lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2000714 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre bis |
| Avocat requérant | SELARL IAVOCATS ET PARTNERS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 31 août 2020 et 10 décembre 2020, M. D B, représenté par Me Akhoun, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2020 par lequel le maire de Saint-Leu a délivré à Mme A un permis de construire l'autorisant à réaliser une maison individuelle sur une parcelle (cadastrée AV 782 et 1106) située rue du Barrelier sur le territoire communal ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune et de Mme A une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le dossier de permis de construire comporte des informations incomplètes et inexactes, dès lors qu'il ne précise pas que la construction projetée sera édifiée sur une servitude de passage établie à son profit ;
- l'arrêté méconnaît les exigences du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît son droit de propriété, dès lors que le permis autorise la construction de deux places de stationnement (n° 7 et 8) sur sa propriété ;
- il méconnaît la servitude de passage dont il bénéficie, dès lors qu'il autorise la construction d'une dalle, ainsi que des places de stationnements (n° 5 et 6), et d'un bâtiment empiétant sur ladite servitude.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2020, la commune de Saint-Leu conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le requérant n'a pas intérêt à agir ;
- la requête est tardive ;
- la preuve de la notification de la requête n'est pas rapportée ;
- en tout état de cause les moyens soulevés par la partie requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2021, Mme C A, représentée par Me Omarjee, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- le requérant n'a pas intérêt à agir ;
- la requête est tardive ;
- en tout état de cause les moyens soulevés par la partie requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Felsenheld, premier conseiller,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- et les observations de Me Atchama, représentant la commune de Saint-Leu.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 27 janvier 2020 le maire de Saint-Leu a délivré à Mme A un permis l'autorisant à construire une maison individuelle, comprenant un logement de type F4, sur une parcelle située rue du Barrelier sur le territoire communal. Par la présente requête, M. B, voisin immédiat du projet, demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, si le requérant fait valoir que le dossier de permis de construire est incomplet, dès lors qu'il ne mentionne pas l'existence d'une servitude de passage établie à son profit sur le terrain d'assiette du projet, aucune règle du code de l'urbanisme n'obligeait le pétitionnaire à faire figurer cette information dans le dossier.
3. En deuxième lieu, en se bornant à soutenir que " la lecture des documents soumis dans le cadre de la demande de permis de construire ainsi que le constat d'huissier sur site révèlent que les exigences du plan local d'urbanisme de la commune n'ont pas été respectées ", M. B n'assortit pas ses allégations de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
4. En dernier lieu, M. B fait valoir que le permis de construire litigieux autorise la construction de deux places de stationnement sur sa propriété ainsi que la réalisation de constructions empiétant sur la servitude de passage dont il est bénéficiaire. Toutefois, les autorisations d'utilisation du sol, accordées sous réserve du droit des tiers, ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme. Ainsi, ces moyens ne peuvent utilement être invoqués devant le juge administratif dans le cadre d'un recours en annulation contre un permis de construire.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir, que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-leu et de Mme A, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que M. B réclame au titre des frais liés au litige. En outre, la commune de Saint-Leu, qui n'a pas présenté son mémoire par le ministère d'avocat, ne fait pas état de frais spécifiques au titre de ces dispositions. Ses conclusions tendant à l'application des dispositions précitées doivent, dès lors, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Leu présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Mme C A et à la commune de Saint-Leu.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Caille, premier conseiller,
- M. Felsenheld, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
Le rapporteur,Le président,
R. FELSENHELDCh. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
le greffier,
D. CAZANOVE
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