Le Tribunal administratif de Nice a été saisi par M. A..., ressortissant russe, d'une demande d'exécution d'un précédent jugement du 24 avril 2025 qui avait annulé le refus de l'OFII de lui octroyer les conditions matérielles d'accueil et enjoint à l'office de réexaminer sa situation. L'OFII a démontré avoir réexaminé la situation de l'intéressé dans le délai imparti et lui avoir versé la somme de 28.643,40 €, montant supérieur à ses droits, sa demande d'asile ayant par ailleurs été acceptée. Constatant que le jugement initial avait été entièrement exécuté, le tribunal a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'exécution et rejeté les demandes accessoires, sur le fondement de l'article R.222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par un jugement numéro 2402704 du 24 avril 2025, le tribunal administratif de Nice a, d’une part, annulé la décision du 6 février 2024 par laquelle l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) a refusé d’octroyer à M. B... A..., ressortissant russe, les conditions matérielles d’accueil pour demandeurs d’asile, ensemble la décision implicite par laquelle cette autorité a rejeté son recours administratif préalable obligatoire et d’autre part, enjoint audit office de procéder au réexamen de la situation de l’intéressé dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.
Par une requête enregistrée le 25 juin 2025, M. B... A..., représenté par Me Oloumi, demande au tribunal :
1°) d’enjoindre à l’OFII d’exécuter ledit jugement, sous astreinte de 500 € par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1.000 €, en application des dispositions des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que le préfet des Alpes-Maritimes n’a toujours pas exécuté ledit jugement.
Par une ordonnance n°2600157 du 14 janvier 2026, la présidente du tribunal administratif de Nice a décidé l’ouverture d’une procédure juridictionnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 janvier 2026, l’Office français de l’immigration et de l’intégration conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que :
- l’Office a bien exécuté la mesure ordonnée par le jugement en cause dès lors que la direction territoriale de l’OFII compétente a réexaminé la situation de l’intéressé dès le 6 mai 2025, à savoir dans le délai requis par le tribunal ; le requérant a ainsi été reçu à deux reprises en entretien individuel par les services compétents, en l’espèce le 6 et le 21 mai 2025, aux fins de réexaminer sa situation personnelle et familiale, et notamment l’état de ses ressources financières pour chacune des années allant de l’an 2021 à 2025 ;
- la somme qui est due au requérant lui a été versée en intégralité pour un montant total de 28.643,40 €.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit ;
1. Aux termes de l’article R.222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 3°) Constater qu’il n’y a plus lieu de statuer sur une requête ; (…) ».
2. Il résulte de l’instruction, que M. A... a perçu de l’OFII la somme totale de 28.643,40 €, et qu’il a ainsi perçu un montant supérieur à celui auquel il pouvait prétendre, dès lors qu’il a perçu des ressources financières entre juillet 2023 et mai 2025. En outre, il n’était plus éligible à la perception de l’aide pour les demandeurs d’asile à l’issue du mois juin 2025, ayant fait l’objet sur sa demande d’asile, d’une décision définitive favorable en date du 6 mai 2025. Dès lors, le jugement dont exécution ayant été exécuté, il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions formulées à ce titre.
3. Dans les circonstances de l’espèce sus-décrites les conclusions formulées au titre des frais irrépétibles doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A... à fin d’exécution du jugement n°2402704 rendu le 24 avril 2025 par le tribunal administratif de Nice.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et à l’Office français de l’immigration et de l’intégration.
Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.
Fait à Nice, le 26 février 2026.
Le président de la 1ière chambre,
signé
G. Taormina
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière.