mercredi 23 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2100430 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ALI-MAGAMOOTOO-YEN PON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires en réplique, enregistrés les 7 avril 2021, 30 juin 2021 et 7 janvier 2022, M. D A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 mars 2021 par lequel le maire de la Plaine des Palmistes lui a retiré ses délégations de fonctions et de signature ;
2°) de mettre à la charge de la commune de la Plaine des Palmistes une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est dépourvu de toute motivation ;
- le conseil municipal, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales et du principe de parallélisme des formes, ne s'est pas réuni pour se prononcer sur son maintien dans les fonctions d'adjoint au maire ;
- reposant sur un motif purement politique, cet arrêté, qui est inspiré par des motifs étrangers à la bonne marche de l'administration communale, est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et de détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense enregistrés les 11 juin 2021 et 14 décembre 2021, la commune de la Plaine des Palmistes, représentée par Me Yen Pon, avocate, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seroc, conseiller,
- les conclusions de Mme Legrand, rapporteure publique.
- les observations de M. A, requérant,
- et les observations de Me Yen Pon, avocate de la commune de la Plaine des Palmistes.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 20 juillet 2020, M. Azor, conseiller municipal, a reçu du maire de la Plaine des Palmistes une délégation de fonctions et de signature, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme B, de M. C et de Mme E, respectivement en matière de vie étudiante, de nouvelles technologies de l'information et de communication extérieure. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 25 mars 2021 par lequel le maire de la Plaine des Palmistes lui a retiré sa délégation de fonctions et de signature.
2. Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal. () Lorsque le maire a retiré les délégations qu'il avait données à un adjoint, le conseil municipal doit se prononcer sur le maintien de celui-ci dans ses fonctions. ". Les dispositions de l'article L. 2122-20 du même code précisent que " Les délégations données par le maire en application des articles L. 2122-18 et L. 2122-19 subsistent tant qu'elles ne sont pas rapportées. ". Il résulte de ces dispositions que le maire peut, à tout moment, mettre fin aux délégations qu'il a accordées, sous réserve que sa décision, qui n'a pas le caractère d'une sanction, ne soit pas inspirée par des motifs étrangers à la bonne marche de l'administration communale.
3. En premier lieu, la décision par laquelle le maire rapporte une délégation consentie à un adjoint ou à un conseiller municipal ne relève pas du champ d'application des dispositions du code des relations entre le public et l'administration relatives à la motivation des décisions administratives individuelles. Le moyen tiré du défaut de motivation doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales que dans l'hypothèse où le maire rapporte une délégation consentie à un de ses adjoints, il est tenu de convoquer sans délai le conseil municipal afin que celui-ci se prononce sur le maintien dans ses fonctions de l'adjoint auquel il a retiré ses délégations. Toutefois, si la délibération du conseil municipal est la conséquence de la décision par laquelle le maire a retiré les délégations qu'il avait données à son adjoint, elle n'en constitue pas un préalable nécessaire. A cet égard, à supposer que la situation de M. A, qui a la qualité de conseiller municipal mais non celle d'adjoint, entre dans le champ d'application de l'article L. 2122-18 précité, la circonstance que le conseil municipal n'ait pas été consulté pour se prononcer sur son maintien dans ses fonctions de représentant de la commune auprès de la société publique locale Maraïna et de membre de la commission locale de l'eau est en tout état de cause sans influence sur la légalité de l'arrêté contesté.
5. En troisième lieu, M. A soutient que le maire de la Plaine des Palmistes a entendu lui faire grief, par sa décision de retrait de délégation, de s'être rapproché d'une personnalité politique de Saint-Benoît à l'occasion des élections départementales, de ses prises de positions sur le " projet piscine " et de son absence lors de la séance du conseil municipal du 23 décembre 2020. Si les faits ainsi évoqués par le requérant, qui ne sont pas contredits par le maire, lequel n'a pas souhaité en discuter point par point dans le cadre de sa défense, peuvent être considérés comme se rattachant aux motifs pris en compte pour décider du retrait de délégation, il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire ait, en prenant acte d'une perte de confiance liée notamment à un défaut de solidarité de l'élu quant à la mise en œuvre d'un projet communal, pris une décision de retrait qui aurait été inspirée par des motifs étrangers à la bonne marche de l'administration communale. Ainsi, l'ensemble des moyens de légalité interne invoqués par M. A ne peuvent qu'être écartés.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et commune de la Plaine des Palmistes.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Aebischer, président,
- M. Ramin, premier conseiller,
- M. Seroc, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2022.
Le rapporteur,
S. SEROC
Le président,
M.-A. AEBISCHERLe greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026