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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2405692

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2405692

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2405692
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a été saisi par Mme C d’une opposition à deux contraintes émises par la CAF des Alpes-Maritimes pour le recouvrement d’un indu de prime d’activité (3 151,83 €) et d’une pénalité administrative majorée (770 €) pour fausses déclarations. S’agissant de la pénalité administrative, le juge a rejeté la requête comme portée devant un ordre de juridiction incompétent, au motif que ce litige relève du contentieux de la sécurité sociale et donc du juge judiciaire, en application des articles L. 114-17-2 et L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Concernant l’indu de prime d’activité, la requête a été rejetée pour irrecevabilité manifeste en raison de sa tardiveté, l’opposition ayant été formée au-delà du délai de quinze jours prévu à l’article R. 133-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête sommaire, enregistrée le 10 octobre 2024, Mme B C forme devant le tribunal administratif opposition à deux contraintes distinctes du 28 mars 2023 émises par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, d'une part, pour le recouvrement d'indus de prime d'activité versée à tort pour un montant total de 3 151,83 euros et d'autre part, pour le recouvrement de la pénalité administrative majorée d'un montant total de 770 euros infligée à la suite de fausses déclarations concernant ses ressources.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de l'organisation judiciaire ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1.Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

Sur l'opposition à la contrainte pour le recouvrement de la pénalité administrative :

2.Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " I.- Peuvent faire l'objet d'un avertissement ou d'une pénalité prononcée par le directeur de l'organisme chargé de la gestion des prestations familiales ou des prestations d'assurance vieillesse, au titre de toute prestation servie par l'organisme concerné : / () 2° L'absence de déclaration d'un changement dans la situation justifiant le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée. () ". Aux termes de l'article L. 114-17-2 du même code : " I.- Le directeur de l'organisme mentionné aux articles L. 114-17 ou L. 114-17-1 notifie la description des faits reprochés à la personne physique ou morale qui en est l'auteur afin qu'elle puisse présenter ses observations dans un délai fixé par voie réglementaire. A l'expiration de ce délai, le directeur : () 3° Ou saisit la commission mentionnée au II du présent article. A réception de l'avis de la commission, le directeur : () c) Soit notifie à l'intéressé la pénalité qu'il décide de lui infliger, en indiquant le délai dans lequel il doit s'en acquitter ou les modalités selon lesquelles elle sera récupérée sur les prestations à venir. La pénalité est motivée et peut être contestée devant le tribunal judiciaire spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire ". Aux termes de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire : " Des tribunaux judiciaires spécialement désignés connaissent : 1° Des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, à l'exception de ceux mentionnés au 7° du même article L. 142-1 () ". Et aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole () ".

3.Il résulte de ce qui précède que la juridiction administrative n'est manifestement pas compétente pour connaître des conclusions de la requête de Mme C relatives à une contrainte pour le recouvrement d'une pénalité administrative qui lui a été infligée par la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes sur le fondement des dispositions de l'article L. 114-7 du code de la sécurité sociale. Dès lors, les conclusions de la requête concernant l'opposition à la contrainte du 28 mars 2024 émise à l'encontre de l'intéressée en vue du recouvrement de la pénalité administrative majorée pour fausses déclarations de ses ressources doivent être rejetées, en application des dispositions du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Sur l'opposition à la contrainte pour le recouvrement des indus de primes d'activité :

4.Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut () délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement () ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception (). Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent () par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification () ".

5.Il résulte des pièces du dossier que la contrainte en litige, en date du 28 mars 2024 et faisant mention des voies et délais de recours, a été signifiée à la requérante par un commissaire de justice le 23 septembre 2024. Dans ces conditions, la requête de Mme C, enregistrée au tribunal le 10 octobre 2024, a été formée au-delà du délai de recours contentieux de quinze jours mentionné à l'article R.133-3 du code de sécurité sociale. Dès lors, les conclusions de la requête concernant l'opposition à la contrainte du 28 mars 2024 émise à l'encontre de l'intéressée en vue du recouvrement des indus de prime d'activité versée pour un montant total de 3 151,83 euros sont irrecevables et doivent être rejetées pour tardiveté.

ORDONNE

Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme C en tant qu'elles sont dirigées à l'encontre de la contrainte émise pour le recouvrement de la pénalité majorée d'un montant total de 770 euros sont rejetées comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Les conclusions de la requête de Mme C en tant qu'elles sont dirigées à l'encontre de la contrainte émise pour le recouvrement des indus de prime d'activité d'un montant total de 3 151,83 euros sont rejetées comme étant irrecevables.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C.

Fait à Nice, le 9 décembre 2024.

Le président du tribunal,

signé

M. A

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier.

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