vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2405216 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024, M. C A, représenté par Me Le Gars, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision non datée " d'un agent du ministère de l'intérieur et de l'outre-mer " non identifié portant refus de délivrance d'un certificat de résidence algérien d'un an en qualité de parent d'un enfant français, ensemble la décision du 9 septembre 2024, rejetant son recours gracieux ;
3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, dans le délai de huit jours, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est père d'un enfant français sur lequel il exerce l'autorité parentale avec son épouse ; il est privé du droit de travailler et de subvenir aux besoins de sa famille ;
- il existe un doute sur la légalité de la décision attaquée :
- la décision méconnaît les articles L .212-1 et L.212-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît l'autorité de la chose jugée par le jugement n°2401196 ;
- elle est entachée d'une erreur de fait en ce qu'il est considéré qu'il est encore sous le coup d'une interdiction de territoire.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2405215 par laquelle M. A demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B ;
- et les observations de Me Le Gars, représentant M. A.
Le préfet des Alpes-Maritimes n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision non datée " d'un agent du ministère de l'intérieur et de l'outre-mer " non identifié portant refus de délivrance d'un certificat de résidence algérien d'un an en qualité de parent d'un enfant français, ensemble la décision du 9 septembre 2024, rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions tendant à l'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé du requérant, il y a lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et l'article L. 522-1 dudit code dispose : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () " ; enfin le premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code dispose : "La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, et notamment des objectifs d'intérêt public poursuivis par la décision critiquée. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci.
5. La décision en litige statuant sur une première demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour en qualité de père d'un enfant français présentée par M. A, la présomption d'urgence mentionnée au point précédent ne trouve pas à s'appliquer.
6. Pour justifier de l'urgence de sa situation, M. A fait valoir qu'il est père d'un enfant français sur lequel il exerce l'autorité parentale avec son épouse, qu'il est privé du droit de travailler et de subvenir aux besoins de sa famille. Ces seules circonstances ne peuvent suffire à caractériser une situation d'urgence au sens des principes rappelés au point 3. Il ne produit d'ailleurs aucun document sur la précarité financière de son foyer ou ses perspectives d'emploi à court terme. Dans ces conditions, M. A ne saurait être regardé, en l'état, comme justifiant d'une urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, qu'il y a lieu de rejeter la requête, y compris les conclusions tendant au prononcé d'une injonction et celles tendant au versement d'une somme au titre des frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Le Gars et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera transmise au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 18 octobre 2024.
La présidente de la 1ère chambre,
signé
V. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière.
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