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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2604950

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2604950

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2604950
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationMagistrat M. Garcia
Avocat requérantJEULIN LOLY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 16 et 28 juillet 2026, M. D... E..., représenté par Me Jeulin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler l’arrêté du 7 juillet 2026 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d’exécution d’office, et a prononcé une interdiction de retour de trois ans à son encontre ;

2°) d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour.

Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l’arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente, en l’absence d’une délégation de signature régulière et publiée ;
- il est entaché d’un défaut d’examen sérieux, notamment au regard de l’obligation de vérification de son droit au séjour résultant de l’article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l’arrêté attaqué est entaché d’erreur manifeste d’appréciation quant aux conséquences qu’il emporte sur sa vie personnelle ;
- la décision portant refus d’octroi d’un délai de départ volontaire est entachée d’erreur d’appréciation, en l’absence de menace à l’ordre public ;
- la décision portant interdiction de retour est entachée d’erreur d’appréciation au regard de l’article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, compte tenu des circonstances humanitaires dont il fait état ;
- la durée de cette interdiction est entachée d’erreur d’appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2026, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, faute d’être motivée ;
- à titre subsidiaire, les conclusions aux fins d’annulation sont insusceptibles de prospérer.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Nice a désigné M. Arthur Garcia, conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l’article L. 921-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 29 juillet 2026 qui s’est tenue à 14 heures en présence de Mme Kubarynka, greffière d’audience :
- le rapport de M. Garcia, magistrat désigné ;
- les observations de Me Jeulin, avocate commise d’office, représentant M. E..., non présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;
- et les observations de Mme C..., représentant le préfet des Alpes-Maritimes, qui persiste dans ses écritures.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience à 14 heures 43, en application des dispositions de l’article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. D... E..., ressortissant capverdien né le 14 avril 1985, est entré sur le territoire français le 5 mai 2003. Il s’est vu délivrer deux cartes de résident valable entre le 5 mai 2003 et le 4 mai 2023. Par une décision du 7 août 2023, le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui renouveler sa carte de résident et lui a délivré une carte de séjour temporaire valable du 1er septembre 2023 au 31 août 2024. L’intéressé a alors présenté une nouvelle demande de titre de séjour le 17 septembre 2024 après l’expiration de ce dernier titre. Toutefois, le silence gardé pendant plus de quatre mois par le préfet des Alpes-Maritimes a fait naître le 17 janvier 2025 une décision implicite de rejet de cette demande. Puis, par un arrêté du 7 juillet 2026, notifié le 10 juillet, le préfet des Alpes-Maritimes l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d’exécution d’office, a prononcé une interdiction de retour de trois ans à son encontre. Par la présente requête, M. E... demande l’annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d’annulation :

En ce qui concerne l’arrêté attaqué pris dans son ensemble :

2. En premier lieu, l’arrêté attaqué a été signé par Mme B... A..., adjointe à la cheffe du pôle ordre public du bureau de l’éloignement et du contentieux du séjour de la préfecture des Alpes-Maritimes. Par un arrêté n° 2026-1028 du 6 juillet 2026, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 215-2026-06 du 7 juillet 2026, Mme A... a reçu délégation à l’effet de signer, au nom du préfet des Alpes-Maritimes, les décisions contenues dans l’arrêté litigieux. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence du signataire de l’arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. (…) ».

4. Les dispositions de l’article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont issues en dernier lieu, dans leur rédaction applicable au litige, de l’article 37 de la loi du 26 janvier 2024 susvisée pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration. Il ressort des travaux parlementaires ayant précédé son adoption que le législateur a notamment entendu codifier le principe selon lequel un étranger devant se voir attribuer de plein droit un titre de séjour ne peut faire l’objet d’une mesure d’éloignement. Il a ainsi entendu imposer au préfet, avant l’édiction d’une obligation de quitter le territoire français, de vérifier plus largement le droit au séjour de l’étranger au regard des informations en sa possession, compte tenu notamment de la durée de sa présence sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un droit au séjour, une telle vérification constituant ainsi une garantie pour l’étranger.

5. Il ressort de l’arrêté attaqué, qui précise l’ensemble des circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement, que le préfet a expressément relevé qu’il a procédé à un « examen approfondi de la situation personnelle de l’intéressé, de l’ensemble de [ses] déclarations ». Le préfet en a déduit « l’absence d’obstacle à ce qu’il quitte le territoire français », étant précisé que l’hypothèse dans laquelle un ressortissant étranger remplit les conditions pour bénéficier d’un titre de séjour de plein droit constitue un obstacle à son éloignement, ainsi qu’il est dit au point 4 du présent jugement. Dans ces conditions, le requérant n’est pas fondé à soutenir que le préfet des Alpes-Maritimes aurait méconnu l’obligation qui lui incombe de vérifier son droit au séjour avant l’édiction d’une mesure d’éloignement, et aurait à ce titre, entaché son arrêté d’un défaut d’examen sérieux.


6. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». Aux termes de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ». Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ».

7. D’une part, dans son arrêt de Grande chambre du 23 juin 2008, Maslov contre Autriche (n° 1638/03), la Cour européenne des droits de l’homme rappelle que l’éloignement d’un ressortissant étranger constitue une ingérence dans les droits prévus à l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, bien que ces stipulations ne confèrent pas à une quelconque catégorie d’étrangers un droit absolu à ne pas être éloigné et donc un droit à résider sur le territoire d’un Etat partie à la convention. Toutefois, les décisions d’éloignement, dans la mesure où elles porteraient atteinte à un droit protégé par le paragraphe 1 de l’article 8 de cette convention, doivent être conformes à la loi et nécessaires dans une société démocratique, c’est-à-dire justifiées par un besoin social impérieux et, notamment, proportionnées au but légitime poursuivi. Il en résulte que ces principes s’appliquent également, selon la Cour, à la situation d’un étranger qui aurait passé l’essentiel de sa vie en France. Pour qu’une ingérence dans l’article 8 de la convention soit proportionnée, il y a lieu de tenir compte de plusieurs critères, tels que la nature et la gravité de l’infraction commise par le requérant, la durée du séjour de l’intéressé dans le pays dont il doit être éloigné, le laps de temps qui s’est écoulé depuis l’infraction, et la conduite de l’étranger pendant cette période, la situation familiale du requérant, et d’autres facteurs témoignant de l’effectivité d’une vie familiale et enfin la solidité des liens sociaux, culturels et familiaux avec le pays hôte et avec le pays de destination.

8. D’autre part, lorsque la loi prescrit l’attribution de plein droit d’un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu’il puisse légalement être l’objet d’une mesure d’obligation de quitter le territoire français, alors même qu’il n’aurait pas sollicité la délivrance d’un tel titre.

9. Enfin, il résulte des stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

10. Il résulte de ce qui a été dit au point 1 du présent jugement que M. E..., entré en France à la faveur du regroupement familial, justifie d’une durée de présence sur le territoire français importante. Toutefois, cette seule durée ne saurait suffire à engendrer une atteinte disproportionnée au droit de l’intéressé de mener une vie privée et familiale, tel que garanti par les stipulations précitées. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que M. E... a sollicité le renouvellement de son précédent titre de séjour, qui a donné lieu à une décision implicite de rejet. Or, le requérant reconnaît dans le formulaire qu’il a rempli se maintenir sur le territoire en situation irrégulière. En outre, il ne démontre pas exercer de façon pérenne une activité professionnelle et ne démontre pas entretenir des liens d’une intensité particulière avec sa famille, qui réside à Paris. L’intéressé se déclare également célibataire et il ne conteste pas l’assertion selon laquelle il n’entretient aucun lien avec ses enfants mineurs ni qu’il ne participe pas à leur entretien ainsi qu’à leur éducation. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été condamné en 2005, 2010, et 2019 pour des faits de conduite d’un véhicule sans permis ou conduite sous l’empire d’un état alcoolique. Si ces faits demeurent anciens, M. E... a été condamné en dernier lieu le 4 mai 2026 par le tribunal correctionnel de Nice à six mois d’emprisonnement pour des faits de récidive de conduite sous l’empire d’un état alcoolique avec mandat de dépôt, annulation de son permis de conduire et interdiction de l’obtenir pour une durée de trois mois. Compte tenu des nombreuses réitérations des faits pour lesquels M. E... a été condamné, dont le comportement présente un risque tant pour les autres que pour lui-même, le préfet des Alpes-Maritimes a pu considérer qu’il représentait une menace pour l’ordre public. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l’erreur manifeste d’appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision portant refus d’octroi d’un délai de départ volontaire :

11. Aux termes de l’article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; (…) ».

12. Lorsque l'administration oppose un motif tiré de ce que la présence d’un étranger en France constituerait une menace à l’ordre public pour refuser de faire droit à sa demande, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision. La menace pour l’ordre public s’apprécie au regard de l’ensemble des éléments de fait et de droit caractérisant le comportement personnel de l’étranger en cause. Il n’est donc ni nécessaire, ni suffisant que le demandeur ait fait l’objet de condamnations pénales. L’existence de celles-ci constitue cependant un élément d’appréciation au même titre que d’autres éléments tels que la nature, l’ancienneté ou la gravité des faits reprochés à la personne ou encore son comportement habituel.

13. Eu égard aux condamnations pénales relevées au point 10 du présent jugement et à leur réitération pour des infractions identiques, M. E... n’est pas fondé à soutenir que le préfet des Alpes-Maritimes aurait commis une erreur d’appréciation en considérant que son comportement constituait une menace à l’ordre public, et à lui refuser pour ce motif l’octroi d’un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

14. Aux termes de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français (…) ». Aux termes de l’article L. 612-10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ».

15. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l’encontre d’un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l’étranger n’a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d’assortir sa décision d’une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l’article L. 612 10, à savoir la durée de la présence de l’étranger sur le territoire français, la nature et l’ancienneté de ses liens avec la France, l’existence ou non d’une précédente mesure d’éloignement et, le cas échéant, la menace pour l’ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

16. Eu égard à ce qui a été dit au point 10 du présent jugement, la seule durée de présence en France de M. E... ne saurait, en l’absence de toute démonstration de liens familiaux ou professionnels d’une intensité particulière, constituer des circonstances humanitaires de nature à faire obstacle à l’édiction d’une interdiction de retour à son encontre. Il résulte en outre de ces mêmes éléments que le comportement du requérant constitue une menace à l’ordre public. Dans ces conditions, nonobstant la durée de présence en France et l’absence d’une précédente obligation de quitter le territoire français, M. E... n’est pas fondé à soutenir que le préfet des Alpes-Maritimes aurait entaché son arrêté d’erreur d’appréciation en édictant une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de trois ans.

17. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. E... n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté du 7 juillet 2026 du préfet des Alpes-Maritimes.

Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :

18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d’annulation, n’implique aucune mesure d’exécution. Par suite, les conclusions aux fins d’injonction présentées par
M. E... ne peuvent qu’être rejetées.


D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D... E... et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l’intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 août 2026.

Le magistrat désigné,
signé
A. GARCIA
La greffière,
signé
C. KUBARYNKA



La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,


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