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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2406637

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2406637

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2406637
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante algérienne, qui demandait le renouvellement de son certificat de résidence. Le juge a estimé que la condition d'urgence particulière, nécessaire à l'intervention d'une mesure dans un délai de 48 heures, n'était pas établie par des éléments concrets, malgré la perte de droits sociaux et l'angoisse invoquées. La requérante a été invitée à saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du même code si une urgence moins extrême était avérée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2024, Mme A B épouse C, représentée par Me Trifi, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer le certificat de résidence valable 10 ans de plein droit dans le délai de 48 heures, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la signification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer dans l'attente un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail ou l'attestation de prolongation d'instruction ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requérante soutient :

- Que la carence de l'administration dans le renouvellement son certificat de résidence la prive de son droit à l'allocation d'aide de retour à l'emploi et a suspendu ses droits à la sécurité sociale ; que la condition d'urgence est donc remplie ; qu'elle vit dans l'angoisse à l'idée de sortir de chez elle et de ne pas être en mesure de présenter un document de séjour valide en cas de contrôle d'identité ;

- Qu'elle subit une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, à sa liberté d'aller et de venir.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Soli, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante algérienne, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de renouveler son certificat de résidence ou de lui délivrer un document provisoire dans l'attente dudit renouvellement.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

4. En distinguant deux procédures prévues respectivement par les articles L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative, le législateur a entendu répondre à des situations différentes. Les conditions auxquelles est subordonnée l'application de ces dispositions ne sont pas les mêmes, non plus que les pouvoirs dont dispose le juge des référés. En particulier, l'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions citées au point 2 de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l'urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l'urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l'intervention du juge dans des délais extrêmement brefs.

5. Mme B soutient que la carence du préfet des Alpes-Maritimes dans le renouvellement de son certificat de résidence la place dans une situation d'urgence dans la mesure où elle ne peut plus bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi et où ses droits à la sécurité sociale ont été suspendus. Par ailleurs, elle soutient que sans document attestant de la régularité de son séjour, elle vit dans l'angoisse d'un contrôle à l'extérieur de son domicile alors qu'elle est enceinte. Toutefois, la requérante ne justifie par aucun élément propre à l'espèce qu'elle se trouve dans une situation d'extrême urgence nécessitant l'intervention du juge des référés dans le délai de 48 heures prévu par l'article L.521-2 du code de justice administrative.

6. Au demeurant, si une urgence, autre que celle nécessitant l'intervention du juge des référés dans un délai de 48 heures, est avérée, il est loisible à la requérante de saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative afin qu'il soit enjoint aux services préfectoraux de lui délivrer le récépissé ou l'attestation de prolongation d'instruction sollicité.

7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition relative à l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à l'exercice d'une liberté fondamentale, que la requête de Mme B doit être, par application de la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, rejetée en toutes ses conclusions y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B épouse C.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 2 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

P. Soli

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière,

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