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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2406659

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2406659

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2406659
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantBOUHANI MOHAMED

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice a rejeté comme tardive la requête de M. A B, qui contestait un arrêté du préfet du Var du 3 septembre 2024 lui retirant sa carte de résident et lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le juge a estimé que l'arrêté avait été régulièrement notifié à la dernière adresse connue de l'administration, le 5 septembre 2024, et que le délai de recours de trente jours prévu à l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile était expiré lors de l'enregistrement de la requête le 26 novembre 2024. En application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée comme manifestement irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 28 novembre 2024, le président de la 2ème chambre du tribunal administratif de Toulon a renvoyé la requête de M. B, enregistrée sous le numéro 2403895 le 26 novembre 2024, au tribunal administratif de Nice.

Par cette requête, enregistrée le 29 novembre 2024 au greffe du tribunal administratif de Nice, M. A B, représenté par Me Bouhani, demande au tribunal :

- d'annuler l'arrêté du 3 septembre 2024 par lequel le préfet du Var lui a retiré sa carte de résident, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a fixé le pays de destination ;

- d'ordonner une astreinte de 200 euros par jour à compter de la décision à intervenir ;

- et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision ". Et aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

3. En l'espèce, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 septembre 2024 par lequel le préfet du Var lui a retiré sa carte de résident, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a fixé le pays de destination. S'il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué n'a pas été notifié au requérant, qui fait valoir qu'il avait changé d'adresse, il est toutefois constant qu'il n'a avisé la préfecture du Var d'aucun changement d'adresse, qui lui a donc régulièrement adressé l'arrêté en cause, en lettre recommandée avec avis de réception, à la dernière adresse connue de l'administration. Ainsi, le pli postal contenant l'arrêté attaqué doit être regardé comme ayant été régulièrement notifié au requérant dès la date de sa présentation. Dans ces conditions, la présente requête, qui a été enregistrée sous le numéro 2403895 le 26 novembre 2024 au greffe du tribunal administratif de Toulon, l'a été postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux, lequel avait commencé à courir à compter de la date du 6 septembre 2024, dès lors que qu'il est constant que la présentation du pli contenant l'arrêté en cause a eu lieu le 5 septembre 2024. Par suite, ladite requête est irrecevable comme tardive et doit dès lors être rejetée, en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du Var.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Fait à Nice, le 19 décembre 2024.

Le président de la 2ème chambre

signé

F. Silvestre-Toussaint-Fortesa

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière

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