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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2504663

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2504663

vendredi 28 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2504663
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantOLOUMI AVOCATS ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice a été saisi par M. et Mme D... d’une demande d’exécution d’un précédent jugement du 31 octobre 2024, qui avait annulé le refus de renouvellement de leurs titres de séjour et enjoint au préfet de leur délivrer une carte « vie privée et familiale ». Le tribunal constate que le préfet a délivré des cartes de séjour temporaires aux requérants avant l’introduction de leur requête en exécution. Faute pour les intéressés de prouver que ces titres ne correspondent pas à la mention ordonnée, le tribunal estime que le jugement a été exécuté et rejette leur requête comme irrecevable, sur le fondement de l’article L.911-4 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par un jugement n°2204272 rendu le 31 octobre 2024 le tribunal administratif de Nice a, d’une part, annulé les décisions des 12 et 14 avril 2022 par lesquelles le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté les demandes de renouvellement des cartes de séjour pluriannuelles de M. et Mme D..., et, d’autre part, enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de leur délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.


Par une requête enregistrée le 13 août 2025 M. B... D... et Mme A... C..., épouse D..., représentés par Me Oloumi, demande au tribunal :
1°) d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à l’exécution dudit jugement, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) de 1.500 € au profit de Me Oloumi, sous réserve de renonciation à l’aide juridictionnelle, en application des dispositions de l’article L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.

Ils soutiennent que le préfet des Alpes-Maritimes n’a toujours pas procédé à l’exécution dudit jugement.

Par une ordonnance en date du 19 août 2025, la présidente du tribunal administratif a décidé l’ouverture d’une procédure juridictionnelle.


La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience, en application de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement informées du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 6 novembre 2025 :
- le rapport de M. Taormina, président-rapporteur ;
- les observations de Me Oloumi pour M. et Mme D..., le préfet des Alpes-Maritimes n’étant présent, ni représenté.


Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l’article L.911-4 du code de justice administrative : « En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ».

2. Il résulte de l’instruction, que le 12 mai 2025, une carte de séjour temporaire a été délivrée à M. D... valable jusqu’au 10 avril 2026, et le 4 juillet 2025, à Mme C..., épouse D... valable jusqu’au 20 mai 2026, antérieurement à leur requête. Si c’est une carte de séjour mention « vie privée et familiale » dont la délivrance a été ordonnée, les requérants ne produisent pas en copie le titre de séjour qui leur a finalement été délivré, ne mettant dès lors, pas à même le tribunal de vérifier l’exécution littérale du jugement dont ils demandent l’exécution. Dès lors, et en l’état de la procédure, le préfet des Alpes-Maritimes doit être regardé comme ayant exécuté ledit jugement. Par suite, la requête est irrecevable faute d’objet et doit être rejetée en toutes ses conclusions.



D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. et Mme D... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... D..., à Mme A... C..., épouse D... et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et au bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice.




Délibéré après l'audience du 6 novembre 2025, à laquelle siégeaient :


M. Taormina, président,

Mme Zettor, première conseillère,

Mme Chevalier, première conseillère,


Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2025.



Le président-rapporteur,
signé
G. Taormina
L’assesseure la plus ancienne,
signé
V. Zettor


La greffière,


signé


C. Sussen


La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation, la greffière.



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