jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2405515 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat Mme BELGUECHE |
| Avocat requérant | SERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Coscat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, à destination de son pays d'origine, a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de trois ans et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable ;
2°) d'annuler, par voie de conséquence, l'arrêté du 30 septembre 2024 par lequel cette même autorité l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) et de condamner l'Etat aux entiers dépens.
M. A soutient que :
1°) S'agissant de l'arrêté du 20 janvier 2024 :
- le recours contre cet arrêté est recevable ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'erreur de droit et d'erreur de fait ;
- est entachée d'erreurs manifestes d'appréciation ;
La décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- est insuffisamment motivée ;
La décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'erreur de fait ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- est illégale par la voie de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
2°) L'arrêté du 30 septembre 2024 portant assignation à résidence :
- est illégal par la voie de l'exception d'illégalité de l'arrêté du 20 janvier 2024.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné Mme Belguèche, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 15 octobre 2024 à 9H00 :
- le rapport de Mme Belguèche, magistrate désignée, qui informe les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que le requérant n'est pas recevable à invoquer l'exception d'illégalité de l'arrêté du 20 janvier 2024 s'agissant d'un acte individuel devenu définitif faute d'avoir été contesté dans le délai de recours contentieux ;
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant moldave, a fait l'objet le 20 janvier 2024, d'un arrêté par lequel le préfet des Alpes-Maritimes l'a obligé à quitter le territoire français sans délai à destination de son pays d'origine, a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de trois ans et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable. Le préfet des Alpes-Maritimes estimant que l'éloignement de M. A demeurait une perspective raisonnable a pris, le 30 septembre 2024, un arrêté portant assignation à résidence de l'intéressé pour une durée de 45 jours renouvelable. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation des arrêtés du 20 janvier 2024 et du 30 septembre 2024.
En ce qui concerne les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 20 janvier 2024 :
2. Il ressort des pièces du dossier que par ordonnance n°2404032 du 23 juillet 2024, la magistrate désignée du tribunal de céans a rejeté comme irrecevable, pour cause de tardiveté, la requête de M. A, enregistrée le 20 juillet 2024 aux fins d'annulation de l'arrêté du 20 janvier 2024 portant obligation de quitter le territoire sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination, portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable. Dans ces conditions M. A n'est donc plus recevable à demander, par la voie d'action, l'annulation de cette même décision, en raison de l'expiration du délai de recours contentieux de quarante-huit heures, ouvert contre cette décision.
En ce qui concerne les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 30 septembre 2024 :
3. Au soutien de ses conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 30 septembre 2024, M. A se borne à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de l'arrêté du 20 janvier 2024 qui fonde l'assignation à résidence du 30 septembre 2024.
4. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception qu'à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative, prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. S'agissant d'un acte non réglementaire, l'exception n'est recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée, sauf dans le cas où l'acte et la décision ultérieure constituant les éléments d'une même opération complexe, l'illégalité dont l'acte serait entaché peut être invoquée en dépit du caractère définitif de cet acte.
5. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit au point 2, la requête de M. A aux fins d'annulation de l'arrêté du 20 janvier 2024 ayant été rejetée comme irrecevable par ordonnance n°2404032 du 23 juillet 2024 en raison de l'expiration du délai de recours contentieux de quarante-huit heures ouvert à son encontre, M. A n'est donc plus recevable à en demander l'annulation. Il ne saurait pas davantage contourner cette tardiveté en se prévalant, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cet acte individuel pour obtenir l'annulation de l'assignation à résidence du 30 septembre 2024, dès lors que le requérant, qui verse au dossier l'ordonnance n°2404032 du 23 juillet 2024, ne soutient, ni même n'allègue, qu'il aurait fait appel de cette ordonnance dans le délai de recours. Dans ces conditions, l'acte individuel du 20 janvier 2024 étant devenu définitif, M. A ne saurait se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cet acte individuel pour obtenir l'annulation de l'arrêté du 30 septembre 2024, de sorte que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 30 septembre 2024 ne peuvent qu'être rejetées.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La magistrate désignée,
signé
S. BELGUECHE
La greffière,
signé
V. LABEAU
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026