lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2000850 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre bis |
| Avocat requérant | DUGOUJON & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 septembre 2020, Mme G C épouse D, Mme F C épouse E et Mme B A veuve C, représentées par Me Favier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2020 par lequel le maire de la commune de Trois-Bassins a accordé à la société civile de construction vente (SCCV) Urantia un permis de construire un ensemble immobilier situé chemin Bellevue (parcelles cadastrées AB 1332 à AB 1339) sur le territoire communal ;
2°) de mettre à la charge de la commune une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la notice du projet architectural méconnait l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;
- le dossier est incomplet au regard des dispositions de l'article R. 431-9 du même code ;
- le document graphique méconnaît l'article R. 431-10, c) du même code ;
- les documents photographiques méconnaissent l'article R. 431-10, d) du code ;
- l'arrêté méconnaît l'article R. 111-27 du code ;
- il méconnaît l'article R. 111-2 du code.
Par un mémoire, enregistré le 1er mars 2022, la commune de Trois-Bassins, représentée par Me Doulouma, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérantes une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Felsenheld, premier conseiller,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- et les observations de Me Doulouma, représentant la commune de Trois-Bassins.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 21 juillet 2020 le maire de la commune de Trois-Bassins a accordé à la société civile de construction vente (SCCV) Urantia un permis autorisant la construction d'un ensemble immobilier situé chemin Bellevue sur le territoire communal et composé d'un bâtiment collectif de neuf logements et de cinq villas. Par la présente requête, les consorts C, propriétaires d'une parcelle (cadastrée AB 1836), immédiatement voisine du terrain d'assiette du projet, demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet / () ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. " Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. "
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. En l'espèce, le dossier de permis de construire comprend une notice d'impact (PC4) qui décrit l'état initial du terrain et de ses abords, ainsi que les partis retenus pour l'insertion du projet dans son environnement. Ce même document mentionne les raccordements aux réseaux. Le dossier comporte également un plan de masse (PC1) qui représente les plantations à créer, le PC4 précisant que le terrain d'assiette, dans son état initial, ne comporte pas de plantation. Enfin, le dossier comprend un document graphique d'insertion (PC6) et deux photographies (PC7 et 8), qui combinés à la lecture de la notice d'impact, a permis à l'autorité administrative de porter une appréciation non faussée sur l'insertion du projet et sa situation dans l'environnement.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "
6. En l'espèce, le projet litigieux est desservi par le chemin Bellevue qui est uniquement accessible à partir de la route nationale (RN) 1a, axe automobile fréquenté. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la création des vingt-cinq places de stationnement prévues par le projet porterait atteinte à la sécurité routière en raison du surplus de circulation ainsi créé. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le projet s'accompagne de l'élargissement du chemin Bellevue dont la largeur sera portée à 5 mètres et la création d'un trottoir de 1, 40 mètres. Enfin, les constructions projetées, si elles se situent aux abords de la ravine de la Souris Chaude, se trouvent en dehors de la zone à risque identifiée par le plan de prévention des risques naturels. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet présenterait des risques particuliers face aux inondations. Par suite, les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que le projet méconnait les dispositions précitées.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. "
8. Il ressort des pièces du dossier que le projet se situe, dans un quartier résidentiel, au sein d'une zone AU du plan local d'urbanisme de la commune et que le chemin Bellevue comporte déjà des constructions notamment de maisons individuelles de type RDC à R+2, maçonnées sous tôles, assez récentes. Le projet prévoit la construction d'un immeuble de neuf logements (R+2/3) et de cinq villas en RDC ou R+1, dans un style à la fois moderne et conventionnel. Ainsi, les caractéristiques de ce projet ne portent pas manifestement atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites et aux paysages naturels.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérantes doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Trois-Bassins, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérantes réclament au titre des frais liés au litige. Il y a lieu, en revanche et dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des consorts C le versement d'une somme de 1 500 euros à la commune de Trois-Bassins, au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des consorts C est rejetée.
Article 2 : Les consorts C verseront une somme de 1 500 euros à la commune de Trois-Bassins, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme G C épouse D, première dénommée par la requête, et à la commune de Trois-Bassins.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Caille, premier conseiller,
- M. Felsenheld, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
Le rapporteur,Le président,
R. FELSENHELDCh. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026