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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2506223

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2506223

jeudi 23 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2506223
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantKOVALEFF

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du 14 août 2024 du préfet des Alpes-Maritimes refusant un titre de séjour à M. B... et l'obligeant à quitter le territoire. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, le requérant ne justifiant pas de circonstances particulières malgré son emploi dans la restauration, et que l'obligation de quitter le territoire relevait d'une procédure spécifique avec effet suspensif. La requête a été rejetée comme manifestement dépourvue d'urgence et irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 octobre 2025, M. A... C... B..., représenté par Me Kovaleff, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 14 août 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale », sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir, subsidiairement, de procéder à un nouvel examen de sa demande, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dès notification de ce jugement ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son avocate.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que la décision attaquée risque de lui faire perdre son emploi ;
- l’arrêté attaqué est entaché de l’incompétence de son auteur ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2503839 tendant à l’annulation de l’arrêté du 14 août 2024.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. d’Izarn de Villefort, vice-président, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
2. M. B... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 14 août 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour et, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
3. En premier lieu, l’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Il résulte en l’espèce de l’instruction que M. B..., né le 31 août 1993 et qui a déclaré être entré en France le 15 octobre 2015, n’a jamais cherché à régulariser sa situation avant de présenter un demande d’admission exceptionnelle au séjour le 4 janvier 2024. S’il fait valoir qu’il a été titulaire de plusieurs contrats de travail sur une période de trois ans dans le secteur de la restauration et qu’il dispose d’une promesse d’embauche dans le même domaine, ces circonstances ne sont pas de nature à justifier de l’urgence qui s’attacherait à la suspension des effets de la décision attaquée refusant sa demande de titre de séjour.
5. En second lieu, il n’appartient pas au juge des référés de suspendre les effets d’une obligation de quitter le territoire français et des décisions prises pour l’exécution de cette mesure, qui peuvent être contestées dans le cadre du recours spécial, instruit en urgence et ayant un effet suspensif, prévu par l’article L. 614-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et que M. B... a également introduit.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, la présente requête, qui est dépourvue d’urgence ou manifestement irrecevable, doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions à fin d’injonction et celles fondées sur les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.


O R D O N N E :




Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... B... et à Me Kovaleff.

Fait à Nice, le 23 octobre 2025.

Le juge des référés

signé

P. d’Izarn de Villefort









La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,

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