mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2405680 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme Moutry |
| Avocat requérant | DRIDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Dridi, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a fixé le pays de destination de sa reconduite ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de son admission définitive au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il n'a pas bénéficié d'un délai suffisant pour formuler des observations préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué ;
- l'arrêté méconnait les dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2024, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la Selarl Serfaty Venutti Camacho Cordier, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Moutry, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique s'étant tenue le 16 octobre 2024 à 14h00 :
- le rapport de Mme Moutry, magistrate désignée ;
- les observations de Me Dridi, représentant M. B, assisté de Mme C interprète en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que la requête, ainsi que les observations de Me Abran, substituant la Selarl Serfaty Venutti Camacho Cordier et représentant la préfecture des Alpes-Maritimes. Le requérant soutient, en outre, que la décision méconnait l'autorité de la chose jugée.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 11 octobre 2024, le préfet des Alpes-Maritimes a pris à l'encontre de M. A B, se disant ressortissant palestinien né le 21 décembre 1991, un arrêté portant exécution d'une interdiction judiciaire du territoire français et fixant le pays de destination de la reconduite. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. En l'espèce, il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B de prononcer son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions légales sur lesquelles il se fonde et comporte les éléments de fait relatifs à la situation personnelle de M. B et notamment qu'il a été condamné à une interdiction du territoire français d'une durée de cinq années par arrêt du 25 novembre 2013 de la cour d'appel d'Aix-en-Provence à laquelle il n'a pas déféré, qu'il est également connu sous une autre identité au titre de laquelle il serait de nationalité algérienne, qu'il n'a formulé aucune observation sur son pays de renvoi et qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, le droit d'être entendu, qui se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts, ne saurait toutefois être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente serait tenue, dans tous les cas, d'entendre de façon spécifique l'intéressé, lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. En outre, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.
6. Si le requérant soutient qu'il n'a pas disposé d'un délai suffisant pour pouvoir présenter des observations sur l'arrêté attaqué avant son édiction, il est constant qu'il a été entendu par les services de police sur l'irrégularité de son séjour sur le territoire français, notamment sur sa situation administrative, sur sa situation familiale et professionnelle et qu'il a été mis à même de présenter ses observations sur l'éventuelle édiction d'une mesure d'éloignement. En tout état de cause, il ne fait état d'aucun élément qu'il aurait pu faire valoir et qui aurait pu influer sur le contenu de la décision attaquée. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé de son droit à être entendu préalablement à l'adoption de la mesure d'éloignement et ce moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, si le requérant se prévaut de l'autorité de la chose jugée attachée au jugement du présent tribunal du 19 septembre 2024 notifié le 4 octobre 2024, il est constant que ce jugement n'est pas définitif dès lors que le délai d'appel n'a pas encore expiré.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
9. Si le requérant soutient craindre pour sa vie en cas de retour en territoire palestinien compte tenu de la recrudescence des violences dans la bande de Gaza et qu'effectivement la situation dans la Bande de Gaza est en proie à une situation de violence d'une intensité exceptionnelle du fait du conflit entre les forces du Hamas et les forces armées israéliennes, il est constant que l'arrêté attaqué fixe, comme pays de destination, non pas les territoires palestiniens, mais le pays d'origine du requérant. Si ce dernier se prévaut de son origine palestinienne, il ressort des pièces du dossier, d'une part, qu'il a également déclaré, en 2016 et en 2023, se dénommer Soltani Mohammed Nadir et être de nationalité algérienne et, d'autre part, qu'il n'apporte aucun élément probant tendant à démontrer qu'il serait effectivement originaire des territoires palestiniens. Dans ces conditions, le pays d'origine du requérant ne pouvant être établi avec certitude faute pour le requérant d'en justifier alors qu'il s'est prévalu au fil des années de nationalités différentes, le préfet des Alpes-Maritimes pouvait, sans méconnaitre les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, fixer, comme pays de destination, le pays d'origine de M. B.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 11 octobre 2024. Par suite, la requête doit être rejetée, y compris les conclusions tendant à l'application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. A B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Dridi et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur ainsi qu'au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice.
Lu en audience publique le 16 octobre 2024.
La magistrate désignée,
signé
M. MOUTRY
La greffière,
signé
M-C. MASSE
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026