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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2500803

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2500803

lundi 23 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2500803
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
Formation3ème Chambre
Avocat requérantCABINET CICCOLINI J. & C.A

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, saisi d’une demande d’exécution de son jugement du 12 juin 2024, a constaté que le préfet des Alpes-Maritimes n’avait pas pris les mesures nécessaires pour réexaminer la demande de carte de résident de dix ans de M. B. En application de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a prononcé une astreinte de 50 euros par jour de retard à l’encontre du préfet, passé un délai de deux mois suivant la notification de la décision. L’État a également été condamné à verser 800 euros à M. B au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement n° 2301658 rendu le 12 juin 2024 le tribunal administratif de Nice a, d'une part, annulé la décision implicite par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé la demande de " passage en carte de dix ans " de M. B et, d'autre part, enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au réexamen de la demande de M. B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Par une requête enregistrée le 13 février 2025 M. A B, représenté par Me Ciccolini, demande au tribunal d'ordonner l'exécution dudit jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas procédé à l'exécution du jugement du 12 juin 2024.

Par une ordonnance en date du 13 février 2025, la présidente du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 mai 2025 le rapport de Mme Marianne Pouget, présidente-rapporteure.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".

2. Il résulte de l'instruction, qu'à la date de la présente décision, le préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas présenté d'observations en défense, n'a pas pris les mesures propres à assurer l'exécution du jugement n° 2301658 rendu le 12 juin 2024 par le tribunal administratif de céans. Dès lors, il y a lieu de prononcer à l'encontre du préfet des Alpes-Maritimes, à défaut pour ce dernier de justifier de l'exécution dudit jugement dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, une astreinte de 50 euros par jour de retard passé ce délai, jusqu'à la date à laquelle ledit jugement aura reçu exécution.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre du préfet des Alpes-Maritimes, s'il ne justifie pas avoir, dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, exécuté le jugement n° 2301658 rendu le 12 juin 2024 par le tribunal administratif de Nice et jusqu'à la date de cette exécution. Le taux de cette astreinte est fixé à 50 euros par jour, à compter de l'expiration dudit délai.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 800 euros à M. B sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le préfet des Alpes-Maritimes communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement mentionné à l'article 1er ci-dessus.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 21 mai 2025 à laquelle siégeaient :

Mme Pouget, présidente ;

M. Holzer, conseiller ;

M. Loustalot conseiller ;

Assistés de Mme Katarynezuk, greffière

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juin 2025.

La présidente-rapporteur,L'assesseur le plus ancien,

SignéSigné

M. Pouget M. Holzer

La greffière,

Signé

N. Katarynezuk

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation, la greffière.

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