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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2406616

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2406616

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2406616
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, statuant par ordonnance, a été saisi par M. B d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 27 novembre 2024 ordonnant son maintien en rétention malgré sa demande d’asile. Le juge a constaté que l’intéressé avait été expulsé vers le Kazakhstan le 16 décembre 2024, rendant sans objet ses conclusions en annulation, injonction et astreinte. En application des articles L. 754-3 et R. 922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, il a prononcé un non-lieu à statuer sur ces demandes et rejeté le surplus des conclusions, tout en admettant provisoirement M. B à l’aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2024, M. A B demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 27 novembre 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a décidé son maintien en rétention nonobstant sa demande de protection internationale ;

3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes d'enregistrer sa demande de protection internationale et de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile, à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Nice a désigné M. Garcia, conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu du 3° de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles sont applicables aux décisions de maintien en rétention prévues par l'article L. 754-3 de ce code, le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet peut, par ordonnance, constater qu'il n'y a plus lieu de statuer un recours. Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du code de justice administrative à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur le surplus des conclusions :

3. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 27 novembre 2024, le préfet des Alpes-Maritimes a maintenu M. B au centre de rétention administrative de Nice, nonobstant sa demande d'asile en date du 18 octobre 2024. Il ressort également des pièces du dossier que M. B a été embarqué, sous escorte, le 16 décembre 2024 à 11 heures pour un vol à destination du Kazakhstan. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte formulées à l'encontre de l'arrêté de maintien en rétention administrative sont devenues postérieurement à l'introduction de la requête sans objet. Il n'y a dès lors, plus lieu d'y statuer.

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte présentées par M. B.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice.

Fait à Nice, le 27 décembre 2024.

Le magistrat désigné par la présidente du tribunal,

signé

A. GARCIA

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière,

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