonnance n° 475636 du CE du 7 juin 2023 ; l'arrêté ne fait état d'aucun trouble actuel ou nouveau à l'ordre public ; les risques allégués pour l'hygiène ou la sécurité des usagers de la plage et baigneurs qui résulteraient du port de telles tenues ne sont pas établis ;

-la condition d'urgence est remplie ; elle est systématiquement retenue par le juge des référés saisi en application de l'article L.521-2 du code de justice administrative de recours contre des décisions interdisant le port du burkini ; l'arrêté attaqué est entré en vigueur dès le 8 juillet 2024 et ce jusqu'au 31 août 2024 et des personnes ont été verbalisées sur son fondement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. La ligue des droits de l'homme demande au juge des référés, saisi en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 8 juillet 2024 par lequel le maire de Mandelieu-la-Napoule a réglementé l'accès aux plages et la baignade sur le territoire de la commune entre le 8 juillet 2024 et le 31 août 2024, en interdisant leur accès " à toute personne ayant une tenue non respectueuse des règles d'hygiène et de sécurité " et " à toute personne dont la tenue est susceptible d'entraîner, à l'instar des années 2012 et 2016, des troubles à l'ordre public, voire des affrontements violents " et en interdisant l'accès à la seule baignade " à toute personne dont la tenue est susceptible d'entraver ses mouvements et de compliquer les opérations de sauvetage en cas de noyade ".

2. L'arrêté du maire de Mandelieu-la Napoule, qui est entré en vigueur le 8 juillet 2024, a cessé de produire ses effets à compter du 31 août 2024 à minuit. Par suite, il y lieu de prononcer un non-lieu à statuer sur les conclusions de la Ligue des droits de l'homme tendant à la suspension de l'exécution de cet arrêté.

3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la Ligue des droits de l'homme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de la Ligue des droits de l'homme tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 8 juillet 2024 du maire de Mandelieu-la-Napoule.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la Ligue des droits de l'homme est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la Ligue des droits de l'homme.

Fait à Nice le 2 septembre 2024.

La présidente du tribunal,

Juge des référés,

signé

M. Pouget

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation la greffière

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