mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2000535 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre bis |
| Avocat requérant | SARL CAZIN MARCEAU AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juillet 2020 et un mémoire enregistré le 9 novembre 2020, M. E D, M. A C et l'association de défense de l'environnement et du patrimoine naturel et touristique de Saint-Leu, Les Avirons et L'Etang-Salé (ADEPNAT), représenté par Me Cazin, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet de La Réunion du 10 juin 2020 approuvant définitivement la modification du schéma d'aménagement régional ;
2°) de mettre à la charge solidaire de l'Etat et de la région Réunion une somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il a été pris au terme d'une procédure irrégulière en l'absence d'évaluation environnementale ;
- il méconnaît les objectifs de préservation de l'environnement en violation de l'article L. 4433-7 du code général des collectivités territoriales ;
- il a été pris en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-23 et L. 121-24 du code de l'urbanisme ;
- il est entaché d'incompétence négative.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 juin 2022, le préfet de la Réunion conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La requête et le mémoire complémentaire ont été communiqués à la région Réunion qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance n° 2019-1170 du 13 novembre 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Caille, premier conseiller,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- les observations de Me Cazin, avocat des requérants,
- et les observations de M B, représentant le préfet de la Réunion.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux délibérations en date du 12 décembre 2013 et du 10 juin 2014, le conseil régional de La Réunion a décidé d'engager la procédure de modification du schéma d'aménagement régional. Le projet de modification a été adopté par une délibération du conseil régional du 30 janvier 2020, puis le préfet de La Réunion a approuvé la modification du schéma d'aménagement régional de La Réunion par arrêté du 10 juin 2020. Eu égard aux moyens soulevés dans leur requête, M. D, M. C et l'ADEPNAT doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler cet arrêté en tant qu'il autorise l'exploitation de gisements de roches massives pour l'approvisionnement du chantier de la nouvelle route du littoral sur le site des Lataniers à La Possession correspondant à l'emprise d'une ancienne carrière et en tant qu'il permet l'ouverture d'une nouvelle carrière sur le site de la Ravine du Trou à Saint-Leu.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, il résulte du I de l'article L. 411-1 du code de l'environnement que " lorsqu'un intérêt scientifique particulier, le rôle essentiel dans l'écosystème ou les nécessités de la préservation du patrimoine naturel justifient la conservation de sites d'intérêt géologique, d'habitats naturels, d'espèces animales non domestiques ou végétales non cultivées et de leurs habitats, sont interdits : / 1° La destruction ou l'enlèvement des œufs ou des nids, la mutilation, la destruction, la capture ou l'enlèvement, la perturbation intentionnelle, la naturalisation d'animaux de ces espèces ou, qu'ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur détention, leur mise en vente, leur vente ou leur achat ; / 2° La destruction, la coupe, la mutilation, l'arrachage, la cueillette ou l'enlèvement de végétaux de ces espèces, de leurs fructifications ou de toute autre forme prise par ces espèces au cours de leur cycle biologique, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat, la détention de spécimens prélevés dans le milieu naturel ; / 3° La destruction, l'altération ou la dégradation de ces habitats naturels ou de ces habitats d'espèces ; / 4° La destruction, l'altération ou la dégradation des sites d'intérêt géologique, notamment les cavités souterraines naturelles ou artificielles, ainsi que le prélèvement, la destruction ou la dégradation de fossiles, minéraux et concrétions présents sur ces sites () ". D'autre part, il résulte du 4° du I de l'article L. 411-2 du même code dans sa rédaction en vigueur à la date de l'arrêté attaqué que l'autorité administrative peut déroger à ces interdictions dès lors que sont remplies les trois conditions distinctes et cumulatives tenant en premier lieu, à l'absence de solution alternative satisfaisante, en deuxième lieu, au fait de ne pas nuire " au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle " et, enfin, à l'existence d'un des cinq motifs qu'il énumère limitativement, parmi lesquels " c) Dans l'intérêt de la santé et de la sécurité publiques ou pour d'autres raisons impératives d'intérêt public majeur, y compris de nature sociale ou économique, et pour des motifs qui comporteraient des conséquences bénéfiques primordiales pour l'environnement ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'un projet d'aménagement ou de construction susceptible d'affecter la conservation d'espèces animales ou végétales protégées et de leurs habitats ne peut être autorisé, à titre dérogatoire, que s'il répond à une raison impérative d'intérêt public majeur. En présence d'un tel intérêt, le projet ne peut cependant être autorisé, eu égard aux atteintes portées aux espèces protégées et appréciées en tenant compte des mesures de réduction et de compensation prévues, que si, d'une part, il n'existe pas d'autre solution satisfaisante et que, d'autre part, cette dérogation ne nuit pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle.
4. Il ressort des pièces du dossier que la modification du schéma d'aménagement régional attaquée autorise l'exploitation de gisements de roches massives pour l'approvisionnement du chantier de la nouvelle route du littoral sur le site des Lataniers à La Possession correspondant à l'emprise d'une ancienne carrière et permet l'ouverture d'une nouvelle carrière sur le site de la Ravine du Trou à Saint-Leu. Toutefois, ces modifications, qui affecteront la conservation d'espèces animales ou végétales protégées et de leurs habitats, ne répondent pas à une raison impérative d'intérêt public majeur dès lors qu'elles ne sont pas nécessaires à l'achèvement de la nouvelle route du littoral. Les requérants sont, par suite, fondés à soutenir que le préfet de La Réunion a fait une inexacte application des dispositions précitées des 1° et 2° du I de l'article L. 411-1 du code de l'environnement ainsi que du 4° du I de l'article L. 411-2 du même code.
5. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté attaqué doit être annulé en tant qu'il autorise l'exploitation de gisements de roches massives sur le site des Lataniers à La Possession et permet l'ouverture d'une nouvelle carrière sur le site de la Ravine du Trou à Saint-Leu, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement aux requérants d'une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté n° 2020-1993/SG/DCL/BU du 10 juin 2020 du préfet de La Réunion portant modification du schéma d'aménagement régional de La Réunion est annulé en tant qu'il autorise l'exploitation de gisements de roches massives sur le site de l'ancienne carrière des Lataniers à La Possession et en tant qu'il permet l'ouverture d'une nouvelle carrière sur le site de la Ravine du Trou à Saint-Leu.
Article 2 : L'Etat versera aux requérants une somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, premier requérant dénommé, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la région Réunion.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Séval, président ;
- M. Caille, premier conseiller ;
- M. Borges-Pinto, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
Le rapporteur,
P.-O. CAILLE
Le président,
J.-P. SÉVAL
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026