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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2406645

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2406645

vendredi 13 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2406645
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du 31 juillet 2024 par laquelle le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de délivrer une carte professionnelle à M. B. Le juge a estimé que le requérant ne remplissait pas la condition de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, qui exige la possession d'un titre de séjour depuis au moins cinq ans pour les ressortissants étrangers. M. B ne justifiant que d'un titre de séjour délivré en avril 2024, le moyen tiré de la méconnaissance de cette disposition n'était pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. Les autres moyens soulevés (incompétence, défaut de motivation, absence de procédure contradictoire) ont également été écartés.

Texte intégral

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2405263, enregistrée le 17 septembre 2024, qui tend à l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de procédure pénale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Pascal, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 décembre 2024, tenue à 10 00 en présence de Mme Bianchi, greffière d'audience :

- le rapport de M. Pascal, juge des référés ;

- les observations de Me Persico, qui substitue Me Fonkoue pour M. A B, qui reprend les moyens et arguments de sa requête et fait valoir, en outre, qu'il a toujours été en situation régulière, qu'il vit en France depuis l'âge de 3 ans, soit depuis 58 ans. On l'a autorisé à suivre la formation pour bénéficier de la carte professionnelle en considérant donc qu'il remplit les conditions pour l'obtenir et on lui refuse la délivrance au motif qu'il ne remplirait pas les conditions.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique à 10 h 20.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 31 juillet 2024 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de lui délivrer une carte professionnelle.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes ". Aux termes de l'article L. 612-20 du même code : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () 4° bis Pour un ressortissant étranger ne relevant pas de l'article L. 233-1du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, s'il n'est pas titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour () ".

4. Il résulte de l'instruction que le directeur du CNAPS a fondé son refus au motif que le requérant, qui n'était pas titulaire d'un titre de séjour au cours de la période du 25 novembre 2006 au 24 avril 2023, ne dispose pas d'un titre de séjour depuis au moins 5 ans et ne satisfait pas dès lors à la condition posée au 4 bis de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.

5. Si M. B fait valoir qu'il a été titulaire d'un document l'autorisant à séjourner en France pendant une période totale supérieure à cinq ans, sans l'établir au demeurant, il ne conteste pas utilement qu'il ne remplit pas la condition posée au 4 bis de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure. Il ne verse, en effet, au dossier qu'un titre de séjour, délivré le 25 avril 2024, soit depuis quelques mois seulement à la date de la décision en litige. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure n'est, dès lors, pas nature à créer un doute sérieux quant à la légalité du refus qui a été opposé au requérant. Il en va de même des moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, du défaut de motivation de la décision du 31 juillet 2024, de l'absence de procédure contradictoire et l'atteinte au principe de sécurité, qui ne sont pas non plus de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

6. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, que les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision du 31 juillet 2024 doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions susvisées à fin d'injonction sous astreinte présentées par le requérant.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CNAPS, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. B demande le versement au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au conseil national des activités privées de sécurité.

Fait à Nice, le 13 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

F. Pascal

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière.

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