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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2500486

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2500486

mercredi 25 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2500486
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de Mme A, ressortissante albanaise, contestant l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 27 décembre 2024 refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. La requérante invoquait une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a estimé que les éléments fournis, notamment une relation de concubinage récente et un investissement associatif, ne suffisaient pas à établir une résidence continue en France ni des motifs exceptionnels ou humanitaires justifiant un titre de séjour. La solution retenue est le rejet de l'intégralité des conclusions de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 janvier 2025, Mme B A représentée par Me Guillet, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 décembre 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sorin, présidente-rapporteure ;

- et les observations de Me Chadam-Coullaud substituant Me Guillet représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante albanaise née le 22 janvier 1986, a sollicité auprès du préfet des Alpes-Maritimes, la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 27 décembre 2024, le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, la requérante ne peut utilement soutenir que l'arrêté attaqué aurait méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle ne démontre pas avoir sollicité un titre de séjour sur ce fondement ni que le préfet aurait fondé sa décision sur ces dispositions.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. (). ".

4. En l'espèce, s'il ressort des pièces du dossier que la requérante est entrée en France le 23 décembre 2019, les pièces versées sont insuffisamment nombreuses, probantes et diversifiées pour établir le caractère continu de sa résidence en France depuis cette date. Par ailleurs, si la requérante soutient être en situation de concubinage avec un ressortissant français depuis mars 2024, cette relation, à la supposée établie, demeure récente et ne saurait constituer un motif exceptionnel d'admission au séjour. En outre, Mme A produit à l'appui de son recours des attestations faisant état de son intégration dans la communauté Emmaüs, de ses activités de bénévolat et de sa participation à des activités associatives et des relations avec différentes personnes de son entourage. Toutefois, ces éléments, s'ils justifient d'un investissement fort dans la vie associative, ne suffisent, à eux seuls, à caractériser une véritable intégration professionnelle et affective au sein de la société française. Par suite, Mme A ne peut être regardée comme justifiant de considérations humanitaires ou d'un motif exceptionnel au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut être qu'écarté.

5. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 4 juin 2025 à laquelle siégeaient :

- Mme Sorin, présidente,

- Mme Raison, première conseillère,

- M. Loustalot-Jaubert , conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2025

La présidente-rapporteure, L'assesseure la plus ancienne,

Signé Signé

G. Sorin L. Raison

La greffière,

Signé

S. Génovèse

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière.

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