Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté comme irrecevable la requête de M. B..., ressortissant comorien, qui contestait un arrêté préfectoral du 29 août 2025 refusant son titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire. La requête a été jugée tardive car enregistrée le 24 octobre 2025, soit après l'expiration du délai de recours contentieux de trente jours suivant la notification de l'arrêté le 1er septembre 2025. Le tribunal a appliqué les articles R.222-1, R.776-2 et R.776-5 du code de justice administrative, ainsi que l'article L.614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête pour irrecevabilité manifeste.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 octobre 2025, M. A... B..., ressortissant comorien, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 29 août 2025 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de réexaminer sa demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R.222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ». Aux termes de l’article R. 776-2 du même code : « I.- Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L.611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. (…) ». L’article R. 776-5 de ce code dans sa version alors en vigueur dispose que : « I. – Le délai de recours contentieux de trente jours mentionné à l'article R. 776-2 n'est pas prorogé par l'exercice d'un recours administratif. (…) ».
3. Il ressort des pièces du dossier que l’arrêté attaqué en date du 29 août 2025 a été notifié à M. B... par lettre recommandé avec accusé de réception le 1er septembre 2025 avec la mention des délais et voies de recours. Il disposait alors d’un délai de trente jours pour contester cet arrêté sans que l’introduction d’un recours gracieux puisse proroger ce délai. Dès lors, la requête présentée par M. A... B..., laquelle n’a été enregistrée au greffe du tribunal que le 24 octobre 2025, soit après l’expiration du délai de recours contentieux, est irrecevable du fait de sa tardiveté. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera transmise au ministre de l’intérieur.
Fait à Nice, le 12 novembre 2025.
Le président de la 1ière chambre,
signé
G. Taormina
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière