jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2500656 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat M. Garcia |
| Avocat requérant | SERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 et 23 février 2025, M. E A B, représenté par Me Hanan Hmad, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2025, notifié le 4 février 2025, par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office, a prononcé une interdiction de retour de trois ans à son encontre, l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours et a fixé les modalités de cette assignation ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident ou à tout le moins de lui renouveler le titre de séjour qu'il a sollicité, à titre subsidiaire, en cas d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français, de réexaminer sa situation et de le munir dans cette attente d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, à titre très subsidiaire, en cas d'annulation du refus de délai de départ volontaire, de mettre fin à son assignation à résidence, et enfin, à titre infiniment subsidiaire, en cas d'annulation de la seule interdiction de retour, de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS) dans un délai de 8 jours ;
3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui restituer son passeport ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur les moyens dirigés contre l'ensemble des décisions querellées :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente, en l'absence d'une délégation de signature régulière et publiée ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation ainsi que d'un défaut d'examen sérieux ;
- il méconnaît le droit à être entendu, tel que garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, ainsi que la procédure contradictoire préalable prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il méconnaît l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- il remplit les conditions de délivrance d'une carte de résident ou d'une carte de séjour temporaire mention " parent d'un enfant français " ;
- il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- il méconnaît son droit à la vie privée et familiale, tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur le moyen dirigé uniquement contre la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- cette décision est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour, dès lors que le préfet a refusé le renouvellement de son titre de séjour motif pris de ce qu'il constitue une menace à l'ordre public ;
Sur le moyen dirigé uniquement contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, eu égard à l'atteinte disproportionnée que cette décision porte à son droit au respect de la vie privée et familiale ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2025 avant l'audience, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la SELARL Serfaty, Venutti, Camacho et Cordier, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier, notamment la mesure d'instruction diligentée le 24 février 2025 durant la matinée tendant à la production par les parties du jugement du tribunal correctionnel de Nice ayant abouti à la condamnation de M. A B.
Vu l'arrêt de la cour administrative d'appel de Paris rendu le 7 novembre 2024, portant le n° 24PA03224, classé C+.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code civil ;
- le décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Nice a désigné M. Arthur Garcia, conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 février 2025 qui s'est tenue à 14 heures 30 en présence de Mme Masse, greffière d'audience :
- le rapport de M. Garcia, magistrat désigné, et les questions posées tendant à savoir d'une part, s'il existait un lien de parenté entre Mme C et M. A B, et d'autre part, les faits précis ayant donné lieu à la condamnation pénale de l'intéressé ;
- les observations de Me Hanan Hmad, représentant M. A B, présent, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens et soutient en outre que M. A B est parent d'un enfant français D, qui n'a plus de liens avec sa mère depuis qu'il a atteint l'âge de trois ans ; il vit avec son enfant ; une possibilité de délégation de l'autorité parentale à Mme F, belle-mère de l'enfant, a été envisagée ; l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait dès lors que l'enfant n'est pas placé auprès de la fondation de Nice-Actes Pélican mais chez son père dans le cadre d'une mesure d'assistance éducative, dont il a par ailleurs sollicité le renouvellement ; s'agissant du défaut de consultation de la commission du titre de séjour, il est attiré l'attention du tribunal sur le fait que le requérant est présent depuis plus de dix ans en France et remplit ainsi les conditions prévues à l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile justifiant la saisine de la commission ; s'agissant de la menace à l'ordre public, les faits ayant donné lieu à condamnation sont isolés et n'ont donné lieu qu'à un sursis simple, sans mise à l'épreuve ou obligation de soins ou de suivi socio-judiciaire ; ces faits relevaient de violences éducatives " ordinaires " sur son fils, qui avait consulté des films à caractère pornographique ; les faits pour lesquels M. A B a été condamné ne se sont plus reproduits par la suite ; il a toutefois été précisé par une lettre du conseil de M. A B, dont le contenu a été réitéré à la barre, que le requérant n'avait plus en sa possession le jugement du tribunal correctionnel de Nice ;
- les observations de M. A B, qui a précisé que Mme C était sa sœur ;
- le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 15 heures 11, en application des dispositions de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. E A B, ressortissant comorien né le 15 janvier 1975, est entré sur le territoire français le 1er janvier 1996, et a été mis en possession de cartes de séjour temporaires entre le 25 juin 2013 et le 18 décembre 2021, ainsi qu'une carte de séjour pluriannuelle entre le 11 décembre 2021 et le 12 décembre 2023, dont il a sollicité le renouvellement. Toutefois, par un arrêté du 21 janvier 2025, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet des Alpes-Maritimes, a rejeté sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office, a prononcé une interdiction de retour de trois ans à son encontre, l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours et a fixé les modalités de cette assignation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Aux termes de l'article L. 423-10 du même code : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France et titulaire depuis au moins trois années de la carte de séjour temporaire prévue à l'article L. 423-7 ou d'une carte de séjour pluriannuelle délivrée aux étrangers mentionnés aux articles L. 423-1, L. 423-7 et L. 423-23, sous réserve qu'il continue de remplir les conditions prévues pour l'obtention de cette carte de séjour, se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans. La délivrance de cette carte de résident est subordonnée au respect des conditions d'intégration républicaine prévues à l'article L. 413-7. L'enfant visé au premier alinéa s'entend de l'enfant ayant une filiation légalement établie, y compris l'enfant adopté, en vertu d'une décision d'adoption, sous réserve de la vérification par le ministère public de la régularité de cette décision lorsqu'elle a été prononcée à l'étranger. ". Aux termes de l'article L. 412-5 de ce code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". ". Aux termes de l'article L. 432-13 du même code : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue [à l'article] () L. 423-7 () à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil, inséré au sein du titre IX du livre Ier de ce code, relatif à l'autorité parentale : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. Cette obligation ne cesse de plein droit ni lorsque l'autorité parentale ou son exercice est retiré, ni lorsque l'enfant est majeur. ". Aux termes de l'article 375 de ce code : " Si la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur non émancipé sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises, des mesures d'assistance éducative peuvent être ordonnées par justice à la requête des père et mère conjointement, ou de l'un d'eux, de la personne ou du service à qui l'enfant a été confié ou du tuteur, du mineur lui-même ou du ministère public. Dans les cas où le ministère public a été avisé par le président du conseil départemental, il s'assure que la situation du mineur entre dans le champ d'application de l'article L. 226-4 du code de l'action sociale et des familles. Le juge peut se saisir d'office à titre exceptionnel. () ". L'article 375-1 du même code dispose : " Le juge des enfants est compétent, à charge d'appel, pour tout ce qui concerne l'assistance éducative. () Lorsque l'intérêt de l'enfant l'exige, le juge des enfants, d'office ou à la demande du président du conseil départemental, demande au bâtonnier la désignation d'un avocat pour l'enfant capable de discernement et demande la désignation d'un administrateur ad hoc pour l'enfant non capable de discernement. ". Enfin, aux termes de l'article 375-8 du même code : " Les frais d'entretien et d'éducation de l'enfant qui a fait l'objet d'une mesure d'assistance éducative continuent d'incomber à ses père et mère ainsi qu'aux ascendants auxquels des aliments peuvent être réclamés, sauf la faculté pour le juge de les en décharger en tout ou en partie. ".
3. D'une part, si le préfet n'est tenu de saisir la commission que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues par ces textes auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non de celui de tous les étrangers qui s'en prévalent, la circonstance que la présence de l'étranger constituerait une menace à l'ordre public ne le dispense pas de son obligation de saisine de la commission. Il en va, en particulier, ainsi du cas de l'étranger qui sollicite le renouvellement d'une carte de séjour temporaire obtenue sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-7 précité, qui continue de remplir les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire dont il était précédemment titulaire et pour lequel l'autorité administrative envisage de refuser de renouveler son titre de séjour en lui opposant la réserve liée à l'ordre public prévue à l'article L. 412-5 précité.
4. D'autre part, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. L'application de ce principe n'est pas exclue en cas d'omission d'une procédure obligatoire, à condition qu'une telle omission n'ait pas pour effet d'affecter la compétence de l'auteur de l'acte.
5. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser le renouvellement du titre de séjour considéré, le préfet des Alpes-Maritimes a relevé dans son arrêté que le requérant ne démontrait pas remplir les conditions fixées par les dispositions précitées de l'article L. 423-7, l'enfant D, de nationalité française et né en 2012, ayant été placé sous administrateur ad hoc sous le couvert de la fondation Nice-Actes Pélican. Le préfet des Alpes-Maritimes a également relevé que M. A B a été condamné le 8 mars 2022 par le tribunal correctionnel de Nice à une peine de huit mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de violence sans incapacité sur un mineur de moins de quinze ans - son fils D - par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime, et qu'ainsi le comportement de l'intéressé constituerait une menace pour l'ordre public. Toutefois, s'agissant du premier motif relevé par le préfet des Alpes-Maritimes, il résulte des termes mêmes de l'article 375-1 du code civil que la désignation d'un administrateur ad hoc ne vaut que dans le cadre de la procédure juridictionnelle afférente aux mesures d'assistance éducative. L'administrateur ad hoc est ainsi chargé de représenter les intérêts de l'enfant dans le cadre de cette procédure, et non de contribuer à son entretien. Or, il ressort des pièces du dossier que l'enfant D a fait l'objet d'une ordonnance de placement en urgence à l'aide sociale à l'enfance compte tenu des faits reprochés à son père, puis par un jugement du 13 juillet 2022 du juge des enfants du tribunal judiciaire de Nice, il a fait l'objet d'un placement séquentiel chez M. A B jusqu'au 31 août 2022, lequel est devenu un placement éducatif à domicile à compter du 1er septembre 2022. Cette dernière mesure d'assistance éducative a été renouvelée par divers jugements successifs, et en dernier lieu par un jugement du 13 juin 2024 prononçant le renouvellement jusqu'au 30 juin 2025. Il est ainsi suffisamment établi que l'enfant D, qui est mineur, réside chez son père à Nice depuis au moins deux ans à la date d'édiction de l'arrêté en litige. Il ressort en outre des pièces du dossier, notamment des bulletins de salaire édictés par la société La Cantina du Cap, puis par l'agence Monte Carlo Intérim Bâtiment, que M. A B, qui vit avec Mme F et son fils D, est le seul membre du foyer qui travaille. Il établit ainsi travailler avec constance entre le 1er juin 2021 et le 17 avril 2023 pour la société La Cantina du Cap, puis depuis le 1er juin 2023 avec l'agence Monte Carlo Intérim Bâtiment. Il ressort des bulletins de salaire versés au débat contradictoire que l'intéressé retire une rémunération suffisante pour subvenir aux besoins de son foyer, et en particulier de son fils D, qui est porteur d'un handicap important. Si l'enfant continue, à la date d'édiction de l'arrêté attaqué, de faire l'objet d'une mesure d'assistance éducative, une telle circonstance est toutefois sans incidence sur l'autorité parentale de M. A B et sur l'obligation qui en découle de contribuer à l'entretien et l'éducation de son fils D, ainsi que cela résulte des dispositions de l'article 375-8 du code civil. Dans ces conditions, M. A B établit suffisamment contribuer à l'entretien et l'éducation de son fils depuis au moins deux ans, de sorte qu'il remplit les conditions pour bénéficier de la carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que le préfet des Alpes-Maritimes était tenu de saisir la commission du titre de séjour de la situation de M. A B, ainsi que les dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le prévoient, sans qu'y fasse obstacle la menace à l'ordre public que représenterait l'intéressé. Or, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet des Alpes-Maritimes aurait effectivement saisi cette commission préalablement à l'édiction de l'arrêté en litige. Il en résulte que cet arrêté, en tant qu'il porte refus de renouvellement d'un titre de séjour, est nécessairement entaché d'un vice de procédure, lequel est de nature à priver M. A B d'une garantie. Il y a donc lieu d'annuler la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour.
6. Il résulte de ce qui vient d'être exposé aux points précédents que la décision refusant le renouvellement d'un titre de séjour est entachée d'illégalité, ce qui prive de toute base légale les décisions subséquentes portant obligation de quitter le territoire français, refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, fixation du pays à destination, édiction d'une interdiction de retour et assignation à résidence. Par suite, il y a également lieu d'annuler par voie de conséquence les autres décisions contenues dans l'arrêté querellé.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête que M. A B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 janvier 2025 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes, a rejeté sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office, a prononcé une interdiction de retour de trois ans à son encontre, l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours et a fixé les modalités de cette assignation.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues [à l'article] () L. 731-1 (), et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".
9. Les motifs précédemment exposés et qui emportent l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français impliquent nécessairement de mettre fin à la mesure d'assignation à résidence dont fait l'objet M. A B et d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il soit à nouveau statué sur son cas.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ". Aux termes de l'article R. 613-7 du même code : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement ". Aux termes de l'article 7 du décret du 28 mai 2010 : " Les données à caractère personnel enregistrées dans le fichier sont effacées sans délai en cas d'aboutissement de la recherche ou d'extinction du motif de l'inscription () ".
11. Le présent jugement annule l'interdiction de retour prise à l'encontre de M. A B et il résulte des dispositions citées au point précédent qu'une telle annulation implique nécessairement l'effacement sans délai du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen résultant de cette décision. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de mettre en œuvre sans délai la procédure d'effacement de ce signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente, les services de police et les unités de gendarmerie sont habilités à retenir le passeport ou le document de voyage des personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière. Ils leur remettent en échange un récépissé valant justification de leur identité et sur lequel sont mentionnées la date de retenue et les modalités de restitution du document retenu. ".
13. Il résulte de ce qui a été dit au point 9 du présent jugement que M. A B ne se trouve plus en situation irrégulière. Dans ces conditions, et dans la mesure où l'administration a fait usage des dispositions précitées, il y a également lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de restituer le passeport de M. A B dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais de l'instance :
14. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. A B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 21 janvier 2025 par lequel le préfet des Alpes Maritimes, a rejeté la demande tendant au renouvellement du titre de séjour de M. A B, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office, a prononcé une interdiction de retour de trois ans à son encontre, l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours et a fixé les modalités de cette assignation est annulé.
Article 2 : Il est mis immédiatement fin aux mesures de surveillance dont fait l'objet M. A B.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes, conformément à l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de délivrer sans délai à M. A B une autorisation provisoire de séjour et de statuer à nouveau sur sa situation.
Article 4 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes, conformément à l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de mettre en œuvre sans délai la procédure d'effacement de ce signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Article 5 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de restituer le passeport de M. A B dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. E A B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée pour information au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, ainsi qu'au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Nice, en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025.
Le magistrat désigné,
signé
A. GARCIA La greffière,
signé
M-C. MASSE
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
N°2500656
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026