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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2404700

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2404700

mardi 4 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2404700
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de M. B, un ressortissant algérien, qui contestait un arrêté préfectoral du 31 juillet 2024 refusant son admission au séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que le préfet avait procédé à un examen particulier de la situation. Il a estimé que M. B ne justifiait pas de liens personnels et familiaux suffisamment stables en France pour bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien de 1968, et a écarté le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation. En conséquence, l'obligation de quitter le territoire français a été jugée légale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 aout 2024, M. A B, représenté par Me El Attachi, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 31 juillet 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé son admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen particulier ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il ne tient pas compte de l'acte de kafala dont il bénéficie ;

- l'obligation de quitter le territoire est illégale en raison de l'illégalité de la décision refusant de l'admettre au séjour.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative ;

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 juillet 2024 :

- le rapport de M. Soli, président-rapporteur ;

- et les observations de Me El Attachi représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 23 octobre 2002, est entré sur le territoire français en 2019. Il a sollicité le 27 décembre 2023 la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 31 juillet 2024 le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté cette demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

Sur la légalité externe de l'arrêté attaqué :

2. Il ressort de l'arrêté attaqué que celui-ci, d'une part, vise les textes dont il fait application, notamment les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'accord franco-algérien et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et, d'autre part, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. B, ainsi que les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour prendre les décisions litigieuses. En particulier, l'arrêté mentionne que le requérant est célibataire et sans charge de famille et qu'il ne justifie pas d'une insertion sociale et professionnelle suffisante. Dès lors, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette motivation révèle par ailleurs que le préfet s'est livré à un examen réel et sérieux de la situation du requérant. Par suite, les moyens tirés d'une insuffisance de motivation de l'arrêté litigieux et d'un défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressé doivent être écartés.

Sur la légalité de la décision portant refus de séjour :

3. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ".

4. En l'espèce M. B, qui a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ", soutient résider en France depuis plus de cinq années et devoir bénéficier de plein droit de la délivrance de la carte de résident sollicitée sur le fondement des stipulations précitées du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Si, a l'appui de cette allégation, le requérant verse aux débats des pièces attestant de sa présence en France pour chacune des années entre 2019 et 2023 et un acte de kafala lorsqu'il était mineur, ces pièces ne démontrent pas l'existence actuelle et avérée de liens familiaux ou personnels en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus. Dans ces conditions, M. B ne justifiant pas avoir constitué une cellule familiale stable France, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.

5. En second lieu, et pour les mêmes motifs que ceux précédemment évoqués, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis, en édictant l'arrêté attaqué, une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :

6. Il résulte de ce qui précède que la décision de refus d'admission au séjour n'étant pas illégale, le moyen tenant au défaut de base légale de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ensemble ses conclusions à fin d'injonction et celles formulées au titre de l'article L. 7 61-1 du code de justice administrative

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Soli, président,

Mme Gazeau, première conseillère,

M. Loustalot-Jaubert, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.

Le président-rapporteur,

signé

P. SOLI

L'assesseure la plus ancienne,

signé

D. GAZEAU La greffière,

signé

B.P. ANTOINE

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation le greffière,

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