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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2406064

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2406064

jeudi 17 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2406064
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantKRID

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de M. B, ressortissant tunisien, qui contestait un arrêté du préfet de police de Paris l’obligeant à quitter le territoire français sans délai et avec une interdiction de retour d’un an. Le requérant invoquait une atteinte à sa vie privée et familiale au titre de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, ainsi qu’une erreur manifeste d’appréciation. Le tribunal a estimé que M. B n’apportait aucune pièce justifiant de la réalité de ses attaches familiales en France, et a donc jugé que la mesure n’était pas disproportionnée. La décision s’appuie sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur la convention européenne des droits de l’homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 octobre 2024, après renvoi du tribunal administratif de Paris de la requête initialement enregistrée le 15 octobre 2024 sous le n° 2427637, M. C B, ressortissant tunisien, représenté par M. A, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2024 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire à destination de son pays d'origine et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de son dossier et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 janvier 2025, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement informées du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 26 juin 2025 le rapport de M. Taormina, président-rapporteur, M. B et le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présents, ni représentés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

2. Si M. B, ressortissant tunisien né le 28 juin 2006, soutient que sa cellule familiale est constituée en France notamment du fait de la présence de son oncle sur le territoire et que la décision litigieuse porte nécessairement une atteinte excessive à son droit de mener une vie privée et familiale normale, il ne l'établit pas, ce dernier ne versant aucune pièce au dossier. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

3. Par ailleurs, pour le même motif indiqué au point précédent, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de M. B.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ensemble ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de police.

Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et au préfet des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 26 juin 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Taormina, président,

- Mme Zettor, première conseillère,

- Mme Chevalier, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2025.

Le président-rapporteur, L'assesseure la plus ancienne,

signé signé

G. Taormina V. Zettor

La greffière,

signé

Ch. Martin

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation, la greffière.

N°2406064

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