vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2001122 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL GERY SCHWARTZ SCHAEPMAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 9 novembre 2020, 14 mai 2021 et 25 janvier 2022, M. C B, représenté par Me de Géry, avocat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 septembre 2020 par lequel la maire de Saint-Paul a suspendu sa rémunération pour absence de service fait à compter du 22 juin 2020 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Paul de lui verser la rémunération due, sans application d'un abattement pour mi-temps thérapeutique, pour les mois d'août à octobre 2020, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) condamner la commune de Saint-Paul au paiement d'une amende pour recours abusif de 3 000 euros, sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Paul une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté est signé par une personne n'ayant pas compétence pour ce faire ;
- l'exercice de son droit de retrait à compter du mois de juin 2020 est légitime en raison du danger grave et imminent que présentait pour sa santé et sa vie l'exposition au risque de contamination par le virus Covid-19 ; il est affecté d'une affection neuromusculaire admise en affection de longue durée, pour laquelle lui est reconnue la qualité de travailleur handicapé ;
- le droit de retrait se justifie en outre par les défectuosités du système de protection ; car il appartenait, d'une part, à son employeur d'organiser une visite médicale devant un médecin de prévention, d'autre part, au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de prévenir tout risque en inscrivant l'examen de sa situation à l'ordre du jour de sa prochaine séance ; or ses demandes en ce sens sont restées sans suite ; les difficultés alléguées par la commune quant au recrutement d'un médecin du travail ne la dispensent pas d'organiser une visite devant un médecin de prévention ; les expertises médicales des 25 novembre 2020 et 3 décembre 2020 ont été réalisées par le Dr A, qui n'a pas la qualification obligatoire de médecin du travail, sans respect du principe du contradictoire, portaient sur des objets différents et ont donné lieu à des conclusions contraires ;
- il a satisfait à l'obligation d'informer son supérieur hiérarchique de l'exercice de son droit de retrait ;
- en l'autorisant, par un arrêté du 31 mars 2021, à exercer ses fonctions en télétravail, la commune de Saint-Paul a admis qu'il en remplissait les conditions requises, compte tenu de sa vulnérabilité aux risques du virus Covid 19 ;
- l'arrêté est constitutif d'une discrimination ; la possibilité de télétravail lui est refusée sans qu'il soit tenu compte de sa qualité de travailleur handicapé et des mises en garde médicales le concernant, tandis que d'autres salariés ne bénéficiant pas de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ont été placés en télétravail ;
- il a perçu un salaire de 1 559,79 euros au mois de juillet 2020, puis plus aucune rémunération au titre des mois d'août à octobre 2020, tandis que ses bulletins de salaire des mois de juillet à septembre mentionnent une rémunération à demi-traitement, correspondant à un mi-temps thérapeutique pourtant inexistant, ainsi qu'un placement en congé de maladie du 1er juillet au 31 août 2020, dénué de tout fondement.
Par des mémoires en défense enregistrés les 7 avril 2021 et 22 novembre 2021, la commune de Saint-Paul, représentée par la Selas Charrel et associés, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 61-825 du 29 juillet 1961 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 2020-473 du 25 avril 2020 ;
- le décret n° 85-603 du 10 juin 1985 ;
- le décret n° 2016-151 du 11 février 2016 ;
- le décret n° 2020-521 du 5 mai 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ramin, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Legrand, rapporteure publique,
- et les observations de Me de Géry, avocat de M. B, et de Me Garnier, substituant Me Charrel, avocat de la commune de Saint-Paul.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, rédacteur territorial, est affecté en tant que référent handicap au service des ressources humaines de la commune de Saint-Paul. A l'occasion de la première phase de confinement instaurée en mars 2020 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire liée à l'épidémie Covid-19, il a été placé en autorisation spéciale d'absence (ASA) en raison de son état de santé. En phase de déconfinement progressif, M. B a demandé à être placé en télétravail, produisant à cet effet un certificat médical dont son employeur a considéré qu'il ne pouvait justifier son absence du service. Après avoir fait valoir son droit de retrait, l'intéressé a été mis en demeure de rejoindre son poste de travail et de régulariser sa situation administrative. Par un arrêté du 8 septembre 2020, la maire de Saint-Paul a suspendu sa rémunération pour absence de service fait à compter du 22 juin 2020. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté et d'enjoindre à la commune de lui verser la part de rémunération dont il a été privé d'août à octobre 2020, un droit au plein traitement étant invoqué à cet égard.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire () ". Aux termes de l'article 87 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les fonctionnaires régis par la présente loi ont droit, après service fait, à une rémunération fixée conformément aux dispositions de l'article 20 du titre Ier du statut général () ". Aux termes de l'article 4 de la loi du 29 juillet 1961 de finances rectificative pour 1961 : " Le traitement exigible après service fait () est liquidé selon les modalités édictées par la réglementation sur la comptabilité publique. / L'absence de service fait, pendant une fraction quelconque de la journée, donne lieu à une retenue dont le montant est égal à la fraction du traitement frappée d'indivisibilité en vertu de la réglementation prévue à l'alinéa précédent. / Il n'y a pas service fait : / 1°) Lorsque l'agent s'abstient d'effectuer tout ou partie de ses heures de services () ".
3. Il résulte de ces dispositions que toute journée au cours de laquelle un agent public s'est abstenu, du fait notamment de son absence injustifiée, d'accomplir ses obligations de service, doit donner lieu à une retenue sur son traitement pour absence de service fait, dans les conditions qu'elles prévoient.
4. Toutefois, aux termes de l'article 23 de la loi du 13 juillet 1983 : " Des conditions d'hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique sont assurées aux fonctionnaires durant leur travail ". Aux termes de l'article 2-1 du décret du 10 juin 1985 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la médecine professionnelle et préventive dans la fonction publique territoriale : " Les autorités territoriales sont chargées de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité. ".
5. Aux termes de l'article 108-2 de la loi du 26 janvier 1984 : " Les services des collectivités () doivent disposer d'un service de médecine préventive (). / Le service de médecine préventive a pour mission d'éviter toute altération de l'état de santé des agents du fait de leur travail, notamment en surveillant () les risques de contagion et l'état de santé des agents. () ". Aux termes de l'article 14 du décret du 10 juin 1985 : " Le service de médecine préventive conseille l'autorité territoriale, les agents et leurs représentants en ce qui concerne : / () 4° La protection des agents contre () les risques d'accidents de service ou de maladie professionnelle ou à caractère professionnel () ". L'article 21 de ce décret prévoit qu'en sus de l'examen médical périodique dont les agents doivent bénéficier au minimum tous les deux ans, " le médecin du service de médecine professionnelle et préventive exerce une surveillance médicale particulière à l'égard : / - des personnes reconnues travailleurs handicapés ; / () - des agents souffrant de pathologies particulières () ". Selon l'article 24 du même décret : " Les médecins du service de médecine préventive sont habilités à proposer des aménagements de poste de travail ou de conditions d'exercice des fonctions, justifiés par () l'état de santé des agents. / () Lorsque l'autorité territoriale ne suit pas l'avis du service de médecine préventive, sa décision doit être motivée et le comité d'hygiène ou, à défaut, le comité technique doit en être tenu informé ".
6. Aux termes de l'article 2 du décret du 11 février 2016 relatif aux conditions et modalités de mise en œuvre du télétravail dans la fonction publique et la magistrature : " Le télétravail désigne toute forme d'organisation du travail dans laquelle les fonctions qui auraient pu être exercées par un agent dans les locaux de son employeur sont réalisées hors de ces locaux de façon régulière et volontaire en utilisant les technologies de l'information et de la communication. / Le télétravail est organisé au domicile de l'agent ou, éventuellement, dans des locaux professionnels distincts de ceux de son employeur public et de son lieu d'affectation () ". L'article 3 du même décret précise que : " La quotité des fonctions pouvant être exercées sous la forme du télétravail ne peut être supérieure à trois jours par semaine. Le temps de présence sur le lieu d'affectation ne peut être inférieur à deux jours par semaine. / Les seuils définis au premier alinéa peuvent s'apprécier sur une base mensuelle. ". Aux termes de l'article 4 de ce décret : " A la demande des agents dont l'état de santé le justifie et après avis du médecin de prévention ou du médecin du travail, il peut être dérogé pour six mois maximum aux conditions fixées par l'article 3. Cette dérogation est renouvelable une fois après avis du médecin de prévention ou du médecin du travail ".
7. Enfin, aux termes de l'article 5-1 du décret du 10 juin 1985 : " Si un agent a un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou pour sa santé ou s'il constate une défectuosité dans les systèmes de protection, il en avise immédiatement son supérieur hiérarchique. / Il peut se retirer d'une telle situation. / L'autorité territoriale prend les mesures et donne les instructions nécessaires pour permettre aux agents, en cas de danger grave et imminent, d'arrêter leur activité et de se mettre en sécurité en quittant immédiatement leur lieu de travail. / Aucune sanction ne peut être prise, aucune retenue de rémunération ne peut être effectuée à l'encontre d'agents qui se sont retirés d'une situation de travail dont ils avaient un motif raisonnable de penser qu'elle présentait un danger grave et imminent pour leur vie ou pour leur santé. / () L'autorité territoriale ne peut demander à l'agent qui a fait usage de son droit de retrait de reprendre son activité dans une situation de travail où persiste un danger grave et imminent résultant notamment d'une défectuosité du système de protection ".
8. Il ressort des pièces du dossier que pendant la première période de confinement liée au virus Covid-19, applicable à compter du 17 mars 2020, M. B a été placé en ASA, eu égard à son état de santé et notamment à l'affection de longue durée au titre de laquelle il bénéficie par ailleurs d'une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. Interrogée par l'intéressé le 14 mai 2020, en phase de déconfinement progressif, sur le fait de savoir s'il était désormais placé en télétravail, la directrice des ressources humaines lui a précisé, par un courriel du 18 mai 2020, que si le télétravail était envisageable s'il le souhaitait, deux options s'offraient à lui, à savoir soit un maintien en ASA s'il relevait de l'une des onze pathologies considérées à haut risque ou s'il était déclaré comme une personne vulnérable par son médecin traitant, soit un télétravail de cinq jours par semaine au vu du certificat de son médecin. Par lui-même, ce courriel n'a pu avoir pour effet de valider le placement en télétravail de M. B. Cependant, la commune de Saint-Paul a édicté une note en date du 17 juin 2020 par lesquelles étaient organisées les conditions de reprise " selon les règles de présence normale ", l'ensemble des agents étant invités, y compris ceux en télétravail, à reprendre leur poste en présentiel dans le respect des règles sanitaires. Il était apporté la précision suivante : " Pour les agents concernés par une des 11 pathologies listées par le Haut conseil de la santé publique : le certificat médical initial fourni par le médecin traitant reste valide ".
9. Le 22 juin 2020, M. B a transmis à son employeur, en vue de son placement en télétravail à raison de cinq jours par semaine, un certificat médical établi le même jour par son médecin traitant, mentionnant qu'il " est suivi régulièrement pour une pathologie chronique ayant nécessité depuis plusieurs années une mise en ALD (depuis 1985) " et que " cette pathologie a un caractère évolutif et présente une aggravation possible du fait du Covid, tout ceci nécessitant la prolongation du télétravail à dater du 22 juin 2020 ". Alors même qu'il évoque une aggravation possible de la pathologie de M. B en lien avec le Covid, un tel certificat ne permet pas d'identifier l'intéressé comme une personne particulièrement vulnérable, susceptible de développer une forme grave d'infection, dès lors qu'il ne précise pas expressément si M. B est affecté de l'une des onze pathologies listées par le Haut conseil de la santé publique, reprises dans sa rédaction alors en vigueur à l'article 1er du décret du 5 mai 2020 définissant les critères permettant d'identifier les salariés vulnérables qui, dans la mesure où ils présentent un risque de développer une forme grave d'infection au virus SARS-CoV-2, sont susceptibles de bénéficier d'un placement en activité partielle au titre de l'article 20 de la loi n° 2020-473 du 25 avril 2020 de finances rectificative pour 2020. Invité, le 26 juin 2020, à produire un justificatif plus explicite, le requérant a transmis un nouveau certificat établi le 3 août 2020 par le même médecin, rédigé dans les mêmes termes hormis la nécessité d'une " prolongation du travail à distance du domicile à compter de ce jour ". En l'absence de toute référence aux pathologies susmentionnées, qui n'eût pas été de nature à rompre le secret médical, ce deuxième certificat ne permet pas davantage d'identifier M. B comme une personne qui, étant particulièrement vulnérable au virus SARS-CoV-2, est en situation de pouvoir exercer son droit de retrait de manière légitime. Ainsi, le courrier du 11 août 2020 par lequel l'intéressé a informé son employeur qu'il faisait usage de son droit de retrait n'a pas été, à lui seul, de nature à lui conférer un droit au maintien de sa rémunération dans le contexte d'une absence de placement en télétravail et de non-accomplissement du service.
10. Toutefois, dans le contexte très particulier de la crise sanitaire Covid-19 telle que celle-ci sévissait à l'époque des faits litigieux, et quand bien même M. B n'avait pas encore été en mesure, à cette époque, de justifier que sa maladie relevait de l'une des onze pathologies ouvrant droit au maintien dans une position de télétravail, une telle justification ayant finalement été apportée et prise en compte par l'employeur postérieurement à la décision attaquée, il appartenait à la commune de Saint-Paul, compte tenu de la divergence d'appréciation que pouvaient appeler les documents médicaux des 22 juin et 3 août 2020 produits par l'intéressé, de saisir pour avis le médecin de prévention ou le médecin du travail, ce qui n'a pas été fait en l'espèce, avant de prendre définitivement position sur le droit au télétravail dont se prévalait l'agent et de décider, le cas échéant, de tirer les conséquences de la situation d'absence de service fait par une mesure de suspension rétroactive de la rémunération.
11. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens invoqués par le requérant, que l'arrêté du 8 septembre 2020 par lequel la maire de Saint-Paul, en lui imputant une situation irrégulière d'absence de service fait, a suspendu sa rémunération à compter du 22 juin 2020 doit être annulé.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
12. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution () ".
13. Compte tenu de ses motifs, le présent jugement implique que la commune de Saint-Paul régularise, à compter du 22 juin 2020, la situation administrative de M. B au regard de ses droits à traitement. Il y a lieu d'enjoindre à la commune de procéder à cette régularisation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sans qu'il soit nécessaire, en l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur l'amende pour recours abusif :
14. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".
15. La faculté ouverte au juge par l'article R. 741-12 du code de justice administrative constitue un pouvoir propre. L'amende prévue par cet article ne peut, au surplus, être infligée qu'à l'auteur d'une requête estimée abusive et non au défendeur attrait à la cause. Par suite, les conclusions par lesquelles M. B sollicite une condamnation de la commune de Saint-Paul sur le fondement de ces dispositions sont irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Saint-Paul demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Saint-Paul la somme réclamée par M. B sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 8 septembre 2020 par lequel la maire de Saint-Paul a suspendu la rémunération de M. B à compter du 22 juin 2020 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Saint-Paul de régulariser, à compter du 22 juin 2020, la situation administrative de M. B au regard de ses droits à traitement, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Paul au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune de Saint-Paul.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Aebischer, président,
M. Ramin, premier conseiller,
M. Seroc, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 202Le rapporteur,
V. RAMIN
Le président,
M.-A. AEBISCHER
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/ la greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026