mardi 2 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2000440 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | R222-13 (JU 2) |
| Avocat requérant | DUGOUJON & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 juin 2020 et 18 juin 2021, Mme E D, représentée par Me Dugoujon, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 février 2020 par laquelle le ministre de l'action et des comptes publics a rejeté sa demande de réversion de la pension de son conjoint ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle est fondée sur l'article L. 39 du code des pensions qui méconnait, d'une part, le principe d'égalité garanti par la Constitution et, d'autre part, l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 1er du protocole n° 1 de cette convention.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 août 2020 et 10 août 2021, le ministre de l'action et comptes publics, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la partie requérante ne sont pas fondés.
Vu :
- l'ordonnance n° 2000440 du 19 juin 2020 par laquelle le président du tribunal administratif a refusé de transmettre la question prioritaire de constitutionnalité posée par Mme D par un mémoire distinct enregistré le 10 juin 2020 portant sur la conformité à la Constitution de l'article L. 39 du code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et son Protocole additionnel n° 1 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Felsenheld, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Legrand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dugoujon, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, veuve de M. A D, ancien agent public de l'Etat, a demandé au ministre de l'action et des comptes publics la réversion de la pension de son conjoint. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal d'annuler la décision du 18 février 2020 par laquelle le ministre a rejeté sa demande au motif qu'à la date du décès de M. D, les conjoints étaient mariés depuis moins de 4 ans.
2. En premier lieu, par un arrêté du 10 septembre 2019, publié au Journal officiel du 12 septembre 2019, le directeur général des finances publiques a donné à Mme B, attachée d'administration, signataire de la décision litigieuse, délégation afin de signer tous les actes, à l'exclusion des décrets, dans la limite des attributions du bureau des retraites. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision du 18 février 2020, qui cite les dispositions de l'article L. 39 du code des pensions civiles et militaires de retraite, mentionne que le mariage de M. et Mme D a été célébré après le départ à la retraite de M. D et qu'à la date de son décès, la durée du mariage était inférieure à 4 ans. Ainsi, la décision litigieuse comporte, ainsi que l'exige les dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente convention doit être assurée sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ". En vertu des stipulations de l'article 1er du premier protocole additionnel à cette convention : " Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité publique et dans les conditions prévues par la loi et les principes généraux du droit international. Les dispositions précédentes ne portent pas atteinte au droit que possèdent les Etats de mettre en vigueur les lois qu'ils jugent nécessaires pour réglementer l'usage des biens conformément à l'intérêt général ou pour assurer le paiement des impôts ou d'autres contributions ou des amendes ".
5. D'autre part, en vertu des dispositions de l'articles L. 39 du code des pensions civiles et militaires de retraite, la veuve d'un agent public titulaire d'une pension de retraite ne peut prétendre à une pension de réversion qu'à la condition que son mariage, ou bien soit antérieur de deux ans à la cessation d'activité, ou bien, s'il est postérieur, ait duré au moins quatre années, dès lors qu'aucun enfant n'est issu du mariage
6. Si le législateur a subordonné le droit à pension de réversion, en l'absence d'enfants, à une condition de durée de mariage de quatre années, une telle condition, destinée à faire dépendre la dette de l'Etat de la stabilité du mariage en limitant les risques de fraude, est fondée sur un critère objectif et rationnel en rapport avec les buts de la loi et ne méconnaît pas les stipulations citées au point 4.
7. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que M. D a été admis à la retraite le 1er septembre 2014. Son mariage a été célébré avec Mme D née C le 22 octobre 2018. M. D étant décédé le 29 novembre 2019, c'est sans commettre d'erreur de fait que le ministre a refusé à Mme D le bénéfice d'une pension de réversion au motif que la durée du mariage des époux, postérieur à la cessation d'activité, a été inférieure à quatre années, alors qu'aucun enfant n'est issu du mariage.
8. Il résulte de ce qui précède que l'ensemble des conclusions de la requête de Mme D doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 août 2022.
Le rapporteur,
R. FELSENHELD
La greffière,
S. BALOUKJY
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
La greffière,
S. BALOUKJY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026