jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2100537 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre bis |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI-MOLINA ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire récapitulatif, enregistrés les 28 avril 2021 et 1er août 2022, M. A B, représenté par Me Grimaldi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire du Tampon a rejeté sa demande du 7 janvier 2021 d'attribution de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) ;
2°) de condamner la commune du Tampon à lui verser la somme de 2 801,52 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 7 janvier 2021 et capitalisation des intérêts ;
3°) d'enjoindre, sous astreinte, à la commune du Tampon de lui verser la somme de 2 801, 52 euros, de lui verser la NBI pour l'avenir et de procéder à la régularisation du calcul de ses éléments de rémunération sur la base d'un droit à une NBI de 10 points depuis le 1er janvier 2015 ;
4°) de mettre à la charge de la commune du Tampon la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-sa requête est recevable, sa demande du 28 décembre 2020 tendant au versement de la NBI et à son indemnisation ayant été reçue par la commune le 7 janvier 2021 ;
-la prescription quadriennale ne fait pas obstacle à ce qu'il bénéficie du paiement de la NBI du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2020 ;
-la décision méconnaît les dispositions du point 21 de l'annexe du décret du 3 juillet 2006 et du décret du 30 décembre 2014 fixant la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville dans les départements d'outre-mer ;
-le non-versement de la NBI depuis le 1er janvier 2015 constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la commune ;
-il a droit au rappel de NBI depuis cette date ainsi qu'à la régularisation de ses éléments de rémunération en vertu des articles 3 et 4 du décret du 18 juin 1993 et de l'article 27 de la loi du 18 janvier 1991.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 novembre 2021, la commune du Tampon, représentée par Me Dugoujon, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-le contentieux n'est pas lié en l'absence de preuve de la réception par la commune de sa demande du 28 décembre 2020 ;
-la prescription quadriennale s'oppose à ce que sa demande de paiement puisse prospérer pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016 ;
- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 ;
- le décret n° 93-863 du 18 juin 1993 ;
- le décret n° 2006-780 du 3 juillet 2006 ;
- le décret n° 2011-1642 du 23 novembre 2011 ;
- le décret n° 2014-1751 du 30 décembre 2014 ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Legrand, première conseillère,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- les observations de M. B, requérant,
- et les observations de Me Dugoujon, représentant la commune du Tampon.
Considérant ce qui suit :
1. Par une lettre datée du 28 décembre 2020 ; M. A B, adjoint administratif de 1ère classe depuis le 1er août 2014, en fonctions à la médiathèque du Tampon en tant qu'agent du secteur adultes, a demandé à la commune de lui accorder le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) à compter du 1er janvier 2015, ainsi que la régularisation de ses droits. En l'absence de réponse du maire du Tampon, il demande au tribunal, par la présente requête, de condamner la commune à lui verser la somme de 2 801,52 euros au titre de la NBI à laquelle il estime avoir droit et la régularisation de ses éléments de rémunération sur la base d'un droit à une NBI de 10 points depuis le 1er janvier 2015.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune :
2. M. B justifie de la réception par la commune, le 7 janvier 2021, de sa demande du 28 décembre 2020 d'attribution de NBI à compter du 1er janvier 2015. La fin de non-recevoir tirée de l'absence de liaison du contentieux indemnitaire doit donc être écartée.
Sur l'exception de prescription quadriennale :
3. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites au profit () des communes () toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis () ".
4. M. B demande le versement de la NBI à compter du 1er janvier 2015. En l'espèce, le fait générateur de la créance qu'il invoque se situe dans les services qu'il a accomplis en tant qu'agent de la commune du Tampon. Ainsi, le droit à la NBI portant sur les services effectués au cours des années 2015 et 2016 était atteint par la prescription lorsque l'intéressé a sollicité, le 7 janvier 2021, le bénéfice de cet avantage pécuniaire notamment pour les années 2015 et 2016. Dès lors, il y a lieu d'accueillir l'exception de prescription quadriennale soulevée par la commune et de constater la prescription des créances revendiquées pour la période antérieure au 1er janvier 2017.
Sur le droit à la NBI :
5. Aux termes de l'article 1er du décret n° 2006-780 du 3 juillet 2006 portant attribution de la NBI à certains personnels de la fonction publique territoriale exerçant dans des zones à caractère sensible : " Les fonctionnaires territoriaux exerçant à titre principal les fonctions mentionnées en annexe au présent décret dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville dont la liste est fixée par le décret n° 2014-1751 du 30 décembre 2014 fixant la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville dans les départements d'outre-mer () et dans les services et équipements situés en périphérie de ces quartiers et assurant leur service en relation directe avec la population de ces quartiers bénéficient de la nouvelle bonification indiciaire ". L'annexe de ce décret précise en son point 21 que, parmi les " fonctions de conception, de coordination, d'animation et de mise en œuvre des politiques publiques en matière sociale, médico-sociale, sportive et culturelle ", sont éligibles à une NBI de 10 points les fonctions de " magasinage, surveillance ou mise en œuvre du développement de l'action culturelle et éducative dans le domaine de la conservation du patrimoine et des bibliothèques ". Le décret du 30 décembre 2014 fixe quatre quartiers prioritaires de la politique de la ville au Tampon : la Châtoire, les Trois mares, les Araucarias et le centre-ville.
6. M. B soutient qu'en qualité d'agent du secteur adultes à la médiathèque du Tampon, il exerce, dans un quartier prioritaire de la politique de la ville, des activités de mise en œuvre des actions de médiation et d'animation, des ateliers d'écriture et des ateliers numériques.
7. En premier lieu, la collectivité reproche à M. B de ne pas avoir démontré qu'il exerçait ses fonctions dans un quartier prioritaire de la ville jusqu'au 31 décembre 2019. Cependant, il ressort du système d'information géographique de la politique de la ville, dont le requérant a fourni une extraction, que la médiathèque où il travaille depuis 2017, ainsi que cela ressort de ses compte rendu d'évaluation professionnelle, est bien située rue Victor Le Vigoureux, dans le quartier du centre-ville qui est répertorié au nombre des quatre quartiers prioritaires de la politique de la ville du Tampon par le décret du 30 décembre 2014.
8. En second lieu, la collectivité fait valoir qu'en dépit de la production de sa fiche de poste, l'intéressé n'établit pas exercer à titre principal des fonctions de mise en œuvre du développement de l'action culturelle et éducative dans le domaine de la conservation du patrimoine et des bibliothèques, dès lors qu'il n'a pas le grade d'assistant territorial de conservation du patrimoine et des bibliothèques auquel ces missions sont dévolues en application de l'article 3 du décret du 23 novembre 2011 portant statut particulier de leur cadre d'emploi. Cependant, d'une part, il ressort de sa fiche de poste qu'au titre de ses missions et activités principales figurent l'accueil et l'accompagnement des publics incluant la mise en œuvre des actions de médiation et les tâches liées au bon fonctionnement du réseau de lecture publique, dont des animations, clubs et ateliers autour de la musique, du cinéma, de la lecture et du numérique, d'autre part, le requérant démontre, par la production de ses compte-rendu d'évaluation professionnelle, exercer les mêmes fonctions d'agent du secteur adultes à la médiathèque du Tampon depuis 2017, enfin, par un arrêté du 30 juin 2021 le maire du Tampon lui a accordé la NBI à compter du 1er juillet 2021 au motif qu'il " assure la mise en œuvre du développement de l'action culturelle et éducative dans le domaine de la conservation du patrimoine et des bibliothèques en quartier prioritaire " sur le même poste que celui qu'il occupe depuis 2017. La décision implicite par laquelle le maire du Tampon a rejeté sa demande d'attribution de la NBI est donc entachée d'une erreur de droit.
7. Compte tenu de l'application de la prescription quadriennale et de la satisfaction donnée à sa demande de NBI à compter du 1er juillet 2021, M. B est fondé à demander, d'une part, l'annulation de cette décision en tant que le maire du Tampon a rejeté sa demande d'attribution de la NBI à compter du 1er janvier 2017 et jusqu'au 30 juin 2021, d'autre part, la condamnation de la commune à lui verser la somme non contestée de 1 686,96 euros correspondant à la NBI due pour la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2020, conformément à sa demande. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 7 janvier 2021, date de la demande préalable. Lesdits intérêts seront eux-mêmes capitalisés aux dates des 7 janvier 2022 et 7 janvier 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le maire du Tampon ayant accordé à M. B la NBI à compter du 1er juillet 2021, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de lui verser la NBI pour l'avenir sont devenues sans objet. En revanche, il y a lieu d'enjoindre à la commune de la lui verser également entre le 1er janvier et le 30 juin 2021, dès lors que sa demande indemnitaire s'est bornée au 31 décembre 2020. En outre, le présent jugement implique que la commune du Tampon procède à un réexamen, sur la base d'un droit à une NBI de 10 points à compter du 1er janvier 2017, de la situation de M. B à l'égard des éléments de sa rémunération susceptibles d'être affectés par cette bonification. Il y a lieu de prononcer une injonction en ce sens, sans qu'il soit nécessaire d'assortir celle-ci d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune du Tampon la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B pour sa requête.
10. Partie perdante dans la présente instance, la commune du Tampon ne peut qu'être déboutée de sa demande présentée à l'encontre du requérant sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le maire du Tampon a rejeté la demande de M. B tendant à l'attribution de la NBI est annulée en tant qu'elle porte sur la période courant du 1er janvier 2017 au 30 juin 2021.
Article 2 : La commune du Tampon est condamnée à verser à M. B, au titre de la NBI due pour la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2020, la somme de 1 686,96 euros majorée des intérêts au taux légal à compter du 7 janvier 2021, ces intérêts étant eux-mêmes capitalisés aux dates des 7 janvier 2022 et 7 janvier 2023.
Article 3 : Il est enjoint à la commune du Tampon d'attribuer à M. B une NBI de 10 points pour la période du 1er janvier au 30 juin 2021 et de procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, à un réexamen de la situation de M. B selon les modalités précisées au point 8 des motifs du jugement.
Article 4 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction de la requête en tant qu'elles portent sur l'attribution de la NBI de 10 points à compter du 1er juillet 2021.
Article 5 : La commune du Tampon versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 7 : Les conclusions présentées par la commune du Tampon sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune du Tampon.
Délibéré après l'audience du 6 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bauzerand, président,
Mme Legrand, première conseillère,
M. Caille, premier conseiller.
Rendu public par mise au disposition au greffe le 6 avril 2023.
La rapporteure,
I. LEGRAND
Le président,
C. BAUZERAND Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026