Texte intégral
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 14, 22 et 27 juillet 2026, M. C... A..., représenté par Me Le Gars, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 9 juillet 2026 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d’exécution d’office, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de trois ans à son encontre, l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités de cette assignation ;
2°) d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 300 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention « vie privée et familiale » dans les mêmes conditions de délais et d’astreinte, et à titre infiniment subsidiaire, de réexaminer sa demande de renouvellement de titre de séjour dans les mêmes conditions de délais et d’astreinte, tout en lui délivrant dans cette attente une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
3°) d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder sans délai à l’effacement du signalement aux fins de non-admission dont il fait l’objet au sein du système d’information Schengen ;
4°) d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui restituer son passeport sans délai ;
5°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’arrêté attaqué est entaché d’un défaut d’examen sérieux, en l’absence d’actualisation de sa situation depuis l’introduction en 2022 de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
- il est entaché, en l’absence de toute actualisation de sa situation, de nombreuses erreurs de fait ;
- il est entaché d’erreur d’appréciation quant à l’existence d’une menace à l’ordre public ;
- il méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le requérant remplit les conditions pour se voir délivrer les titres de séjour mentionnés aux articles L. 423-1, L. 423-7 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le requérant remplit également les conditions pour se voir délivrer le titre de séjour prévu à l’article 10 de l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence ;
- la décision portant refus d’octroi d’un délai de départ volontaire est également illégale, en l’absence de menace à l’ordre public ; par ailleurs, l’illégalité de la décision portant refus d’octroi d’un délai de départ volontaire entraîne l’illégalité par voie de conséquence de l’ensemble des décisions querellées en application de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 1er août 2025, n° C-636/23 ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ne pouvait être fondée sur l’article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, compte tenu de l’illégalité du refus d’octroi de délai de départ volontaire ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision portant assignation à résidence est également illégale par voie de conséquence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2026, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la SELARL Serfaty, Camacho & Cordier, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- le code civil ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Nice a désigné M. Arthur Garcia, conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l’article L. 921-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 29 juillet 2026 qui s’est tenue à 14 heures en présence de Mme Kubarynka, greffière d’audience :
- le rapport de M. Garcia, magistrat désigné, qui a relevé d’office la possibilité pour le tribunal de prononcer d’office une astreinte s’agissant des injonctions tendant à ce qu’il soit mis fin au signalement aux fins de non-admission au sein du système d’information Schengen et à ce qu’il soit restitué le passeport de M. A... ;
- les observations de Me Le Gars, représentant M. A..., présent, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens, et soutient en outre que l’autorité préfectorale a examiné le droit au séjour de M. A... à partir de pièces datées de 2022 sans l’examiner à la date d’édiction de son arrêté ; il s’associe également à l’astreinte relevée d’office par le tribunal ;
- les observations de M. A... et de Mme B..., qui précisent, s’agissant de Mme B..., qu’elle est française depuis sa naissance, que son contrat de travail été renouvelé pour la troisième fois pour six mois supplémentaires, et que le comportement de M. A... a évolué ;
- le préfet des Alpes-Maritimes n’étant ni présent ni représenté.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience à 14 heures 21, en application des dispositions de l’article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. C... A..., ressortissant tunisien né le 17 octobre 1988, est entré sur le territoire français le 29 novembre 2018, et s’est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle valable du 24 novembre 2019 au 23 novembre 2021 en qualité de conjoint de français. L’intéressé a alors présenté une demande de titre de séjour en qualité de parent d’enfant français le 3 mai 2022. Toutefois, par un arrêté du 9 juillet 2026, le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande, l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d’exécution d’office, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de trois ans à son encontre, l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités de cette assignation. Par la présente requête, M. A... demande l’annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d’annulation :
2. D’une part, aux termes des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». Aux termes de l’article 18 du code civil : « Est français l'enfant dont l'un des parents au moins est français. ».
3. Pour l’application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu’il a conservés dans son pays d'origine. Ces stipulations ne confèrent pas à une quelconque catégorie d’étrangers un droit absolu à ne pas être éloigné et donc un droit à résider sur le territoire d’un Etat partie à la convention.
4. D’autre part, aux termes de l’article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ».
5. Lorsque l'administration oppose un motif tiré de ce que la présence d’un étranger en France constituerait une menace à l’ordre public pour refuser de faire droit à sa demande, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision. La menace pour l’ordre public s’apprécie au regard de l’ensemble des éléments de fait et de droit caractérisant le comportement personnel de l’étranger en cause. Il n’est donc ni nécessaire, ni suffisant que le demandeur ait fait l’objet de condamnations pénales. L’existence de celles-ci constitue cependant un élément d’appréciation au même titre que d’autres éléments tels que la nature, l’ancienneté ou la gravité des faits reprochés à la personne ou encore son comportement habituel.
6. Pour refuser la délivrance d’un titre de séjour en qualité de parent d’enfant français à M. A... sur le fondement de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet des Alpes-Maritimes s’est fondé sur l’absence de contribution de ce dernier à l’entretien et à l’éducation de ses enfants. Par ailleurs, le préfet a relevé que par une ordonnance du 8 mars 2022, le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Nice a confié l’autorité parentale d’un des enfants à sa mère, avec laquelle M. A... était alors en instance de séparation. Enfin, l’autorité préfectorale a également retenu l’existence d’une menace à l’ordre public tenant au dépôt de deux plaintes en 2021 par son épouse pour violences conjugales.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A..., qui se maintient de manière habituelle en France, est entré sur le territoire fin 2018, où il s’est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle mention « vie privée et familiale » valable du 24 novembre 2019 au 23 novembre 2021. Il ressort de ces mêmes pièces que le requérant, qui s’est marié en 2017 en Tunisie avec Mme B..., de nationalité française, a eu deux enfants de cette union, nés respectivement en 2019 et 2020, et qui sont donc également de nationalité française. Si le préfet relève le dépôt de deux plaintes par Mme B... contre son époux pour des faits de violences conjugales en 2021, il ressort de l’ordonnance de protection du 8 mars 2022 du juge aux affaires familiales, dont était pourtant en possession l’autorité préfectorale, que ces plaintes ont été classées sans suite en raison de l’insuffisante caractérisation de ces infractions. Au surplus, M. A... produit le bulletin n° 3 de son casier judiciaire au 27 avril 2026, lequel est vierge. A cet égard, si la communauté de vie entre les époux a cessé partiellement entre 2021 et 2022, le préfet reconnaît que l’ordonnance de protection de 2022 rendue au bénéfice de Mme B... avait une durée de validité de six mois et n’a pas été reconduite. Or, les pièces du dossier, antérieures comme postérieures à 2021 et 2022, font état d’une même adresse postale pour l’ensemble de la cellule familiale. Il en résulte que, ainsi que l’atteste Mme B..., et contrairement à ce qu’affirme le préfet, la communauté de vie des époux a repris postérieurement à 2022 et il ressort d’ailleurs des pièces du dossier que l’épouse du requérant s’est même désistée de sa procédure de divorce, désistement dont il a été donné acte par ordonnance du 11 juin 2024, soit plus de deux ans avant l’intervention de l’arrêté litigieux. En outre, interrogée à la barre par le magistrat désigné sur les raisons pour lesquelles la communauté de vie entre les époux a repris, Mme B..., qui s’est exprimée de manière libre et indépendante, et qui n’a pas du tout semblée être sous l’emprise du requérant, a indiqué que le comportement de M. A... avait évolué depuis les plaintes. Ainsi, compte tenu de l’unité, antérieure comme retrouvée, de la cellule familiale, M. A..., qui « voit ses enfants quotidiennement », doit être regardé comme contribuant nécessairement à l’éducation de ses enfants. S’agissant de l’ insertion professionnelle du requérant, ce dernier justifie d’un contrat de travail à durée indéterminée à compter du 2 avril 2024 en qualité de chauffeur routier, rémunéré au salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC), et dont il démontre la pérennité. Enfin, si Mme B... étant auparavant sans emploi, elle justifie d’un contrat à durée déterminée depuis septembre 2025 au sein de la direction territoriale de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) à Nice, dont il résulte des observations à la barre qu’elle a obtenu son renouvellement. Dans ces conditions, l’autorité administrative a entaché son arrêté d’un défaut d’examen sérieux, d’une erreur d’appréciation quant à l’existence d’une menace actuelle à l’ordre public, et porté une atteinte disproportionnée au droit de l’intéressé de mener une vie privée et familiale normale.
8. Les illégalités relevées au point précédent emportent nécessairement l’annulation de la décision portant refus de titre de séjour, de sorte qu’elles privent de toute base légale les décisions subséquentes. Il y a donc lieu d’annuler par voie de conséquence les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus d’octroi d’un délai de départ volontaire, fixation du pays de renvoi, interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence.
9. Il résulte de l’ensemble de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A... est fondé à demander l’annulation de l’arrêté du 9 juillet 2026 du préfet des Alpes-Maritimes.
Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :
10. En premier lieu, aux termes de l’article 7 quater de l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : « Sans préjudice des dispositions du b et du d de l'article 7 ter, les ressortissants tunisiens bénéficient, dans les conditions prévues par la législation française, de la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" ».
11. L'exécution du jugement prononçant l'annulation d'un refus de titre de séjour au motif que ce refus porte au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte excessive au regard des exigences de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, implique normalement que l'administration délivre le titre sollicité ou un titre présentant des garanties suffisantes au regard du droit que l'intéressé tire de l'article 8 de cette convention.
12. Les motifs du présent jugement impliquent nécessairement qu’il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à M. A... une carte de séjour temporaire mention « vie privée et familiale » prévue par les dispositions précitées de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
13. En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ». Aux termes de l’article R. 613-7 du même code : « Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement ». Aux termes de l’article 7 du décret du 28 mai 2010 : « Les données à caractère personnel enregistrées dans le fichier sont effacées sans délai en cas d'aboutissement de la recherche ou d'extinction du motif de l'inscription (…) ».
14. Le présent jugement annule l’interdiction de retour prise à l’encontre de M. A... et il résulte des dispositions précitées qu’une telle annulation implique nécessairement l’effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen résultant de cette décision. Il y a lieu, dès lors, d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de mettre en œuvre, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, la procédure d’effacement de ce signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen.
15. En troisième et dernier lieu, aux termes de l’article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative compétente, les services de police et les unités de gendarmerie sont habilités à retenir le passeport ou le document de voyage des personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière. Ils leur remettent en échange un récépissé valant justification de leur identité et sur lequel sont mentionnées la date de retenue et les modalités de restitution du document retenu. ».
16. Il résulte de ce qui a été dit au point 10 du présent jugement que M. A... ne se trouve plus en situation irrégulière. Dans ces conditions, et dans la mesure où l’administration a fait usage des dispositions précitées, il y a également lieu d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de restituer le passeport de M. A... dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
17. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu d’assortir l’ensemble des injonctions prononcées d’une astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur les frais de l’instance :
18. D’une part, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par M. A... au titre des dépens, la présente instance n’en ayant entraîné aucun.
19. D’autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A... et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L’arrêté du 9 juillet 2026 du préfet des Alpes-Maritimes est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à M. A... une carte de séjour temporaire mention « vie privée et familiale » dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes, conformément à l’article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de mettre en œuvre la procédure d’effacement de ce signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de restituer le passeport de M. A... dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 5 : Une astreinte de 100 euros par jour est prononcée à l’encontre du préfet des Alpes-Maritimes s’il n’est pas justifié de l’exécution du présent jugement dans le délai mentionné aux articles 2, 3 et 4 ci-dessus. Le préfet des Alpes-Maritimes communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le présent jugement.
Article 6 : L’Etat versera à M. A... une somme de 1 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. C... A... ainsi qu’au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l’intérieur ainsi qu’au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Nice, en application des dispositions de l’article R. 751-10 du code de justice administrative.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 août 2026.
Le magistrat désigné,
signé
A. GARCIA
La greffière,
signé
C. KUBARYNKA
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
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