vendredi 17 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2500213 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme GUILBERT |
| Avocat requérant | SERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 janvier 2025 et le 17 janvier 2025, M. A B, représenté par Me Lestrade, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 janvier 2025 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé son pays de renvoi et a prescrit à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de réexaminer sa situation et de lui délivrer, pour la durée du réexamen, une autorisation provisoire de séjour.
Il soutient que :
- L'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- Il est entaché d'un défaut de motivation ;
- Il est entaché d'un défaut d'examen ;
- Il est entaché d'erreur de fait et d'erreur de droit dès lors que le préfet n'a pas procédé aux démarches requises en vue de sa réadmission en Italie ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire et l'interdiction de retour :
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2025, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la SELARL Serfaty Venutti Camacho Cordier, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Guilbert, première conseillère, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guilbert, magistrate désignée,
- et les observations de Me Lestrade, représentant M. B, qui soutient que le requérant n'a pas été en mesure de produire un avis comed pour contredire celui des médecins de l'Ofii, que pour autant, les personnes atteintes de pathologies psychiques font l'objet de persécutions au Ghana et qu'il ne pourra y recevoir un traitement adapté à son état.
- le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant ghanéen, déclare être entré en France en 2024. Par un arrêté du 13 janvier 2025, dont il demande l'annulation, le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé son pays de renvoi et a prescrit à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans.
2. En premier lieu, l'arrêté en litige est signé par Mme C, cheffe du pôle ordre public de la préfecture des Alpes-Maritimes, qui justifie d'une délégation du 25 novembre 2024 régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial le 26 novembre 2024, à l'effet de signer les mesures d'éloignement. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit dès lors être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté en litige reprend en détail les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il rappelle, notamment, que M. B ne justifie de la présence d'aucune attache privée et personnelle en France, qu'il a toutes ses attaches familiales dans son pays d'origine, qu'il a fait l'objet d'une hospitalisation sans consentement, mais que les psychiatres qui l'ont examiné ont estimé que son état s'était stabilisé, de sorte qu'il a été mis fin à cette hospitalisation, que les éléments médicaux du dossier ne contre-indiquent pas l'éloignement à destination de son pays d'origine, où il n'est pas établi qu'il ne pourra recevoir un traitement approprié à son état, que sa présence constitue un risque pour l'ordre public, et qu'il ne justifie pas de garanties de représentation. Le moyen tiré du défaut de motivation manque dès lors en fait et doit être écarté.
4. En troisième lieu, contrairement aux allégations du requérant, il ressort des termes de la décision en litige que le préfet des Alpes-Maritimes a procédé à un examen particulièrement complet et sérieux de sa situation particulière.
5. En quatrième lieu, si le requérant soutient que le préfet aurait commis une erreur de droit en ne procédant pas aux démarches requises pour organiser sa remise aux autorités italiennes, se prévalant d'une présence dans ce pays en 2023, il a déclaré lors de son audition ne justifier d'aucun droit au séjour dans aucun pays de l'espace Schengen et être entré en France en 2006. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'il a fait l'objet, sous quatre identités différentes, de multiples interpellations sur le territoire français à compter de l'année 2008, ainsi que d'une obligation de quitter le territoire français en 2021. Au regard de ces éléments, M. B ne justifie pas qu'il serait réadmissible en Italie. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit dès lors être écarté.
6. En cinquième lieu, M. B, qui ne se prévaut d'aucune attache privée ou familiale en France, ni d'aucune intégration, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.
7. En sixième lieu, s'il soutient qu'en cas de renvoi dans son pays, il ne pourra faire l'objet de soins appropriés et fera l'objet de persécutions à raison de sa pathologie, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'avis délivré par le médecin de l'office français de l'immigration et de l'intégration le 15 janvier 2025 que M. B peut recevoir des soins appropriés à son état dans son pays, vers lequel il peut voyager sans risque. En se bornant à produire deux articles généralistes datés de 2017 et 2022, aux termes desquels certaines personnes atteintes de maladies mentales seraient, au Ghana, confiées à des centres dans lesquels ils seraient soumis à des maltraitances, en violation de la législation en vigueur, il n'établit pas qu'il serait personnellement exposé à de tels traitements. Il s'ensuit que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.
8. Il résulte de ce qui précède que sa requête doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Lu en audience publique le 17 janvier 2025.
La magistrate désignée,
signé
L. GuilbertLa greffière,
signé
V. Labeau
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun,
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation, la Greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026