Le Tribunal Administratif de Nice a annulé l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 29 mai 2025 obligeant M. B... à quitter le territoire français. La décision était fondée sur une erreur de fait, le préfet ayant qualifié à tort le requérant de ressortissant moldave alors qu'il est de nationalité roumaine, donc citoyen de l'Union européenne. Cette erreur a entraîné l'application d'un régime juridique inapproprié, justifiant l'annulation de l'arrêté. Les textes appliqués sont le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 8 juin 2025 et le 8 septembre 2025, M. A... B... demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 29 mai 2025 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit en exécution de la mesure d’éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an.
Il soutient que :
- l’arrêté attaqué est entaché de plusieurs erreurs de fait dès lors que les mentions relatives à sa date de naissance et nationalité sont erronées ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation dès lors qu’il justifie d’une présence stable et régulière sur le territoire et qu’il a effectué des démarches d’insertion et d’intégration sociale.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui a produit un mémoire en défense tardif et non communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Soli, président-rapporteur ;
Considérant ce qui suit :
1. M. A... B..., ressortissant de nationalité roumaine né le 5 juillet 1997, demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 29 mai 2025 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit en exécution de la mesure d’éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an.
2. Alors que l’arrêté attaqué mentionne que le requérant est de nationalité moldave celui-ci établit par la production de sa carte d’identité qu’il est de nationalité roumaine et donc citoyen de l’Union européenne. Cette erreur, que le requérant se borne simplement à relever, compte tenu des conséquences qu’elle emporte sur le régime juridique qui lui est applicable est de nature à entacher d’erreur de fait la décision attaquée.
3. Il résulte de ce qui précède que M. B... est fondé à demander l’annulation de la décision attaquée.
D E C I D E :
Article 1er : L’arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 29 mai 2025 est annulé.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et au procureur de la république près le tribunal judiciaire de Nice.
Délibéré après l'audience du 9 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Soli, président-rapporteur,
Mme Duroux, première conseillère,
Mme Bossuet, conseillère.
Nice, le 30 septembre 2025.
Le président-rapporteur, L’assesseure la plus ancienne,
Signé signé
P. Soli
G. Duroux
La greffière,
signé
C. Ravera
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière.