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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2000697

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2000697

vendredi 30 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2000697
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre bis
Avocat requérantFERDINAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête sommaire et des mémoires enregistrés les 24 août 2020, 25 novembre 2020 et 3 mai 2021, M. C B, représenté par Me Ferdinand, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 septembre 2019 par lequel le maire de Saint-Denis a délivré à M. D un permis de construire n° 974411 19 A0097 pour des travaux de construction d'une maison à usage d'habitation et d'une piscine sur le terrain cadastré section EY92 situé lot n° 7, lotissement Domaine de Montgaillard à Saint-Denis ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Denis et de M. D une somme de 2 000 euros chacun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'arrêté est entaché d'incompétence ;

- il a été pris au terme d'une procédure irrégulière en violation de l'article R. 424-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions du règlement du lotissement s'agissant de la distance vis-à-vis de sa propriété, de la toiture et de l'altimétrie de la maison.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 septembre 2020, la commune de Saint-Denis, représentée par Me Armoudom, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que la requête est irrecevable, dès lors que le requérant ne justifie pas d'un titre régulier et qu'il n'a pas notifié son recours gracieux.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 décembre 2020, M. A D, représenté par Me Antelme, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal constate le désistement d'office du requérant, à titre plus subsidiaire au non-lieu à statuer sur le recours et en tout état de cause à ce qu'une somme de 2 387 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable faute d'avoir été notifiée à la commune et au pétitionnaire et faute pour le recours gracieux d'avoir été notifié au pétitionnaire ;

- la requête est irrecevable ou le tribunal pourra constater le désistement d'office faute de production du mémoire ampliatif annoncé dans la requête sommaire ;

- la requête est irrecevable, dès lors que M. B ne justifie pas d'une qualité lui donnant intérêt à agir ;

- la requête est dépourvue d'objet, dès lors que le permis a été retiré par arrêté du 12 août 2020, devenu définitif et il n'y a donc pas lieu de statuer sur le recours ;

Par une ordonnance du 2 février 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 mai 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Caille, premier conseiller,

- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,

- et les observations de Me Ferdinand représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 11 septembre 2019, le maire de Saint-Denis a délivré à M. A D un permis de construire n° PC 974411 19 A0097 pour des travaux de construction d'une maison à usage d'habitation d'une surface de plancher de 236 m² et d'une piscine sur le terrain cadastré section EY92 situé lot n° 7, lotissement Domaine de Montgaillard à Saint-Denis. Par la présente requête, M. B, après en avoir demandé le retrait par un recours gracieux daté du 12 février 2020 et complété le 20 février suivant, demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur le désistement d'office :

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " () / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ". Selon l'article R. 612-5 du même code, " Devant les tribunaux administratifs (), si le demandeur, malgré la mise en demeure qui lui a été adressée, n'a pas produit le mémoire complémentaire dont il avait expressément annoncé l'envoi (), il est réputé s'être désisté. "

3. Au cas d'espèce, si la requête introductive d'instance de M. B portait la mention " Requête sommaire en excès de pouvoir " et se concluait en indiquant " qu'un mémoire ampliatif sera déposé dans les meilleurs délais en complément de la présente requête sommaire ", ladite requête sommaire comportait des conclusions et plusieurs moyens. Au surplus, aucune mise en demeure n'a été adressée au requérant en application des dispositions précitées de l'article R. 612-5 du code de justice administrative. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir qu'il y a lieu, pour le tribunal, de constater le désistement d'office du requérant.

Sur la recevabilité de la requête :

4. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 12 août 2020, devenu définitif, le maire de Saint-Denis a retiré le permis de construire accordé à M. D le 11 septembre 2019. La demande de M. B était donc dépourvue d'objet à la date d'enregistrement de la requête. Par suite, si M. D n'est pas fondé à soutenir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête, celle-ci doit néanmoins être rejetée comme irrecevable.

Sur les frais liés au litige :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Denis et de M. D, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, les sommes que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B le versement d'une somme de 2 000 euros à M. D au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens mais il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Saint-Denis au titre des mêmes dispositions dès lors qu'elle n'a pas informé le tribunal du retrait de l'acte attaqué.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : M. B versera à M. D la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Denis au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la commune de Saint-Denis et à M. A D.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2022 à laquelle siégeaient :

- M. Bauzerand, président ;

- M. Caille, premier conseiller ;

- M. Felsenheld, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.

Le rapporteur,

P.-O. CAILLE

Le président,

Ch. BAUZERAND

Le greffier,

D. CAZANOVE

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/La greffière en chef,

Le greffier,

D. CAZANOVE

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