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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2503213

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2503213

jeudi 12 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2503213
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantOLOUMI AVOCATS ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet du préfet des Alpes-Maritimes concernant la demande de titre de séjour de M. A D, ressortissant tunisien. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car le requérant, ne justifiant pas d'une entrée régulière en France, s'est placé lui-même dans la situation de précarité administrative et financière qu'il invoquait. La requête a été rejetée par ordonnance, sans audience, en application de l'article L.522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 juin 2025, M. A D, représenté par Me Oloumi, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de réexaminer sa demande dans le délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État, une somme de 2 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37-2 de la loi du 10 juillet 1991

Il soutient que :

1°) la condition d'urgence est remplie dès lors, que la décision en litige porte un préjudice grave et immédiat à sa situation individuelle en l'empêchant de travailler alors qu'il a une promesse d'embauche et le place dans une situation de grande précarité administrative ;

2°) la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation et d'une erreur de droit au regard des articles s L.233-1 et 2 du CESEDA de nature à créer un doute sérieux quant à sa légalité

.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 11 juin, sous le numéro 2503186 par laquelle M. A D demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L.521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L.522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". En application de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. En l'espèce, M. A D, ressortissant tunisien, dont la demande, formée le 18 novembre 2024, de titre de séjour en tant que conjoint d'une ressortissante de l'Union Européenne, en l'occurrence une citoyenne italienne qu'il a épousée le 6 juillet 2024, a fait l'objet d'une décision implicite de rejet prise par le préfet des Alpes-Maritimes, entend se prévaloir, pour établir la situation d'urgence au sens de l'article L.521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur la circonstance que cette décision l'empêche de travailler alors qu'il bénéficie d'une promesse d'embauche et le place dans une situation de grande précarité administrative et financière. Il ne ressort cependant pas des pièces du dossier et notamment du passeport de M. A D qui ne comporte pas de visa, que le requérant serait entré régulièrement en France. Il s'ensuit que le requérant, qui ne justifie d'ailleurs pas de sa date d'entrée sur le territoire, s'est placé lui-même dans la situation d'urgence dont il entend se prévaloir et qu'il n'y a, dès lors, pas lieu de regarder comme remplie la condition d'urgence posée par l'article L.521-1 du CESEDA.

3. Il y a donc lieu de rejeter, sur le fondement de l'article L.522-3 du code de justice administrative, la requête de M. A D dans toutes ses conclusions y compris celles aux fins d'injonction et celles concernant les frais de l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A D.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 12 juin 2025.

Le juge des référés,

signé

P. B

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière

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