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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2406804

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2406804

lundi 23 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2406804
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
Formation3ème Chambre
Avocat requérantGUIGUI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, saisi d’une demande d’exécution de son jugement du 30 octobre 2023, constate que le préfet des Alpes-Maritimes n’a pas procédé au réexamen du titre de séjour de M. A, comme il y était enjoint. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal prononce une astreinte de 50 euros par jour à l’encontre du préfet, s’il ne justifie pas de l’exécution du jugement dans un délai de deux mois. Cette décision vise à contraindre l’administration à respecter l’injonction initiale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement n°2301527 du 30 octobre 2023, le tribunal administratif de Nice a, d'une part, annulé l'arrêté du 3 mars 2023 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté la demande de titre de séjour de M. B A, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, et, d'autre part, a enjoint à cette même autorité, de procéder à un nouvel examen de la demande de titre de séjour de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 2 févier 2024 et 7 novembre 2024, M. A, représenté par Me Guigui, demande au tribunal de prendre toutes les mesures utiles pour assurer l'exécution du jugement n°2301527 du 30 octobre 2023.

Il soutient que le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas assuré l'exécution du jugement n°2301527 du 30 octobre 2023.

Par une ordonnance du 9 décembre 2024, la présidente du tribunal administratif de Nice a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique du 21 mai 2025 le rapport de Mme Marianne Pouget, présidente-rapporteure.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".

2. Par un jugement n°2301527 du 30 octobre 2023, le tribunal administratif de Nice a, d'une part, annulé l'arrêté du 3 mars 2023 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté la demande de titre de séjour de M. A, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, et, d'autre part, a enjoint à cette même autorité, de procéder à un nouvel examen de la demande de titre de séjour de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement.

3. Il résulte de l'instruction qu'à la date de la présente décision, le préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas présenté d'observations en défense, n'a pas pris les mesures propres à assurer l'exécution du jugement du 30 octobre 2023 en tant qu'il lui enjoint de procéder à un nouvel examen de la demande de titre de séjour de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer à l'encontre du préfet des Alpes-Maritimes, à défaut pour ce dernier de justifier de l'exécution du 30 octobre 2023, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, une astreinte de 50 euros par jour jusqu'à la date à laquelle le jugement du 30 octobre 2023 aura reçu exécution.

D E C I D E :

Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre du préfet des Alpes-Maritimes s'il ne justifie pas avoir, dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, exécuté le jugement n°2301527 du 30 octobre 2023, en tant qu'il lui enjoint de procéder à un nouvel examen de la demande de titre de M. A. Le taux de cette astreinte est fixé à 50 euros par jour, à compter de l'expiration du délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.

Article 2 : Le préfet des Alpes-Maritimes communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement mentionné à l'article 1.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M.B A et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 21 mai 2025 à laquelle siégeaient :

Mme Pouget, présidente ;

M. Holzer, conseiller ;

M. Loustalot conseiller ;

Assistés de Mme Katarynezuk, greffière

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juin 2025.

La présidente-rapporteureL'assesseur le plus ancien,

SignéSigné

M. Pouget M. Holzer

La greffière,

Signé

N. Katarynezuk

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation, la greffière,

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