jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-1800335 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MICHEL LEDOUX ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par jugement du 1er octobre 2020, le tribunal a ordonné une expertise médicale avant dire droit sur la requête de Mme E A tendant à l'annulation de la décision du centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion du 2 janvier 2018 la plaçant, à compter du 21 octobre 2015, en congé de maladie ordinaire et non en congé pour accident de service.
Par ordonnance du 2 octobre 2020, le Docteur C D a été désigné en qualité d'expert.
Le rapport d'expertise du Docteur D a été déposé le 5 avril 2022.
Par ordonnance du 27 avril 2022, les frais d'expertise ont été taxés à la somme de 3 488,81 euros et mis à la charge du CHU.
Par un mémoire après expertise enregistré le 10 juin 2022, Mme A, représentée par Me Lacaille, avocate, réitère ses conclusions à fin d'annulation de la décision du CHU du 2 janvier 2018 et de condamnation de l'établissement à lui verser une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- par les jugements rendus en sa faveur les 5 décembre 2016 et 23 novembre 2017, il lui a été reconnu un droit au régime des accidents de service sans limitation dans le temps ;
- elle a continué, au-delà du 20 octobre 2015, à justifier de l'imputabilité au service de ses arrêts de travail par des certificats d'accident de travail remis chaque mois à son employeur ;
- les expertises auxquelles elle s'est soumise, en dernier lieu celle du Docteur D réalisée à la demande du tribunal et celle du Docteur B diligentée par le CHU, vont dans le sens du maintien de l'imputabilité au service ;
- sa qualité de lanceur d'alerte, reconnue par le jugement du 5 décembre 2016, doit être prise en considération.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aebischer, président ;
- les conclusions de Mme Legrand, rapporteure publique ;
- les observations de Me Lacaille, avocat de Mme A ;
- les observations de Me Paraveman substituant Me Bouvet, avocat du CHU.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte du rapport d'expertise du Docteur D, expert désigné suite au jugement avant dire droit du 1er octobre 2020, mais aussi des conclusions du Docteur B, expert récemment commis par le CHU, que la maladie dont Mme A demeurait atteinte au cours des années 2015 à 2018 avait directement pour cause, comme précédemment, le traumatisme qu'elle avait subi en fin d'année 2013 dans son milieu professionnel. Ainsi, l'incapacité de l'intéressée à exercer ses fonctions devait être regardée comme imputable au service, cette imputabilité pouvant être constatée pour l'ensemble de la période litigieuse, à savoir du 21 octobre 2015 au 2 janvier 2018, ainsi d'ailleurs que pour la période suivante. Dès lors, Mme A était en droit de prétendre au régime des congés pour accident de service défini par les dispositions, alors applicables, de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 et devait bénéficier, de ce fait, du maintien du plein traitement.
2. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 2 janvier 2018 par laquelle le CHU l'a placée, à compter du 21 octobre 2015, en congé de maladie ordinaire et non en congé pour accident de service.
3. Les frais de l'expertise judiciaire, fixés à 3 488,81 euros, doivent être définitivement mis à la charge du CHU.
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU une somme de 1 500 euros à verser à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La décision du CHU de La Réunion du 2 janvier 2018 plaçant Mme A en congé de maladie ordinaire à compter du 21 octobre 2015 est annulée.
Article 2 : Les frais d'expertise, fixés à 3 488,81 euros, sont mis à la charge du CHU de La Réunion.
Article 3 : Le CHU de La Réunion versera à Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A et au centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion.
Copie en sera adressée au Docteur C D, expert.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Aebischer, président ;
- M. Ramin, premier conseiller ;
- M. Séroc, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
L'assesseur le plus ancien,
V. RAMIN
Le président-rapporteur,
M.-A. AEBISCHER
La greffière,
S. BALOUKJY
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
La greffière,
S. BALOUKJY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026