jeudi 26 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2407117 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 décembre 2024, la société Full Market, représentée par Me Cassuto-Loyer, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, l'annulation de l'arrêté municipal N° 24/8969 de la ville de Cannes, en date du 25 octobre 2024 par lequel le maire de la ville de Cannes, a prononcé la fermeture des établissements de vente à emporter et épiceries de nuit, entre 00 H 30 et 07H30, dans certaines rues de Cannes, du 1er novembre 2024 au 30 avril 2025.
La société requérante soutient :
- Que la condition d'urgence est remplie ;
- Que l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation, porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale à savoir la liberté du commerce et de l'industrie ;
- Que l'épicerie de nuit qu'elle exploite boulevard de la République à Cannes n'est à l'origine d'aucun trouble pour les riverains, qu'elle n'a commis aucune infraction relevée par la police municipale ; qu'elle joue un rôle important dans le quartier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : "Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais" Si, en application de l'article L. 521-2 du même code, le juge des référés peut ordonner "toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale", il ne saurait, sans méconnaître l'article L. 511-1 précité et excéder sa compétence, prononcer l'annulation d'une décision administrative.
2. Il ressort des pièces du dossier que par une requête confuse, qui cite les articles L.521-1 et L.521-2 du CJA, alors que ces deux articles relèvent de procédures différentes, la société Full Market, qui exploite une épicerie, 56 boulevard de la République à Cannes, doit être regardée, puisque tel est le libellé du " par ces motifs " de ladite requête, comme demandant au juge des référés d' " annuler, sur le fondement de l'article L.521-2 du code de justice administrative l'arrêté municipal N° 24/8969 de la ville de Cannes, en date du 25 octobre 2024 par lequel le maire de la ville de Cannes, a prononcé la fermeture des établissements de vente à emporter et épiceries de nuit, entre 00 H 30 et 07H30, dans certaines rues de Cannes, du 1er novembre 2024 au 30 avril 2025 ". Il résulte de ce qui a été dit au paragraphe 1 qu'il n'entre pas dans l'office du juge des référés saisi, comme c'est le cas en l'espèce, sur le fondement de l'article L.521-2 du CJA de prononcer l'annulation d'une décision administrative. Au demeurant, il n'entre pas plus dans l'office du juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L.521-1 du CJA, de prononcer une telle annulation.
3. Aux de l'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " La requête de la société Full Market étant manifestement irrecevable, il y a lieu de la rejeter par application de l'article L.522-3 du CJA.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Full Market est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Full Market.
Copie en sera adressée à la commune de Cannes et au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 26 décembre 2024.
Le juge des référés,
signé
P. A
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
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