vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2406691 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GARCIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Garcia, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension des effets de l'arrêté du 12 novembre 2024 prescrivant la mise en sécurité du terrain en cours de construction situé au 783, Avenue des Templiers, à Vence (parcelles cadastrées section AX n°350 et n°351), jusqu'à ce qu'il soit statué sur la légalité dudit arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vence une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que les travaux devant être faits, sous peine de sanctions pénales, lui causeraient un préjudice financier important (à hauteur de la somme de 38 940 euros), et auraient aussi pour conséquence d'empêcher l'expert désigné par l'ordonnance du 7 novembre 2024 du tribunal judiciaire de Grasse de réaliser sa mission, dans un délai de dix mois, aux fins de constater les désordres invoqués par les époux C sur le chantier en cause ;
- les moyens tirés de l'insuffisance de motivation, de l'erreur de droit sur le fondement des articles L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation et L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales, ainsi que de l'erreur d'appréciation sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2406690 par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté attaqué.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. M. B A demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension des effets de l'arrêté du 12 novembre 2024 prescrivant la mise en sécurité du terrain en cours de construction situé au 783, Avenue des Templiers, à Vence (parcelles cadastrées section AX n°350 et n°351), jusqu'à ce qu'il soit statué sur la légalité dudit arrêté.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de l'arrêté litigieux, le requérant soutient que les travaux devant être faits en raison dudit arrêté, et sous peine de sanctions pénales, lui causeraient un préjudice financier important (à hauteur de la somme de 38 940 euros), et auraient aussi pour conséquence d'empêcher l'expert désigné par l'ordonnance du 7 novembre 2024 du tribunal judiciaire de Grasse de réaliser sa mission, dans un délai de dix mois, aux fins de constater les désordres invoqués par les époux C, voisins du chantier en cause. Toutefois, et d'une part, le requérant ne produit aucun élément relatif à sa situation financière, par le biais d'avis d'imposition ou d'attestation bancaire, et ne justifie ainsi pas de l'existence d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à ses intérêts économiques. D'autre part, il est constant que les travaux prescrits par l'autorité administrative visent à remédier au risque très important que représente les parcelles concernées eu égard aux désordres constatés sur lesdites parcelles, et quelles qu'en soient les causes. Un intérêt public important s'attache à la réalisation des travaux ordonnés par l'arrêté attaqué dans un court délai. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir d'une situation d'urgence pour l'application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'existence d'un moyen de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué, les conclusions du requérant tendant à la suspension de son exécution doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions formées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée pour information à la commune de Vence.
Fait à Nice, le 13 décembre 2024.
Le juge des référés,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
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