Recours de Mme A... contre une décision de la caisse d’allocations familiales des Alpes-Maritimes notifiant un trop-perçu. Le Tribunal administratif de Nice rejette la requête pour irrecevabilité manifeste, faute pour la requérante d’avoir produit la décision attaquée ou justifié d’un recours administratif préalable obligatoire, malgré une demande de régularisation. La solution est fondée sur les articles R. 222-1, R. 412-1 et R. 612-1 du code de justice administrative, ainsi que sur l’article L. 134-2 du code de l’action sociale et des familles.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 août 2025, Mme B... A... doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler une décision par laquelle la caisse d’allocations familiales des Alpes-Maritimes lui aurait notifié un trop-perçu.
Par un courrier du 18 août 2025, le tribunal a informé Mme B... A... qu’elle n’avait pas produit la décision attaquée et qu’elle n’avait pas formé de recours administratif préalable obligatoire auprès du président du conseil départemental en application de l’article L. 134-2 du code de l’action sociale et des familles. En conséquence, le greffe l’a invitée à régulariser sa requête dans un délai d’un mois.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ». Aux termes de l’article R. 412-1 du même code : « La requête doit, à peine d’irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l’acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l’article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / (…) ». Aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d’une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d’office cette irrecevabilité qu’après avoir invité leur auteur à les régulariser. / (…) ». Aux termes de l’article L. 134-2 du code de l’action sociale et des familles : « Les recours contentieux formés contre les décisions mentionnées à l'article L. 134-1 sont précédés d'un recours administratif préalable exercé devant l'auteur de la décision contestée. L'auteur du recours administratif préalable, accompagné de la personne ou de l'organisme de son choix, est entendu, lorsqu'il le souhaite, devant l'auteur de la décision contestée ». Aux termes de l’article L. 134-1 du même code : « Le contentieux relevant du présent chapitre comprend les litiges relatifs aux décisions du président du conseil départemental et du représentant de l'Etat dans le département en matière de prestations légales d'aide sociale prévues par le présent code ».
2. En dépit de la demande qui lui a été notifiée le 20 août 2025, laquelle est revenue au tribunal avec la mention « pli avisé et non réclamé », Mme B... A... n’a pas, à l’expiration du délai d’un mois qui lui était imparti, adressé au tribunal la décision attaquée, ni la décision rejetant son recours administratif préalable obligatoire, ou la preuve de l’envoi d’un tel recours resté sans réponse. Par suite, ses conclusions sont manifestement irrecevables et il y a lieu, dès lors, de rejeter la requête par application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Nice, le 23 octobre 2025.
La présidente,
signé
M. C...
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,