vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2100559 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MAILLOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mai 2021, Mme E C, représentée par Me Maillot, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet de La Réunion du 11 février 2021 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 17 septembre 2019 ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui communiquer ses dossiers administratif et médical ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les sommes de 2 170 euros et de 13 euros au titre des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la compétence du signataire de la décision attaquée n'est pas démontrée ;
- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- le refus de reconnaissance d'imputabilité est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision attaquée procède d'une discrimination et d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 octobre 2021, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Par une ordonnance du 23 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seroc, conseiller,
- les conclusions de Mme Legrand, rapporteure publique,
- et les observations de Mme A, représentant le préfet de La Réunion.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un incident survenu en service le 19 avril 2016, Mme C, gardienne de la paix exerçant des fonctions de secrétariat à l'état-major de la direction départementale de la sécurité publique, s'est vue prescrire des arrêts de travail en conséquence de son état dépressif. Par décision du 21 novembre 2016, le préfet de La Réunion a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident invoqué par l'intéressée et de lui accorder le bénéfice du régime des accidents de service pour ses congés de maladie. Par un jugement du 25 septembre 2018, le tribunal a annulé cette décision en raison de l'irrégularité de la procédure suivie. Par décision du 13 mai 2019, le préfet de La Réunion a réitéré, à la suite d'une nouvelle saisine de la commission de réforme, son refus de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident survenu le 19 avril 2016. Par un jugement du 31 janvier 2022, le tribunal a rejeté le recours formé par Mme C contre cette décision. Le 17 septembre 2019, Mme C a été victime d'un nouvel accident sur son lieu de travail pour lequel elle a demandé, le 7 juillet 2020, la reconnaissance de l'imputabilité au service. Par décision du 11 février 2021, le préfet de La Réunion, après avis de la commission de réforme, a rejeté ladite demande. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, par arrêté du 5 octobre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de La Réunion a donné à Mme D B, directrice de cabinet, délégation à l'effet de signer notamment tous les actes concernant les " attributions du secrétariat général pour l'administration de la police ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'autorité signataire de la décision attaquée manque en fait.
3. En deuxième lieu, si la requérante soutient que la décision du 11 février 2021 est insuffisamment motivée, cette décision vise toutefois tant les dispositions applicables que l'avis de la commission de réforme du 2 février 2021 et fait mention d'un " état de santé antérieur, sans lien avec la nouvelle affectation. Décision unanime ". Ainsi, les prescriptions des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration n'ont pas été méconnues.
4. En troisième lieu, aux termes de II de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 : " Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ".
5. Constitue un accident de service, au sens de ces dispositions, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
6. Pour soutenir que la décision de refus de reconnaissance d'imputabilité du 17 septembre 2019 procède d'une inexacte qualification de l'accident dont elle a été victime en service, Mme C indique que la dégradation de son état de santé et ses arrêts de travail sont imputables au stress généré par le rythme de travail qui lui est imposé, non compatible avec sa situation de travailleur handicapé, mais également aux critiques dont elle a fait l'objet de la part de son supérieur hiérarchique lors de l'entretien du 17 septembre 2019. Cependant, Mme C, dont la demande présentée au titre du régime des accidents de service s'appuyait uniquement sur l'incident survenu le 17 septembre 2019, ne peut utilement se prévaloir du caractère inadapté de son poste de travail. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que lors de l'entretien du 17 septembre 2019, qui portait sur son affectation et ses missions à son retour de congé de maladie, le supérieur hiérarchique de Mme C ait tenu des propos ou ait adopté un comportement qui aurait excédé l'exercice normal de son pouvoir hiérarchique. Par suite, c'est à bon droit que le préfet a rejeté la demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident du 17 septembre 2019 présentée par Mme C.
7. Enfin, à l'appui de ses moyens tirés du détournement de pouvoir et de la discrimination dont elle aurait été victime en raison de son handicap, les dispositions de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 étant invoquées sur ce point, Mme C affirme que les reproches qui lui étaient faits par sa hiérarchie résultaient d'une volonté de discrimination liée à son état de santé et déplore l'inertie de l'administration sur la question de l'aménagement de son poste de travail. Toutefois, les succincts éléments produits au soutien de ses allégations ne permettent pas d'établir l'existence d'un détournement de pouvoir, ni ne peuvent être pris en compte au titre d'une présomption de discrimination.
8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter l'ensemble des conclusions de la requête de Mme C, y compris les conclusions à tendant à la communication de documents, qui au demeurant ont été satisfaites par l'administration en cours d'instance, et les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Cornevaux, président,
- M. Ramin, premier conseiller,
- M. Seroc, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 202Le rapporteur,
S. SEROC
Le président,
G. CORNEVAUXLe greffier,
J. BELENFANT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
JB
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026