mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2100058 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DUGOUJON & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 janvier 2021 et 7 décembre 2021, M. A B, représenté par Me Dugoujon, demande au tribunal :
1°) d'annuler le refus implicite de l'agence de service et de paiement (ASP) opposé à la demande de versement de la prime informatique en date du 21 octobre 2020 et à compter de janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre au président directeur général de l'ASP de lui verser la somme de 19 214,07 € au titre de la prime informatique due d'octobre 2015 à décembre 2021 et à compter de la notification du jugement ;
3°) de condamner l'ASP à lui verser la somme de 19 214,07 € au titre de la prime informatique due d'octobre 2015 à décembre 2021, assortie des intérêts au taux légal en vigueur à compter du 23 octobre 2020, date de notification de la demande indemnitaire préalable ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 € sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration a procédé au retrait d'une décision créatrice de droits pourtant légale ;
- il remplit toutes les conditions prévues par le décret n° 71-343 du 29 avril 1971 ;
- la note de service SG/SM/SDSI/N2006-1411 du 4 octobre 2006 sur laquelle l'ASP s'est fondée n'a pas de valeur juridique.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 novembre 2021, l'Agence de Services et de paiement demande d'apprécier s'il convient de verser à M. B la prime TAI à compter du 1er septembre 2015 et de dire qu'il n'y a pas lieu à une condamnation de l'ASP au paiement des frais irrépétibles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lebon, rapporteure,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dugoujon représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est gestionnaire d'application informatique à l'Agence de service et de paiement (ASP) depuis le 1er septembre 2015. Par décision du 16 novembre 2015, le chef du service gestion administrative et paie de la direction des ressources humaines de l'ASP a attribué à M. B la prime informatique prenant effet rétroactivement à la date de sa prise de poste. Par lettre du 5 octobre 2017, la sous-direction des systèmes d'information saisie par la cheffe de service a considéré que M. B n'était pas éligible à la prime informatique au motif qu'il ne remplissait pas les conditions d'octroi cumulatives de la prime dite traitement automatisé de l'information, posées par la note de service. M. B demande au tribunal d'annuler le rejet implicite opposé par le directeur régional de l'Agence de service et de paiement à sa demande tendant au versement de la prime informatique à compter du 1er septembre 2015.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision implicite de rejet de sa demande indemnitaire concernant les primes non versées d'octobre 2015 à décembre 2020 :
2. La décision implicite du directeur de l'ASP a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de M. B, qui, en formulant les conclusions à fin d'annulation, a donné à sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet de la demande formée par le requérant, qui conduit le juge à se prononcer sur ses droits à indemnisation, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision par laquelle le directeur de l'Agence s'est prononcé sur sa réclamation préalable et par laquelle il a lié le contentieux, sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les moyens invoqués contre cette décision sont inopérants.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande indemnitaire concernant les primes non versées d'octobre 2015 à décembre 2020 doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision implicite de rejet de sa demande tendant à l'octroi de la prime informatique à compter du 1er janvier 2021 :
4. En premier lieu, M. B ne saurait utilement se prévaloir du retrait illégal de la prime informatique par la décision du 5 octobre 2017 qui n'est pas la décision attaquée dans le présent litige.
5. En deuxième lieu, M. B ne saurait davantage utilement se prévaloir de l'exception d'illégalité de la note de service ayant servi de fondement à ladite décision, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point précédent.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 29 avril 1971 : " Lorsqu'ils exercent les fonctions définies à l'article 2 et à condition qu'ils appartiennent à des corps ou soient titulaires de grades dont le niveau hiérarchique est précisé à l'article 4, les fonctionnaires de l'Etat qui sont régulièrement affectés au traitement de l'information peuvent percevoir, en sus des primes et indemnités prévues par la réglementation en vigueur pour les grades ou les corps auxquels ils appartiennent, et dans les conditions précisées aux articles ci-après, une prime de fonctions non soumise à retenues pour pension de retraite. Selon l'article 2 de ce même décret, " La prime prévue à l'article 1er est attribuée aux fonctionnaires qui exercent les fonctions définies ci-après : Dans les centres automatisés de traitement de l'information. Le chef de projet participe à l'élaboration du cahier des charges des applications dans le cadre d'un système informatique. Il anime, coordonne et suit les travaux relatifs à sa mise en œuvre et à son actualisation. Ces fonctions sont exclusives de l'exercice de toute autre qualification informatique. L'analyste détermine et formule le processus de traitement par un ensemble électronique. Il collabore sur le plan technique à l'élaboration de l'organigramme général et à la rédaction du cahier des charges. Le programmeur de système d'exploitation compose, met en œuvre et tient à jour le système d'exploitation d'un ensemble électronique. Le chef d'exploitation dirige l'ensemble des opérations de production dans le centre automatisé de traitement de l'information. Le chef programmeur encadre et coordonne les équipes composées de programmeurs. Le pupitreur assure la conduite générale d'un ensemble électronique. Le programmeur écrit et met au point les suites d'instructions nécessaires à la mise en œuvre de l'ensemble électronique. L'agent de traitement assiste le pupitreur pour les opérations simples de commande de l'ordinateur et pour la mise en œuvre et la surveillance du fonctionnement des périphériques dont il peut être éventuellement seul responsable " (). Aux termes de l'article 2 du décret n° 71-342 du 29 avril 1971 : " Des épreuves à option portant sur le traitement de l'information peuvent être introduites dans les concours organisés pour l'accès dans certains corps de fonctionnaires nonobstant les dispositions des statuts les régissant. Un arrêté conjoint du ministre chargé de la fonction publique et du ministre intéressé fixera le programme et la nature de ces épreuves ".
7. Il résulte de ces dispositions combinées que la prime informatique n'est attribuée qu'aux agents exerçant certaines fonctions bien déterminées dans des centres automatisés de traitement de l'information et l'accès à ces fonctions est subordonné à une vérification des compétences requises, qu'elle revête la forme d'un examen professionnel, des options d'un concours ou d'un concours spécial ou d'une commission d'homologation.
8. Il résulte de l'instruction et notamment de la fiche de poste produite par le requérant, fonctionnaire de catégorie B, qu'il exerce les fonctions de correspondant informatique comprenant parmi plusieurs missions la responsabilité du fonctionnement du système d'information de la délégation générale, la maintenance des réseaux et des équipements, la garantie du bon fonctionnement des systèmes d'informations, ou encore la mise en œuvre des actions de sécurité des systèmes de sécurité des systèmes d'informations au sein de la délégation régionale de l'Agence de service et de paiement. Toutefois, le requérant, qui se prévaut de son diplôme de brevet de technicien supérieur (BTS) informatique d'analyste programmeur et qui a passé dans le cadre de sa formation des épreuves spécifiques destinées à vérifier les compétences et l'aptitude des candidats à exercer les fonctions relatives au traitement automatisé de l'information, n'établit aucune forme d'équivalence de sa qualification requise pour être affecté au traitement automatisé de l'information depuis son recrutement. Il n'établit pas non plus exercer sa fonction dans un centre automatisé de traitement de l'information. Enfin, il n'établit pas détenir la qualification informatique lui permettant d'exercer les fonctions requises pour bénéficier de la prime, notamment celles de programmeur. Par suite, l'intéressé ne remplit pas l'ensemble des conditions requises pour percevoir la prime à compter du 1er janvier 2021.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande tendant à l'octroi de la prime informatique à compter du 1er janvier 2021 et par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
10. A l'appui de ses conclusions indemnitaires, M. B ne se prévaut d'aucune illégalité fautive et à supposer même qu'une faute puisse être identifiée, M. B n'établit aucun préjudice autre que celui résultant de l'absence de versement de la prime informatique. Par suite, les conclusions à fin d'indemnisation ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Copie en sera adressée à l'agence de services et de paiement.
Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Khater, présidente,
M. Le Merlus, conseiller,
Mme Lebon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 16 avril 2024.
La rapporteure,
L. LEBONLa présidente,
A. KHATER
La greffière,
J. BELENFANT
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
jb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026