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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2505157

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2505157

lundi 29 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2505157
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantLLC & ASSOCIES AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... demandant la suspension de la décision du président de l'Université Nice-Côte d'Azur refusant son admission en première année de master de Droit privé. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment l'absence de signature électronique régulière, le défaut de base légale ou l'erreur manifeste d'appréciation, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La condition de doute sérieux requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, la demande de suspension a été rejetée, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

 

Par une requête enregistrée le 6 septembre 2025 Mme A... C..., représentée par Me Verdier, demande au juge des référés :

1°) de lui accorder le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L.521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 2 juin 2025 par laquelle la présidente de l’Université Nice-Côte d’Azur a refusé son admission en première année de master de Droit privé ;

3°) d’enjoindre au chef d'établissement de procéder à son inscription dans la formation de Master souhaitée dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance, à titre provisoire et dans l'attente du jugement au fond ;

4°) de mettre à la charge de l’Université Nice-Côte d’Azur la somme de 2 000 euros à régler directement à Me Verdier en application des dispositions des articles 37 de la loi du10 juillet 1991 sur I aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la date de notification de la décision n’est pas connue et n’est pas conforme à l’article R. 751-4-1 du code de justice administrative ;

- la condition d’urgence est présumée remplie pour le refus d’admission en Master qui a pour conséquence de la priver de la possibilité de poursuivre ses études, aucune admission ne lui ayant été proposée ; la décision a pour conséquence de faire obstacle à la réalisation de son projet professionnel dès lors que la validation d'au moins une première année de Master est désormais obligatoire ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en l’absence de signature électronique régulière ; aucune mention d'un jury n'apparaît sur la décision, aucune information à disposition du public ne permet de vérifier quelle procédure a été mise en place, et si elle a été correctement suivie. La carence d'information ne permet pas de disposer des éléments utiles à la vérification de la régularité de la procédure ; la décision manque de base légale en l’absence de délibération du conseil d'administration prise en application de l’article L. 612-6 du code de l'éducation ; le président de l’université n’a pas exercé son pouvoir d’appréciation et a méconnu l'étendue de sa compétence. La décision est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire, enregistré le 24 septembre 2025, le président de l’Université Nice-Côte d’Azur conclut à titre principal au rejet de la requête ; subsidiairement à ce qu’il soit enjoint à l’établissement de procéder au réexamen de la demande d’autorisation d’inscription dans un délai qui ne saurait être inférieur à 15 jours.

Il fait valoir qu’il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.

 

Vu :

-  les autres pièces du dossier ;

-   la requête n° 2505103 par laquelle Mme C... demande l’annulation de la décision attaquée.

 

  

Vu :

-       le code de l’éducation ;

-       le code des relations entre le public et l’administration ;

-       la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;

-       le code de justice administrative.

 

La présidente du tribunal a désigné M. Myara, vice-président, pour statuer sur les requêtes en référés.

 

Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience publique du 25 septembre 2025 à 9h30.

 

Ont été entendus au cours de l’audience publique, tenue en présence de Mme Genovèse, greffière d’audience :

- le rapport de M. Myara, juge des référés ;

- les observations de M. B..., représentant le président de l’Université Nice-Côte d’Azur ;

Mme C... n’étant ni présente ni représentée à l’audience.

 

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.

 

 

Considérant ce qui suit :

 

1.Mme C... a sollicité auprès de l’Université Nice-Côte d’Azur son inscription en première année de master de Droit privé au titre de l’année 2025-2026. Par une décision du 2 juin 2025, le président de l’université a refusé son admission à cette formation. Par la présente requête Mme C... demande au juge des référés de suspendre l’exécution de ces décisions.

2. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par Mme C..., rappelés dans les visas de la présente ordonnance, ne paraît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du président de l’Université Nice-Côte d’Azur en date du 2 juin 2025.

3. L’une des conditions auxquelles les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent la suspension d’une décision administrative n’est pas remplie. Les conclusions de la requête de Mme C... présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d’injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ne peuvent, par suite et sans qu’il soit besoin de statuer sur la condition d’urgence, qu’être rejetée, sans qu’il y ait lieu d’admettre l’intéressée au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

  

O R D O N N E :

 

 Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.

 

 

Article 2 :  La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... C... et à l’Université Nice-Côte d’Azur.

Copie en sera adressée à la rectrice de l’académie de Nice.

Fait à Nice, le 29 septembre 2025.

 

Le juge des référés,

 

signé

MYARA  

  

La République mande et ordonne à la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

 

Pour expédition conforme,

P/Le greffier en chef,

La greffière

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