mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2100110 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | ANTOINE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et des mémoires enregistrés les 31 janvier 2021, 6 décembre 2021, 10 décembre 2023, 28 décembre 2023, et 8 février 2024, sous le n°2100109, M. A D, l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) Domaine de La Saline et la société civile d'exploitation agricole (SCEA) Chemin l'Evêque - Indivision D F, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté n°2020-AE-757 du 8 décembre 2020 par lequel le préfet de La Réunion a délivré à M. C D une autorisation d'exploiter sur les parcelles cadastrées 15ER0125 pour moitié, 15ER0896 pour moitié, 15ER1264 pour moitié, 15ER0193 pour moitié, 15ET0586 pour moitié, 15ET0589 pour moitié, 15ET0598 pour moitié, 15ET0660 pour moitié, 15ET0694 pour moitié, 15ET0778 pour moitié, 15ET0809 pour moitié, 15ES0025 pour moitié, 15EH0046 pour moitié, 15EH0049 pour moitié, 15EH0052 pour moitié, 15EH0053 pour moitié, 15EH0153 pour moitié, 15DZ0079 pour moitié, 15DZ0081 pour moitié, 15DZ0287 pour moitié, 15DZ0288 pour moitié, 15DZ0289 pour moitié, 15DZ0290 pour moitié et 15EI0032 pour moitié, de la commune de Saint-Paul ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la caducité de la décision n°2020-AE-757 du 8 décembre 2020, avec une prise d'effet au 9 décembre 2021 ;
3°) de mettre à la charge de M. C D la somme de 2 500 euros à verser à l'Etat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté litigieux a été pris par une autorité incompétente ;
- la procédure contradictoire devant le comité d'orientation stratégique et de développement agricole (COSDA) a été méconnue, dès lors, d'une part, que les requérants n'ont pas été informés de la date de soumission du dossier au COSDA, et, d'autre part, que les observations formulées par M. B D n'ont pas été transmises au COSDA ;
- il n'est pas établi que le COSDA se soit effectivement réuni et que les échanges se soient déroulés dans des conditions régulières ;
- le COSDA était irrégulièrement composé ;
- l'obligation de publicité de la demande prévue par les articles R. 331-4 et D. 331-4-1 du code rural et de la pêche maritime a été méconnue ;
- l'arrêté litigieux est dépourvu de base légale ;
- le dossier de demande d'autorisation d'exploiter était incomplet, dès lors qu'aucun dossier de demande d'autorisation d'exploiter n'a été déposé par M. C D, et que le dossier ne comportait ni les preuves d'information des propriétaires, ni les relevés de propriété de moins d'un an, ni les preuves de l'expérience professionnelle de M. C D ;
- les propriétaires des parcelles n'ont pas été informés de la demande de M. C D, en méconnaissance de l'article R. 331-4 du code rural et de la pêche maritime ;
- l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur de droit, dès lors que les demandes concurrentes de C D et de l'EARL Domaine de La Saline auraient dû faire l'objet d'une comparaison des rangs de priorité au regard du schéma directeur régional des exploitations agricoles, et que la demande d'autorisation de M. C D a un rang de priorité inférieur à la demande présentée par l'EARL Domaine de La Saline ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense enregistrés le 16 mai 2023 et le 4 janvier 2024, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le recours est sans objet dès lors que l'autorisation délivrée est caduque ;
- les requérants n'ont pas intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 novembre 2021, le 21 décembre 2023 et le 23 janvier 2024, M. C D, représenté par Me Antoine, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les requérants n'ont pas intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Des mémoires ont été enregistrés pour les requérants le 31 janvier 2022, le 17 janvier 2024 et le 30 mai 2024 et n'ont pas été communiqués.
II. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 31 janvier 2021, 6 décembre 2021 et 31 janvier 2022, sous le n°2100110, M. A D, l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) Domaine de La Saline et la société civile d'exploitation agricole (SCEA) Chemin l'Evêque - Indivision D F, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté n°2020-AE-758 du 8 décembre 2020 par lequel le préfet de La Réunion a délivré à M. C D une autorisation d'exploiter sur les parcelles cadastrées 13CT0040 pour moitié, 13CU0188 pour moitié, 13CU0202 pour moitié, 13CU0624 pour moitié, 13CU0628 pour moitié, 13CU0629 pour moitié, 13CU0632 pour moitié, 13CU0762 pour moitié et 13CU0764 pour moitié, de la commune de Saint-Leu ;
2°) de mettre à la charge de M. C D la somme de 2 500 euros à verser à l'Etat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté litigieux a été pris par une autorité incompétente ;
- la procédure contradictoire devant le comité d'orientation stratégique et de développement agricole (COSDA) a été méconnue, dès lors, d'une part, que les requérants n'ont pas été informés de la date de soumission du dossier au COSDA, et, d'autre part, que les observations formulées par M. B D n'ont pas été transmises au COSDA ;
- il n'est pas établi que le COSDA se soit effectivement réuni et que les échanges se soient déroulés dans des conditions régulières ;
- le COSDA était irrégulièrement composé ;
- l'obligation de publicité de la demande prévue par les articles R. 331-4 et D. 331-4-1 du code rural et de la pêche maritime a été méconnue ;
- le dossier de demande d'autorisation d'exploiter était incomplet, dès lors qu'aucun dossier de demande d'autorisation d'exploiter n'a été déposé par M. C D, et que le dossier ne comportait ni les preuves d'information des propriétaires, ni les relevés de propriété de moins d'un an, ni les preuves de l'expérience professionnelle de M. C D ;
- les propriétaires des parcelles n'ont pas été informés de la demande de M. C D, en méconnaissance de l'article R. 331-4 du code rural et de la pêche maritime ;
- l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur de droit, dès lors que les demandes concurrentes de C D et de l'EARL Domaine de La Saline auraient dû faire l'objet d'une comparaison des rangs de priorité au regard du schéma directeur régional des exploitations agricoles, et que la demande d'autorisation de M. C D a un rang de priorité inférieur à la demande présentée par l'EARL Domaine de La Saline ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2021, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les requérants n'ont pas intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2021, M. C D, représenté par Me Antoine, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les requérants n'ont pas intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Un mémoire a été enregistré pour les requérants le 30 mai 2024 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beddeleem, conseillère,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté n°2020-AE-757 du 8 décembre 2020, le préfet de La Réunion a délivré à M. C D une autorisation d'exploiter sur les parcelles cadastrées 15ER0125 pour moitié, 15ER0896 pour moitié, 15ER1264 pour moitié, 15ER0193 pour moitié, 15ET0586 pour moitié, 15ET0589 pour moitié, 15ET0598 pour moitié, 15ET0660 pour moitié, 15ET0694 pour moitié, 15ET0778 pour moitié, 15ET0809 pour moitié, 15ES0025 pour moitié, 15EH0046 pour moitié, 15EH0049 pour moitié, 15EH0052 pour moitié, 15EH0053 pour moitié, 15EH0153 pour moitié, 15DZ0079 pour moitié, 15DZ0081 pour moitié, 15DZ0287 pour moitié, 15DZ0288 pour moitié, 15DZ0289 pour moitié, 15DZ0290 pour moitié et 15EI0032 pour moitié, de la commune de Saint-Paul. Par un arrêté n°2020-AE-758 du même jour, le préfet de La Réunion a délivré à M. C D une autorisation d'exploiter sur les parcelles cadastrées 13CT0040 pour moitié, 13CU0188 pour moitié, 13CU0202 pour moitié, 13CU0624 pour moitié, 13CU0628 pour moitié, 13CU0629 pour moitié, 13CU0632 pour moitié, 13CU0762 pour moitié et 13CU0764 pour moitié, de la commune de Saint-Leu. Par deux requêtes, enregistrées sous les n°s2100109 et 2100110, M. A D, l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) Domaine de La Saline et la société civile d'exploitation agricole (SCEA) Chemin l'Evêque - Indivision D F demandent au tribunal l'annulation de ces arrêtés.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2100109 et 2100110 présentent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul et même jugement.
Sur l'exception de non-lieu opposée dans le dossier n° 2100109 :
3. Aux termes de l'article L. 331-4 du code rural et de la pêche maritime : " L'autorisation est périmée si le fonds n'a pas été mis en culture avant l'expiration de l'année culturale qui suit la date de sa notification ou, dans le cas prévu à l'article L. 330-4, avant l'expiration de l'année culturale qui suit celle de la fin du versement des aides. Si le fonds est loué, l'année culturale à prendre en considération est celle qui suit le départ effectif du preneur, sauf si la situation personnelle du demandeur au regard des dispositions du présent chapitre est modifiée. "
4. Si le préfet de La Réunion soutient que l'autorisation n°2020-AE-757 est caduque, dès lors que C D n'apporte pas la preuve qu'il a mis en culture les parcelles litigieuses durant l'année suivant la notification de l'autorisation d'exploiter, il n'apporte aucun élément de nature à démontrer une telle caducité. Toutefois, M. C D admet, en défense, ne pas avoir mis en culture les parcelles ET0586, ET0589, ET660, ET0809, ET0694, EH0046, ces dernières étant inexploitables. Dès lors, l'autorisation n° 2020-AE-757 est périmée uniquement en tant qu'elle concerne les parcelles ET0586, ET0589, ET660, ET0809, ET0694, et EH0046. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur la requête en tant qu'elle concerne ces parcelles.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet en défense :
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A D est propriétaire indivis des parcelles litigieuses. Par suite, il justifie d'une qualité lui donnant intérêt à agir contre la décision accordant une autorisation d'exploiter sur ces parcelles. Dès lors, la requête collective est recevable, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'intérêt à agir des autres requérants.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté n°2020-AE-757 en tant qu'il concerne les parcelles 15ER0125, 15ER0896, 15ER1264, 15ER0193, 15ET0598, 15ET0778, 15ES0025, 15EH0049, 15EH0052, 15EH0053, 15EH0153, 15DZ0079, 15DZ0081, 15DZ0287, 15DZ0288, 15DZ0289, 15DZ0290 et 15EI0032, et contre l'arrêté n°2020-AE-758 :
6. D'une part, aux termes de l'article R. 313-1 du code rural et de la pêche maritime : " La commission départementale d'orientation de l'agriculture () est notamment chargée d'émettre un avis, dans les cas et selon les modalités prévues par les dispositions législatives ou réglementaires, sur les projets d'actes réglementaires et individuels en matière de structures agricoles, d'aides aux exploitants, aux exploitations, aux cultures et aux modes de production. ". Aux termes de l'article R. 331-5 du même code : " I.- La commission départementale d'orientation de l'agriculture mentionnée à l'article R. 313-l peut être consultée sur les demandes d'autorisation d'exploiter auxquelles il est envisagé d'opposer un refus pour l'un des motifs prévus à l'article L. 331-3-1. Dans ce cas, et lorsque des candidatures concurrentes ont été enregistrées sur tout ou partie des biens qui font l'objet de la demande, l'ensemble des dossiers portant sur ces biens lui est soumis au cours de la même séance. / Les candidats, les propriétaires et les preneurs en place sont informés de la date d'examen des dossiers les concernant par la commission par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou remise contre récépissé. / () ".
7. D'autre part, aux termes de l'article L. 181-9 du code rural et de la pêche maritime : " En Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion et à Mayotte, un comité d'orientation stratégique et de développement agricole est chargé, en concertation avec les chambres consulaires et les organisations professionnelles agricoles et en tenant compte des orientations arrêtées au sein du conseil d'administration et des comités sectoriels de l'établissement créé en application de l'article L. 696-1, de définir une politique de développement agricole, agro-industriel, halio-industriel et rural commune à l'Etat et aux collectivités territoriales, notamment pour la mise en œuvre des programmes de l'Union européenne. / () ". Aux termes de l'article R. 181-7 du même code : " Les compétences conférées par le présent code ou par le code forestier à la commission départementale d'orientation de l'agriculture mentionnée à l'article R. 313-1, ainsi qu'à ses sections ou formations spécialisées, et celles conférées par le présent code à la commission régionale de l'économie agricole et du monde rural mentionnée à l'article R. 313-45, sont exercées par le comité d'orientation stratégique et de développement agricole. ".
8. Il résulte des dispositions précitées que les candidats, les propriétaires et les preneurs en place doivent être informés de la date d'examen des dossiers les concernant par la commission départementale d'orientation de l'agriculture par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou remise contre récépissé. Cette information doit permettre aux candidats, aux propriétaires et aux preneurs en place de présenter des observations écrites en temps utile. Il résulte également de ces dispositions qu'à La Réunion, les compétences conférées à la commission départementale d'orientation de l'agriculture sont exercées par le comité d'orientation stratégique et de développement agricole (COSDA). Il y a lieu, par suite, de considérer que l'obligation d'information préalable de la date d'examen des dossiers s'applique également lorsque le COSDA est compétent.
9. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
10. Si l'EARL Domaine de La Saline, dont M. A D est le gérant, a été informée, par un courrier du 30 octobre 2020, de ce que ses propres demandes d'autorisation d'exploiter seraient examinées au COSDA du 8 décembre 2020, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A D, en sa qualité de propriétaire indivis des parcelles litigieuses, ait été informé de la date à laquelle les demandes présentées par M. C D seraient examinées par le COSDA. La circonstance selon laquelle la consultation du COSDA serait facultative est sans incidence sur le respect par l'administration des règles organisant sa saisine. Dans ces conditions, M. A D, qui a été privé de la garantie que constitue la possibilité de présenter des observations écrites devant le COSDA, est fondé à soutenir que les arrêtés litigieux ont été pris à l'issue d'une procédure irrégulière.
11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les requérants sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté n°2020-AE-757 du 8 décembre 2020 en tant qu'il concerne les parcelles 15ER0125, 15ER0896, 15ER1264, 15ER0193, 15ET0598, 15ET0778, 15ES0025, 15EH0049, 15EH0052, 15EH0053, 15EH0153, 15DZ0079, 15DZ0081, 15DZ0287, 15DZ0288, 15DZ0289, 15DZ0290 et 15EI0032, ainsi que de l'arrêté n°2020-AE-758 du 8 décembre 2020.
Sur les frais liés à l'instance :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. C D soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante. En outre, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par les requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2100109 en tant qu'elles concernent les parcelles ET0586, ET0589, ET660, ET0809, ET0694, et EH0046.
Article 2 : L'arrêté n° 2020-AE-757 du 8 décembre 2020 est annulé en tant qu'il concerne les parcelles 15ER0125, 15ER0896, 15ER1264, 15ER0193, 15ET0598, 15ET0778, 15ES0025, 15EH0049, 15EH0052, 15EH0053, 15EH0153, 15DZ0079, 15DZ0081, 15DZ0287, 15DZ0288, 15DZ0289, 15DZ0290 et 15EI0032.
Article 3 : L'arrêté n° 2020-AE-758 du préfet de La Réunion du 8 décembre 2020 est annulé.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par M. C D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) Domaine de La Saline, à la société civile d'exploitation agricole (SCEA) Chemin l'Evêque - Indivision D F, à M. C D et au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Felsenheld, premier conseiller,
- Mme Beddeleem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
La rapporteure,
J. BEDDELEEM
Le président,
Ch. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2100109 - 2100110
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602914
Le tribunal administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté les demandes de M. A... B..., ressortissant tunisien, visant à l’annulation d’un arrêté préfectoral du 8 mai 2026 l’obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour de deux ans, et d’un arrêté du 12 mai 2026 l’assignant à résidence. Le juge a estimé que les moyens soulevés, tirés notamment de l’incompétence de l’auteur de l’acte, du défaut de motivation, de la méconnaissance des articles 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, n’étaient pas fondés. La solution retenue confirme la légalité des décisions contestées, en application des dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602912
Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. B... contre l'arrêté préfectoral du 5 mai 2026 lui interdisant le retour sur le territoire français pour un an. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et ne révélait pas de défaut d'examen particulier de sa situation. Il a estimé que l'interdiction de retour, fondée sur les articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne méconnaissait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et n'était pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602898
Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en référé, a rejeté la demande de M. C... visant à suspendre l'arrêté préfectoral du 23 février 2026 suspendant son permis de conduire pour six mois, ainsi que le refus d'aménagement par un éthylotest antidémarrage. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (incompétence, défaut de motivation, erreur d'appréciation, méconnaissance de l'article R. 224-6 du code de la route) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions. La condition d'urgence n'a pas été examinée. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602803
Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, était saisi par M. B... d’un recours en excès de pouvoir contre des arrêtés du 6 mai 2026 du préfet de la Seine-Maritime portant obligation de quitter le territoire français, interdiction de retour et assignation à résidence. Le préfet a toutefois retiré ces arrêtés par un arrêté du 22 mai 2026, rendant la requête sans objet. En conséquence, le tribunal a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales de M. B.... Il a néanmoins admis l’intéressé au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et a rejeté sa demande de frais de justice, faute de justificatifs.
01/06/2026