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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2407204

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2407204

mardi 4 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2407204
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantOLOUMI AVOCATS ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, a constaté que le préfet des Alpes-Maritimes n'avait pas exécuté une précédente ordonnance de référé du 26 novembre 2024, qui enjoignait la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour autorisant le requérant à travailler. Le récépissé délivré ne permettant pas l'exercice d'une activité professionnelle, le juge a prononcé une astreinte de 200 euros par jour de retard à l'encontre du préfet, à défaut d'exécution dans un délai de huit jours. L'État a également été condamné à verser 900 euros au requérant au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°2405576 du 26 novembre 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Nice, statuant sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative, a notamment enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à M. A B, dans le délai de huit jours suivant la notification de l'ordonnance, un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler.

Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 4, 9 et 20 décembre 2024 et 3 et 4 février 2025, M. A B, représenté par Me Della Monaca, demande au tribunal, en application des dispositions de l'article L.911-4 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à l'exécution de l'ordonnance n°2405576 du 26 novembre 2024, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que le récépissé délivré par le préfet des Alpes-Maritimes, valable jusqu'au 5 mars 2025, ne lui permet pas de travailler.

Par une ordonnance du 9 janvier 2025, la présidente du tribunal a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle, en application des articles L. 911-4 et R. 921-6 du code de justice administrative.

Vu :

- l'ordonnance n°2405576 du 26 novembre 2024 ;

- les pièces, enregistrées le 26 novembre 2024 et le 4 février 2025, produites par le préfet des Alpes-Maritimes ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Taormina, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-4 du code de justice administrative :

1. Il résulte de l'instruction, que si M. B a été mis en possession d'un récépissé de demande de titre de séjour valable du 6 septembre 2024 au 5 mars 2025, celui-ci ne lui permet pas de travailler. Dès lors, il y a lieu de considérer que le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas, en l'état du dossier, exécuté l'ordonnance n°2405576 du 26 novembre 2024. Dès lors, il y a lieu de prononcer à l'encontre du préfet des Alpes-Maritimes, à défaut pour ce dernier de justifier de l'exécution de ladite ordonnance dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une astreinte de 200 euros par jour de retard passé ce délai, jusqu'à la date à laquelle l'ordonnance n°2405576 du 26 novembre 2024 aura reçu exécution.

Sur les frais liés au litige :

2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, au profit de M. B, une somme de 900 euros, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre du préfet des Alpes-Maritimes, s'il ne justifie pas avoir, dans les huit jours suivant la notification de la présente ordonnance, exécuté l'ordonnance n°2405576 rendue le 26 novembre 2024 par le juge des référés du tribunal administratif de Nice et jusqu'à la date de cette exécution. Le taux de cette astreinte est fixé à 200 euros par jour, à compter de l'expiration dudit délai.

Article 2 : Le préfet des Alpes-Maritimes communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter l'ordonnance mentionnée à l'article 1er ci-dessus.

Article 3 : Il est mis à la charge de l'Etat une somme de 900 euros à verser à M. B, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 4 février 2025.

Le juge des référés,

signé

G. Taormina

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière.

N°2407204

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