vendredi 20 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2406934 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 décembre 2024, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 4 octobre 2024 par laquelle le président de l'Université Côte d'azur a rejeté sa demande d'inscription tardive en licence économie-gestion pour l'année universitaire 2024-2025.
Il soutient que :
- la décision attaquée le prive de la possibilité de poursuivre son parcours académique pour l'année universitaire 2024/2025 ;
- elle méconnaît le principe d'équité, en ne tenant pas compte des circonstances exceptionnelles et des éléments de force majeure qui l'ont empêché de s'inscrire dans les délais ;
- elle méconnaît le droit à l'éducation et la continuité de l'enseignement supérieur qui imposent à l'administration de prendre en considération des situations similaires et d'accorder des dérogations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2405670 tendant à l'annulation de la décision du président de l'Université Côte d'azur du 4 octobre 2024.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. d'Izarn de Villefort, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Pour l'application de ces dispositions, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Pour justifier l'urgence d'une suspension de l'exécution de la décision du 4 octobre 2024 par laquelle le président de l'Université Côte d'azur a rejeté sa demande d'inscription tardive en licence économie-gestion pour l'année universitaire 2024-2025, M. B fait valoir que cette décision le prive de la possibilité de poursuivre son parcours académique pour l'année universitaire 2024/2025, sans possibilité de rattrapage immédiat. Or, s'il indique qu'il a été empêché de déposer une demande d'inscription dans les délais, il se prévaut sur ce point de difficultés médicales ou personnelles en citant la survenance d'un incendie à son domicile, le 11 septembre 2023. Il joint aussi à sa requête un certificat médical non daté attestant, sans plus de précisions, qu'il a été empêché de " se présenter en juin pour raison de santé ". Il résulte cependant de l'instruction que ce n'est qu'après le rejet de ses candidatures à des préparations " ATS ", à une date non précisée, qu'il a présenté une demande d'inscription à l'université Côte d'azur, le 4 septembre 2024 seulement, la date de clôture des candidatures, rappelée dans la décision attaquée, étant fixée au 30 août 2024. Ainsi, le requérant s'est lui-même placé en situation d'urgence en tardant à présenter cette demande d'inscription. Les circonstances ainsi invoquées ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets de la décision attaquée. L'une des conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, il y a lieu, par suite, de rejeter sa requête, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Nice, le 20 décembre 2024.
Le juge des référés,
signé
P. d'Izarn de Villefort
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
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